• AMOS entre dans la course avec l’Hippodrome de Nantes

    AMOS entre dans la course avec l’Hippodrome de Nantes
    Si les courses hippiques sont essentiellement populaires grâce aux paris sportifs dont elles font l’objet, elles n’en restent pas moins un sport à part entière avec ses championnats d’exception, ses jockeys professionnels et une véritable structuration économique. C’est donc tout naturellement qu’AMOS s’est tournée vers l’Hippodrome de Nantes et son chargé de développement et des relations publiques, Oisin HOPPER, afin de trouver des synergies et des axes de collaboration pour enrichir l’expérience professionnelle et la formation de ses étudiants.

    Un modèle économique atypique

    Invitée à l’Hippodrome de Nantes pour une Master Class intitulée « Immersion dans l’univers des courses hippiques », AMOS Nantes a rapidement mis le pied à l’étrier et découvert les particularités du sport hippique notamment dans sa structuration.

    « C’est un modèle économique tripartite » explique Oisin HOPPER.

    En effet, il s’agit d’un G.I.E, Groupement d’Intérêt Economique, composé de France Galop, Le Trot, la Fédération National des Courses Hippiques et du P.M.U, Pari Mutuel Urbain. Le PMU génère environ 9 milliards d’euros sur une année dont 7,9 Mds € engendrés par les parieurs français, 793 Mds € par les parieurs professionnels internationaux et 354 Mds € par les autres parieurs internationaux, auxquels il faut ajouter 856 Mds € de paris sportifs et poker en ligne. 75% de cette somme sont attribués aux gagnants des paris et 800 millions à la filière hippique qui rétribue 400 Mds € à la filière du galop et 400 Mds € à la filière du trot. Ces 400 millions servent à faire fonctionner les hippodromes et servent également à créer les allocations (Price Money) pour les professionnels (Propriétaires, jockeys, entraineurs, éleveurs…) Le reste revient à l’Etat.

    Grâce à ce circuit fermé largement soutenu par le PMU, les courses hippiques françaises, aussi dénommées « réunions », ont les allocations (Price Money) les plus élevées d’Europe et attirent de nombreux jockeys professionnels internationaux.

    En France, 235 associations, dites Sociétés de Courses, organisent chaque année 2280 réunions de Courses (soit plus de 17800 courses).

    Se mettre au rythme des innovations technologiques 

    En France, les courses hippiques possèdent deux visages. L'un glamour, celui du Prix de Diane. L'autre très vieillissant, celui des bars PMU. « Il est très compliqué d’intéresser les nouvelles générations à ce sport, même si, la plupart du temps, l’essayer c’est l’adopter. Tout l’enjeu est donc d’attirer ces nouvelles cibles vers nos hippodromes. » nous confie Oisin HOPPER.

    Pour faciliter cela le PMU est d’un grand soutien et mise sur la modernisation de ce sport. En effet, il y a un an de cela, lors du grand prix d’Amérique, les courses hippiques connaissaient une véritable révolution avec le lancement de la solution EpiqE Tracking. Cette application est une innovation mondiale dans sa précision et son mode de fonctionnement inspiré du GPS. Son objet est de renforcer l’attractivité et la lisibilité des courses tout en favorisant un renouveau de l’expérience. C'est aussi un formidable outil de collecte d'informations qui se révèleront très utiles dans l'analyse des performances. Les jeunes vont donc pouvoir s’approprier une nouvelle façon de suivre les grandes courses. Plus immersive, plus précise et encore plus ludique, en parfaite harmonie avec les nouveaux usages sur tous les écrans, téléviseurs, tablettes et smartphones. Par le prisme des nouvelles technologies et du jeu sur écran, ils vont retrouver des codes qui leur sont chers. Cette modernisation devrait donc rajeunir l’image des courses hippiques. Pour le chargé de développement des hippodromes de Nantes et Pornichet, il y a cependant également « un vrai travail de vulgarisation et de sensibilisation à notre sport » à mener.

