• FRANCK PROCACCI : LE BASKET DANS LA PEAU

    FRANCK PROCACCI : LE BASKET DANS LA PEAU

    Franck Procacci, diplômé du Programme Grande Ecole à AMOS Nice est un passionné de basket. Il découvre l’univers du Sport Business lors d’un séjour en Amérique du Nord et décide d’intégrer AMOS l’année suivante, la seule école qui mette le sport au centre de sa pédagogie, dit-il. Devenu entraîneur de basket pendant ses études, Franck prend conscience des attentes et contraintes des clubs sportifs de haut niveau. Désormais Responsable du service billetterie du Limoges Cercle Saint-Pierre, Franck nous parle de son expérience professionnelle au sein du Club.


      

    Quel est ton parcours personnel ? Qu’est-ce que t’a amené à faire AMOS ?


    « J’ai toujours côtoyé le milieu du sport, principalement le basket mais aussi de nombreuses autres disciplines. J’ai donc, depuis cette époque, souhaité évoluer professionnellement dans ce milieu. J’ai longtemps désiré devenir kinésithérapeute sportif mais un choix personnel m’a orienté après le bac vers la filière Staps à Marseille. J’ai alors validé une licence Management avec une semestre réalisé au Canada. Après une année durant laquelle j’ai mis mes études entre parenthèses j’ai intégré en 2016 le Master AMOS à Nice. Ayant découvert l’univers « Sport Business » lors de mon séjour en Amérique du Nord j’ai choisi de quitter la filière Staps pour intégrer une école de commerce et AMOS était la seule qui mettait le sport au centre de sa pédagogie. Amos m’a permis, principalement grâce au rythme des cours, d’intégrer des clubs professionnels durant mes périodes de stage et ainsi d’engranger de l’expérience professionnelle. »

     

    Quel est ton parcours professionnel ?


    « Mes premières véritables expériences professionnelles remontent à ma période Staps. J’avais intégré l’organisation des rencontres du RC Toulon au stade Vélodrome ainsi qu’un premier stage dans un club de handball à Istres. J’ai ensuite été entraîneur dans un club de basket ce qui m’a permis de mieux comprendre certaines contraintes des clubs de haut niveau.  Durant mes deux années à Amos j’ai successivement intégré le club de Volley de Saint Raphaël avec un rôle polyvalent (événementiel, communication) puis le club de basket du Cavigal Nice (qui à l’époque évoluait en première division) également sur de l’événementiel et de la communication. À ma sortie de AMOS, après une expérience qui s’est très mal déroulée j’ai décidé de prendre du temps pour moi et de travailler sur un projet qui me tenait à cœur autour du basket 3x3 (nouvelle discipline olympique). Après quelques mois de « repos » j’ai à nouveau replongé dans le monde du sport de haut niveau et cette fois-ci dans le milieu du rugby au club de Béziers (pro d2) en tant que chef de projet événementiel. Puis à la fin de la saison dernière, une opportunité de rejoindre le Limoges CSP s’est présentée et me revoilà dans le monde du basket. »

     

    Franck, peux-tu nous parler du CSP Limoges ?


    « Pour situer un peu le club je dirais que c’est un peu l’équivalent de l’Olympique de Marseille : le seul club français vainqueur de la coupe d’Europe en 1993, un engouement populaire incroyable, et une ville qui ne parle que basket. Pour exemple, avant le début de saison, nous avons organisé un entraînement public, et plus de 2300 personnes y ont assisté. Après des soucis financiers, dans les années 2000, le club est réparti en troisième division avant de renaître de ses cendres et réaliser un Back to Back en 2014 et 2015. Depuis, le club réalise de bonnes saison (playoffs et participation du Top16 Eurocup) mais ne parvient pas à retrouver la finale du championnat de France. »

     

    Quel est le rôle d’un Responsable service billetterie d’un club sportif aujourd’hui ?


    « Ce rôle est relativement récent dans les clubs professionnels, et ne se cantonne plus à la simple gestion du guichet le jour du match. Aujourd’hui il y a une véritable réflexion autour des stratégies d’optimisation du remplissage des enceintes sportives.

    Bien sûr je gère tout ce qui se rapproche de l’achat de places ou de prestations pour les rencontres mais je travaille également avec les différents services : communication, événementiel et marketing. »

     

    Tu viens de prendre le poste, quelles sont tes premières missions ?


