• Le business du football se conjugue au féminin

    Le business du football se conjugue au féminin
    Si les femmes découvrent les joies du ballon rond à partir de la fin du XIXème siècle(1) ce n’est qu’en 1980 que la pratique féminine émerge. Si cet essor tardif a entrainé un retard sur son développement, le football féminin tend à gagner du terrain face à son homologue masculin qui, jusqu’à aujourd’hui possédait un indiscutable monopole au sein de la sphère footballistique. Au gré des grands événements internationaux, le football féminin gagne en popularité. La Coupe du Monde Féminine 2015 au Canada et les Jeux Olympiques de Rio 2016 ont, d’une manière significative, contribué à promouvoir le jeu au féminin.

    Explosion du nombre de licenciées !

    Et cette promotion porte ses fruits comme en témoigne la massification de la pratique féminine : augmentation significative du nombre de joueuses (130 000 licenciées pratiquantes en 2017 soit 8% du total des licenciés FFF). Cette réalité est très éloignée de nos voisins allemands qui ont 1 million de licenciées…Mais cet essor est bien réel. Il est étroitement lié à deux facteurs décisifs :

    D’une part une réelle et nouvelle volonté de la Fédération Française de Football de féminiser cette pratique sportive. En 2011, le président de la FFF, Noël Le Graët, souhaitait « donner un élan décisif à la féminisation du football » et a lancé un plan dédié en 4 axes. Mais il n’y a que 12 clubs en D1 féminine dont la moitié n’est pas professionnelle à ce jour….

    D’autre part, les succès médiatiques des équipes sur la scène internationale qui ont fait découvrir ce jeu spectaculaire comme ceux des équipes de clubs dont l’OL féminin, avec ses 5 titres de Coupe d’Europe, en est un exemple. Cette vitrine où brillent haut niveau et professionnalisation, est un argument de premier rang dans le recrutement des jeunes filles.

    La FIFA s’est également emparée du sujet de la féminisation du football au cours de la dernière décennie. Des 4 millions de femmes licenciées dans le monde en 2006, nous sommes passés à 30 millions en 2018. Et selon un récent rapport, la FIFA ambitionne de doubler ce chiffre à l’horizon 2026.

     

    De belles promesses pour l’avenir !

    Pour continuer à se développer et atteindre ses objectifs, le football féminin va devoir trouver une exposition accrue et continuer son processus de professionnalisation. Si quelques têtes d’affiches font rêver les plus jeunes, les joueuses professionnelles ne sont pas légion et gagnent en moyenne 96% de moins que leurs homologues masculins.

    La question de la médiatisation du football féminin est très souvent mise sur la table. Aujourd’hui, seulement 4% de l’information sportive footballistique, concerne la gente féminine. Un chiffre très faible qui pourrait augmenter considérablement grâce à la Coupe du Monde féminine qui se déroulera en France du 7 juin au 7 juillet 2019. 52 matchs, 9 villes hôtes (dont Lyon, Paris et Nice où sont implantés des campus AMOS), une ouverture des festivités à Paris au Parc des Princes et une finale à Lyon au Groupama Stadium doivent permettre de franchir un nouveau palier pour le football féminin français et mondial. Selon Gianni Infantino, président de la FIFA, plus d’un milliard de téléspectateurs sont attendus pour ce big event alors qu’ils étaient 764 millions pour la dernière édition au Canada.

    Pour la période 2018 / 2023, et pour suivre le foot féminin, il faudra zapper entre les chaînes des groupes M6 et Canal +, qui se sont vu accorder les droits de l’Equipe de France et de la D1 féminine. Selon le journal L’Équipe, le montant total des droits attribués s’élève à 5,4M€ annuels, contre 1,8M€ actuellement, soit une hausse de 200% !

    Cet investissement de la part des diffuseurs est une première étape qui, espérons-le, attirera également des annonceurs pour qui le ticket d’entrée restera abordable. Comme dans d’autres disciplines les mentalités évoluent et les années à venir sont prometteuses pour le football féminin !

    Rédigé par Jean-Loup OUDIN, Chargé de développement & communication, AMOS Nice & Thomas Buscaglia (5ème année & Chef de projet AMOS Lab)

    (1) Un siècle de football au féminin fff.fr
    (c) Photo : CITIZENSIDE / VINCENT GRATON

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