• À la tête d'une agence de production 100% sport et culture

    Rencontre avec Mathieu Thurninger, diplômé 2008 du Master of Business in Sport d’AMOS Sport Business School Paris et fondateur de l’agence Track 360° Production. Passionné de sport, il consacre son activité à la réalisation de contenus audiovisuels et à l’organisation d’événements dans son secteur de prédilection, le sport, ainsi que dans la culture et le lifestyle. Il nous parle du positionnement de son entreprise, des réseaux à activer pour se développer en tant qu’entreprise et des challenges à relever dans un secteur en plein boom.

    Mathieu, qu’est-ce qui vous a amené à créer votre structure ?

    Après l’obtention de mon Master, j’ai rejoint la Fédération Française de Football. En tant que Chargé de mission, j’étais en charge de la tournée de beach soccer. Puis, j’ai eu mes premières expériences en freelance. Pendant quelques mois, j’ai été Responsable clientèle pour Presse Éducative, un groupe de presse pour lequel je commercialisais des espaces publicitaires. En parallèle, j’étais Chef de projet pour Omegashow, une structure créée par le patineur artistique Stanick Jeannette que j’avais rencontré grâce à des amis en commun lors de ma formation STAPS, avant d’intégrer AMOS Sport Business School. Son concept était la mise en place de patinoires mobiles lors des périodes hivernales. Puis, j’ai passé 6 mois au Canada, à Montréal, et à mon retour en France, j’ai intégré La Générale Multimédia pour promouvoir Powervote, une solution de votes interactifs pour les entreprises. Après mes expériences en tant que salarié et en tant que freelance, j’ai pris goût à l’indépendance et j’ai décidé de me lancer ! Pour moi, il n’y a que des points positifs au fait d’être chef d’entreprise : nous sommes notre propre patron, la prise de décision est plus rapide… C’est ainsi que Track 360° Production est née, en 2015.

    Que propose votre agence Track 360° Production ?

    Il s’agit d’une agence de production événementielle et audiovisuelle spécialisée dans deux secteurs d’activités : le sport et la culture. Mon premier client fut la Fédération Française d’Athlétisme qui souhaitait externaliser Urban Athlé, un dispositif de promotion et de découverte dans les établissements scolaires. Outre l’événementiel sportif, nous organisons également des événements plus institutionnels comme des conférences, des soirées de gala, des séminaires de cohésion, etc. Aimant l’audiovisuel et le cinéma depuis mon enfance, j’ai pris la décision de renforcer mon offre en montant un département Images. Avec l'expertise de ma sœur, Clémence Thurninger, qui est Directrice de la photographie dans le cinéma, nous produisons des contenus audiovisuels et digitaux. Enfin, le fait d’être en relation avec la Fédération Française d’Athlétisme et d’autres acteurs sportifs m’a donné l’idée de proposer un service complémentaire aux entreprises. Nous travaillons donc avec des sportifs de haut niveau qui sont présents lors d’événements corporate et qui partagent leur vision du sport, leur goût pour le challenge et leurs expériences hors normes avec des collaborateurs.


    Photo : Le dispositif Urban Athlé avec Elea Mariama Diarra et Jean-Marc Pontvianne 

    Quelle est votre particularité ?

    Tout d’abord, nos positionnements : le sport, la culture, le lifestyle. Nous sommes en pleine croissance et ce, pour plusieurs raisons. Il y a de plus en plus d’événements sportifs donc de plus en plus de demandes. Nous avons aussi intensifié notre démarchage. Nous sommes une petite agence très créative qui repose sur l’intelligence collective pour réaliser des choses extraordinaires. Fan de sports collectifs, j’aime le travail en équipe, la synergie et la mise en commun des compétences pour se développer et décrocher des opportunités. C’est avec cette philosophie que nous travaillons avec d’autres agences, comme CWT, Havas, etc. Ce sont des concurrents, bien entendu, mais aussi des « donneurs d’ordre ». Ce sont des géants et, à leur échelle, ils nous sous-traitent des projets soit parce qu’ils sont surbookés, soit parce qu’ils n’ont pas la compétence souhaitée en interne. Nous avons par exemple travaillé avec CWT Meeting et Event sur un colloque où nous avons apporté une solution de votes interactifs. Dans la même idée, nous avons également participé à la Coupe d’Europe de l’UEFA. Grâce à ma compétence d’éducateur et à Céline Orang, alumni AMOS qui a monté son école de danse, nous étions en charge de la gestion des jeunes sélectionnés pour la cérémonie d’ouverture au Parc des Princes. Nous avons également pris la direction exécutive du tournage de court métrage « TONY » dans le cinéma. La mission était de gérer le recrutement des équipes techniques et la logistique avant et pendant le tournage.