    « Ma toute première mission a été je gérer les trois semaines de la campagne d’abonnements et de faire le suivi des encaissements. Cette période est très importante pour le club car plus de 2/3 de l’affluence provient des abonnés. À titre de comparaison la saison dernière nous avions 3328 abonnés (Grand public et partenaires) et le second club au classement des abonnés était Strasbourg avec 2186... Après cette première période de « rush » je me suis occupé de la programmation de la saison sur notre logiciel de billetterie et le ciblage des moments clefs de la saison pour travailler sur des actions en lien avec le service marketing. Désormais je suis rentré dans la période de la gestion au match par match des rencontres qui se déroulent tous les 3 à 7 jours. »

     

    Quelle est l’offre du CSP Limoges en termes de billetterie ?


    « Comme de nombreux clubs nous travaillons via deux canaux de ventes, l’un en boutique et au guichet les soirs de match (billets thermiques) et le second via notre billetterie en ligne (e-tickets). Les places restantes dans la salle pour chaque rencontre étant limitées cela a habitué les spectateurs à acheter leurs places relativement tôt ce qui nous permet d’avoir moins de personnes au guichet les jours de matchs et ainsi de faire baisser les coûts de fonctionnement. Cette saison nous mettons également en place des Packs thématiques autour de plusieurs périodes clefs, début de saison, Noël, fin de saison ainsi qu’un golden pass regroupant les 5 rencontres les plus prisées de la saison. Ces packs nous permettent d’aller cibler une nouvelle clientèle, plus jeune et volatile qui ne souhaite pas s’abonner car trop contraignant pour eux. »


    Le CSP Limoges propose des e-tickets, selon toi, la dématérialisation des tickets, est-ce le futur de la billetterie ? Quels bénéfices en tirent les supporters ?


    « Pour ma part, la dématérialisation de la billetterie est une avancée importante car elle permet de se décharger de nombreuses ventes à effectuer. Mais elle ne remplacera jamais totalement la billetterie tangible. Les gens appréciant le contact humain et certain restant encore réfractaires à l’informatique... À titre d’exemple 60% de nos abonnés grand public sont venus s’abonner lors de nos permanences sur place.

    Bien sûr le tournant digital que prend notre société nous oblige à nous adapter tout en restant accessible au plus grand nombre. »

    Quels bénéfices le CSP Limoges a tirés de la dématérialisation des tickets ?


    « La dématérialisation des titres d’accès permet de monopoliser moins de personnel pour s’occuper de la vente des billets. La saison dernière nous tournions aux alentours de 75 ventes de billets les soirs de matchs ce qui ne requière qu’une personne sur ce poste. Du côté marketing, nous disposons de deux encarts publicitaires sur les e-billets et un sur les billets thermiques que nous commercialisons à l’année ce qui permet d’augmenter nos revenus sponsoring.Enfin, la dématérialisation permet de travailler qualitativement sur notre CRM et avoir de nombreuses informations sur les comportements d’achat des spectateurs qui me permettent ensuite de travailler sur l’exploitation des données.

    Cette dématérialisation nous permet aujourd’hui de travailler sur des projets facilitant le parcours client que ce soit avant, pendant et après les rencontres. »

     

    Quelles sont les relations entretenues par le club avec les entreprises locales ? avec les partenaires publics ?


    « Les jours de matchs, un tiers de l’affluence est liée aux entreprises partenaires (plus de 1300 places vendues l’an dernier). Que ce soit des entreprises multi-nationales ou bien des PME-TPE, le club a à cœur d’offrir des solutions à tous les types d’entreprises, du partenaire Start (achat d’abonnement simple) à des offres plus élaborées et 360°. Nous avons également mis en place un espace de retrait de place en ligne pour les entreprises qui peuvent ainsi facilement distribuer des places à leurs clients/associés/prospect d’un simple clic. Nous nous positionnons avec les acteurs privés comme des facilitateurs de business.

    Le club est également un véritable acteur économique pour la ville et le département. La réforme territoriale a, quant à elle, diminué fortement l’impact du club au niveau régional. Autrefois le seul concurrent régional était le CA Brive qui alterne entre Pro D2 et Top 14. Désormais avec la région Nouvelle-Aquitaine, de nombreux clubs très bien structurés tel que les Girondins de Bordeaux et le Stade Rochelais font partis de la nouvelle région. C’est donc logiquement que l’implication de cette dernière a diminué mais elle reste présente.Le club travaille donc sur 3 axes avec les collectivités territoriales et ses partenaires :  de la billetterie sèche, des prestations (réceptions, parrainages de matchs, visibilité) ainsi que des actions sociétales. Outre l’apport financier des collectivités territoriales le club s’investit beaucoup dans des actions extras sportives car c’est, à mon sens l’avenir des clubs que de s’inscrire comme de véritables acteurs sociaux autant au niveau amateur que professionnel. »

     
    Contenu rédigé par Angela Valente, chargée de communication et développement AMOS Nice

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