    Se structurer pour avancer

    Avec un budget de 1.5 millions par an et une affluence totale de 35000 spectateurs sur les 30 réunions annuelles organisées, l’Hippodrome de Nantes connait une véritable croissance. Celui de Pornichet voit son affluence moyenne augmenter de 26% depuis 2017 et les chiffres du pari et du sponsoring continuent, eux aussi, de croître.

    Tout cela n’est pas lié au hasard. En effet, ces hippodromes font partie des quelques structures françaises ayant compris l’importance d’une structuration interne et du recrutement de personnes en charge du développement de l’activité. Oisin HOPPER, chargé de développement et relations publiques pour les hippodromes de Nantes et Pornichet en est la preuve. « Il est extrêmement important que je sois sur le terrain et que j’invite les gens à venir sur le mien »

    Son travail est équitablement réparti entre le développement commercial et la communication. Il est à la fois en charge de l’organisation des courses hippiques de Nantes et Pornichet, de la recherche des sponsors, de l’activation des partenariats, de la communication sur les évènements et de la sensibilisation du public à son sport.

     
     

    C’est important de véhiculer un message positif sur notre sport, de le décomplexifier et de casser les mauvaises représentations que l’on peut s’en faire

     

    D’ailleurs, à l’Hippodrome de Nantes, l’expérience du spectateur novice est très agréable. Des hôtesses sont présentes près des bornes pour expliquer le fonctionnement de ces dernières et initier le public aux paris sportifs, de grandes affiches explicatives du lexique propre au domaine des courses hippiques accompagnent votre parcours, tout est fait pour créer de la proximité entre les spectateurs, les chevaux et le jockey, et, dans les tribunes, pas de clivage social, tout le monde se côtoie. Toute cette organisation et ces optimisations vouées à faire grandir le domaine semblent toutefois très compliquées sans maître d’œuvre. Cependant, pour une majorité d’hippodromes français, une structuration en termes de ressources humaines ne semble pas encore être envisageable. Il faudra donc continuer à moderniser ce sport pour le rendre plus populaire et lui permettre de se développer et de se structurer davantage.

    L'avenir des courses hippiques en France 

    Si certains Grands Prix, comme celui de l’Arc de Triomphe, sont très réputés, provoquent un engouement majeur de la population et génèrent des millions d’euros pariés en France, (55 millions pour le Grand Prix en question) cela n’est pas représentatif de la situation annuelle du secteur. L'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL), qui vient de publier son rapport d’activité, accuse une nouvelle baisse des enjeux qui confirme une décroissance continue depuis l'année 2012. La tendance actuelle est aux paris sportifs, plus attractifs pour les jeunes et plus présents sur le digital. Alors que la majorité des paris sportifs se font en ligne via diverses plateformes, 90% des 9 milliards d’euros pariés sur les courses le sont en point de vente classique. Mais si le PMU n’a pas encore réussi sa transition vers le digital, il est très conscient de cette problématique, emploie des moyens et tente une vaste campagne de communication et de modernisation pour rajeunir sa cible. Cela passe par exemple par l'installation de tablettes dans les points de vente ou encore par le récent lancement des EPIQE series, sorte de Ligue des Champions des courses hippiques. Cette compétition a pour but de reconquérir le grand public en imitant la trame des grands championnats. Mais à l'heure du tout numérique, l'univers des parieurs hippiques semble résister et ne pas vouloir emboîter le pas. Il est donc impératif de faire découvrir, de sensibiliser et de créer de l’engouement pour les paris hippiques auprès des jeunes afin de créer un nouveau type de parieur plus en phase avec son temps.

    Pour rajeunir l’image de son sport, Oisin HOPPER considère que « toutes les idées sont bonnes à prendre, notamment celles d’étudiants en sport business ». Partant de ce postulat, nous avons imaginé l’organisation de notre future JDE, Journée De l’Entreprenariat, en collaboration avec l’Hippodrome de Nantes. En effet, il s’agira pour nos étudiants de travailler sur l’élaboration d’un Grand Prix AMOS qui verra le jour en novembre 2019. De quoi faire le plein d’idées fraîches et novatrices.
    Rédigé par Candice Lachal, chargée de communication, AMOS Nantes

    Photo principale : Jean-Pierre Vallet Lambert, Oisin Hopper et Eric Alard, directeur AMOS Nantes

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