    Le réseau est donc primordial dans le milieu sportif et cela se ressent fortement dans vos expériences. Quelles sont les autres façons de décrocher de nouveaux contrats ?

    Le bouche-à-oreille est ce qui fonctionne le mieux mais je fais également énormément de prospection. La partie commerciale n’est pas la plus agréable mais elle est incontournable. J’utilise des plateformes d’appels d’offres et de plus en plus de start-up développent des solutions pour mettre en relation l’offre et la demande sur le marché. Par contre, entre les réponses aux appels d’offres et la constitution des devis, cela prend énormément de temps et le retour sur investissement est loin d’être garanti… Nous faisons aussi partie du réseau d’affaires Optim’Rézo depuis quelques mois. C’est un club dédié au réseautage, avec des petits-déjeuners, déjeuners et apéros dinatoires entre professionnels. Il est encore un peu tôt pour que je puisse savoir si cela aura des effets directs sur mon agence mais dans tous les cas, c’est une bonne dose d’inspiration. J’aimerai bien en intégrer un plus ciblé sport, même si plus restreint… A suivre. Et puis, nous avons la chance d’avoir des clients récurrents qui nous sollicitent régulièrement, comme PETZL pour de la production de contenus vidéos ou l’agence NEOSUD/CARREMENT pour des missions événementielles.

    Outre cette part dédiée au commercial, quel est votre quotidien en tant que CEO ?

    Je n’ai pas de journée type, tout dépend de si l’agence est mobilisée sur un projet ou non. Dans tous les cas, la production est ce que je préfère ! Mais à côté de cela, je fais également du marketing, de la recherche de prestataires, de la comptabilité… Je travaille avec un expert-comptable mais je garde un œil sur tout. Le point positif est que je comprends ce qui est fait, grâce aux bonnes bases acquises lors de mon Master… Je fais également beaucoup de recherche de « talents », les freelances avec lesquels je travaille. Lors des périodes de production, je fais surtout de la gestion de projet et j’ai donc besoin d’être entouré de personnes compétentes. J’ai une confiance absolue en eux ! Qu’ils soient électriciens, monteurs, éducateurs, ou autres, j’essaie d’avoir une vision sur tous les métiers nécessaires au bon déroulé d’un projet. C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne sous-traite pas la sélection. Encore une fois, le réseau prend ici toute son importance ! Que ce soit le mien ou celui de ma sœur, nous donnons beaucoup de poids aux recommandations et aux personnes rencontrées sur notre route. Depuis cette année, je travaille également avec des stagiaires en communication, marketing et commercial.


    Photo : En plein tournage de Track 360° Production

    Quelle est la suite pour Track 360° Production ?

     Le challenge est de travailler avec plus de « grands comptes ». Il y a énormément de demande en vidéo et c’est donc une activité qui prend de plus en plus de place. Dans ce cadre, nous arrivons plus facilement à travailler avec de grandes entreprises en direct sur des projets institutionnels et corporate. Par contre, c’est encore compliqué pour la publicité puisque certaines agences sont déjà bien implantées et que le réseau est primordial. La publicité TV ou web est l’un des secteurs où les budgets sont les plus importants et donc les plus intéressants pour des agences créatives comme Track 360° Production. Quant à la partie événementielle, nous avons la chance de travailler avec des acteurs intéressants donc l’objectif est de continuer à développer des projets avec eux. Enfin, pour l’instant, je ne souhaite pas me transformer en un géant du secteur. Je souhaite garder ma réactivité, ma vision et mon indépendance. Un bon management couplé à de bons talents, le tout à l’échelle humaine… Voici ce qui fait notre force !
    Propos recueillis par Christina Carabin, Chargée de communication, AMOS Paris

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