• Aymeric Champalou, CEO d’une équipe d'eSport : la Team Reborn

    Aymeric Champalou, CEO d’une équipe d'eSport : la Team Reborn
    Diplômé du Bachelor Métiers du Sport d’AMOS Sport Business School il y a deux ans, Aymeric Champalou a fait de ses passions pour le sport et l’eSport son métier. Il y a 5 ans, il a décidé de créer la Team Reborn avec Alexandre Lopez, également diplômé AMOS Sport Business School. Il partage avec nous leurs projets ainsi que sa vision de l’eSport et de l’entrepreneuriat.

    (Photo, de g. à dr. : "Stoxinho" Professional FIFA Player  et Aymeric Champalou)

    Comment est née la Team Reborn ?

    Alexandre et moi-même évoluons dans l'eSport depuis désormais 10 ans, nous nous sommes connus bien avant AMOS ! Nous avons été joueurs - j’ai intégré la team Vitality pendant un an - puis managers d’une équipe. Nous étions en charge du booking des joueurs, de leur communication sur les réseaux sociaux, de leur coaching jeux et de leur préparation mentale. Pour résumer, le manager est à la fois responsable de l’aspect « jeu » et de l’aspect « business ». Initialement, nous voulions simplement nous divertir, jouer pour le "fun". Les résultats étant plutôt bons, nous avons été recrutés par des structures eSport : mythiX, aAa, Millenium et Vitality. Nous avons pu y acquérir de l’expérience et participer aux stratégies de diversification qui se sont révélées fructueuses : par exemple, Vitality se concentrait sur le jeu Call Of Duty à l’époque. Maintenant, la marque est présente sur d’autres jeux comme FIFA, avec le succès que l’on connait. Notre passion et le potentiel considérable de ce secteur nous ont poussé à nous investir encore plus et à lancer notre propre marque et équipe, La Team Reborn. J’avais pour ambition d’être entrepreneur depuis longtemps, c’était un projet mûrement réfléchi autour de ce secteur… J’avais même réalisé mon mémoire de fin d’études sur le thème de l’eSport à l’époque, qui n’était pas aussi connu qu’aujourd’hui !

     

    En tant que co-CEO d’une équipe d’eSport, quelles sont vos missions ?

    Notre activité se divise en 3 parties :

    • L’eSport, c’est-à-dire la gestion de nos équipes et de nos joueurs : suivi des compétitions "online" et "offline", soutien psychologique, défense de leurs intérêts ainsi que détection de talents. De plus, nous veillons à ce que nos joueurs soient actifs sur les réseaux sociaux et entretiennent une image positive. Nous sommes également à l'affût d'opportunités intéressantes afin de diversifier notre activité et de nous lancer sur d'autres jeux pour toucher une cible plus importante.

    • L’agencing : le lancement de talents sur les plateformes de vidéos ou de streaming comme YouTube ou Twitch.

    • L’évènementiel que nous développons en partenariat avec AMOS Sport Business School : nous mettons notre expertise au service des entreprises et des clubs de football qui souhaitent organiser des événements autour de l’eSport (salons, tournois, etc.).


    Par ailleurs, nous sommes constamment à la recherche de partenaires pour favoriser notre développement.

     

    En tant que jeune start-up, quels sont les défis que vous devez relever ?

    Le défi majeur est tout d'abord d'acquérir de la crédibilité et de la notoriété sur le marché de l'eSport. La marque Reborn étant reconnue depuis des années sur le mode 11vs11 sur FIFA, nous devons prouver que nous sommes capables d'exister sur son mode 1vs1 ainsi que sur d'autres jeux. Cette crédibilité s'acquiert également à travers les influenceurs avec lesquels nous travaillons. Plus nos résultats sont bons, plus nous sommes visibles et plus nous sommes attractifs pour les sponsors. Le second objectif est bien évidemment de développer notre portefeuille clients et d'obtenir des partenaires importants en termes de financement ou de notoriété. Nos prochains projets ? L’ouverture de notre boutique en ligne, la concrétisation de nouveaux partenariats, notre arrivée sur de nouveaux jeux de sports, et enfin, sur PC.

     

    De manière plus générale, quels sont les défis qui attendent l'eSport selon vous ?

    L'eSport est en pleine expansion en Europe mais reste néanmoins en retard par rapport à deux marchés majeurs : le marché asiatique et le marché américain. En Asie, l’eSport est considéré comme une discipline à part entière. Les finales des compétitions se jouent dans des stades de 90 000 places et suscitent le même engouement que nos finales de football ! Il y a plus d’investisseurs, les salaires sont beaucoup plus élevés, l’audience n’est pas la même… Les compétitions sont retranscrites à la télévision et les produits dérivés se vendent comme des petits pains. Les retombées sont très importantes. C’est un marché qui nous intéresse, d’ailleurs certains de nos joueurs sont invités à des compétitions en Asie. Mais chaque chose en son temps !

    Petit à petit, nous arrivons également à nous détacher de l’image de "geek" qui pouvait effrayer les marques et les investisseurs français. L'eSport est un marché porteur et c’est désormais intégré ! L'évolution de l'eSport passera donc par l'arrivée de nouvelles marques, de nouveaux investisseurs, de structures étant capables d’organiser des évènements de qualité, ainsi que par la médiatisation de ce secteur à la télévision et sur les plateformes digitales.

     

    Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent travailler dans ce milieu ?

    La priorité est la même que pour les autres secteurs : disposez des connaissances et d'expériences relatives à votre secteur de prédilection. En effet, ce marché est à part et dispose de ses propres caractéristiques. Certaines organisations ont tenté de se lancer sur ce marché en vogue dans l'optique de générer de l'argent… Sans connaissances majeures et sans expérience, cela a été un échec ! Enfin, ce marché étant en plein essor, les opportunités d'exister dans l'eSport sont nombreuses… à condition de proposer des concepts novateurs.

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