• Augustin Lemoine, la data au service d'un club professionnel

    Augustin Lemoine, la data au service d'un club professionnel
    Le secteur du digital est en pleine expansion, et en constante évolution. En France en 2018, 88% de la population utilise Internet et passe en moyenne 1h22 sur les réseaux sociaux. Comment optimiser sa présence sur la toile ? Comment monétiser les résultats obtenus sur les réseaux sociaux ?

    Dans un premier temps, le sport a été un précurseur en la matière, avec l’analyse des données pour l’optimisation des performances sportives. Plusieurs exemples vont dans ce sens, comme l’usage d’objets connectés dans le cyclisme professionnels, captant tous les indicateurs de performance (pouls, tension, vitesse, puissance…)

    Le film Moneyball (Le stratège) sorti en 2011 revient également sur l’importance de l’approche statistique dans le sport aujourd’hui en retraçant les performances des Oakland Athletics à la fin des années 90 en MLB. Plus récemment le Paris St Germain a lancé un challenge en collaboration avec Polytechnique promettant un contrat de 3 ans et un financement à hauteur de 100 000 euros à celui trouvant le meilleur algorithme pour analyser leurs matchs.

    Cependant la performance sportive ne représente pas la seule utilisation de l’analyse des données. Le monde du sport est aujourd’hui un secteur professionnel à part entière avec en 2017 sa 7ème année de croissance consécutive (moyenne de +2.9% sur les 5 dernières années). Il est donc normal de voir les entreprises du monde du sport utiliser les mêmes outils que leurs homologues de secteurs différents, et notamment l’analyse des données, pour l’amélioration des performances économiques. Il convient de s’attarder sur le modèle économique des GAFA, centré sur l’analyse des données digitales, pour se rendre compte qu’aujourd’hui, toute entreprise désirant se développer à l’ère du « tout numérique » doit intégrer cette notion à son développement économique. D’ailleurs 40 % des entreprises utilisaient l’analyse des données en 2017. Une étude Atos menée par Forrester Consulting estime que ce chiffre pourrait atteindre les 90% en 2020. L’enjeu principal étant la monétisation des données, procédé qui consiste à générer du revenu grâce aux informations détenues par l’entreprise. L’optimisation de cette monétisation est donc tout l’enjeu des entreprises sportives, quel que soit leur secteur d’activité (distribution, clubs, fédérations…). De nouveaux métiers voient ainsi le jour (Data Scientist, Growth Hacker, Data Mining…) avec pour la plupart un point commun, l’analyse des données pour l’amélioration des performances de l’entreprise. C’est le cœur du métier d’Augustin Lemoine, ancien AMOScien, et aujourd’hui Audience Developer à l’Olympique de Marseille. Il revient pour nous sur son parcours, et ce qui l’a amené à un poste qui n’existait pas il y a encore quelques années.

     

    La consommation des supporters a changé et tend de plus en plus vers le digital, quelles en sont les conséquences dans la politique de l’Olympique de Marseille (business model, nouveaux métiers, évolutions à venir…) ?

    Effectivement la consommation a changé ces dernières années et le digital devient un levier essentiel pour un club de football. Aujourd'hui tous nos produits et services sont disponibles en lignes (Billetterie, boutique …).

    Avec l'évolution des réseaux sociaux, il est plus facile de toucher des supporters qui ne pourront jamais venir au stade, la monétisation des contenus est également un nouvel enjeu du club qui vise à développer ses revenus sur ses réseaux sociaux. Nous monétisons de plusieurs façons : publicité, sponsoring, brand content.

    Ces changements créent de nouveaux emplois notamment au niveau réseaux sociaux, revenus, et performances. Ainsi plusieurs postes ont vu le jour, tels que : analyst data et analyst audience, ou encore data mining.

    En quoi consiste ton métier, quelles sont tes missions et tes objectifs ?

    Mon poste d'audience developer consiste à développer le trafic sur nos plateformes OM (réseaux sociaux, site internet, et application mobile).  Mon objectif est d'essayer d'améliorer les performances de nos contenus en mesurant et évaluant les leviers importants, mais également l’audience.  Par exemple lors d’une diffusion de vidéo, au-delà du nombre de vues, le « completion rate » est déterminant (nombre de fois ou la vidéo à été vue dans son intégralité). Ces leviers varient en fonction du type de contenu publié. (Photo, article de fond, vidéo…)

    Chaque jour je passe du temps sur nos plateformes pour suivre nos publications et également sur des outils de statistiques pour relever les metrics des contenus. Je partage ces résultats avec les autres services notamment la production de contenus pour essayer d'adapter constamment nos publications, mais également avec le marketing qui gère les partenariats.

    Comment en es-tu arrivé là ?

    J’ai d’abord suivi la formation AMOS il y a 8 ans. J’ai démarré ma carrière professionnelle dans le marketing sportif et je m'étais rapidement rendu compte de l'importance grandissante du digital dans le sport, par conséquent j'ai décidé de me spécialiser dans le développement web afin d'acquérir des connaissances approfondies. J'ai ensuite réintégré plusieurs agences, dans et en dehors du secteur sportif : Fise ou encore MYWEB Marketing, Digital Sunrize… J’y ai réalisé des missions variées, notamment dans le domaine du référencement, c'est de là qu'est venu mon attrait pour l'analyse statistique. Ceci m'a permis de rejoindre l'OM dans un poste qui aujourd'hui n'existe que très peu au sein des organisations sportives.  Un collaborateur du Fise qui j’avais travaillé, est venu me recruter et m’a appuyé auprès des RH, pour un poste de chef de projet digital. Au final, au lieu d’être recruté sur ce poste, ils en ont créé un nouveau, où mes compétences de Digital Analytic seront mieux exploitées.
    Propos recueillis par Pierre-Emilien Bellec, chargé de communication, AMOS Marseille

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