• Camille Naude : "être une femme, c’est du sport !"

    Camille Naude, footballeuse, entrepreneure et intervenante, est le symbole de la femme sportive.

    Il y a deux ans, elle créait l’agence My Sport Agency, une agence 100% sport. Naît de la fusion de son agence de gestion d’image de sportifs et de l’agence de communication « classique » de son associé, My Sport Agency axe son expertise sur la communica­tion, l’événementiel et la gestion d’image de sportifs de haut niveau. Aujourd’hui, parallèlement à cela, elle organise le Toulouse International Ladies Cup, compétition internationale de football féminin.

    Pouvez-vous nous parler de l’activité principale de My Sport Agency et sa force majeure ?  

    Nous avons aujourd’hui deux axes d’activités majeurs : l’événe­mentiel, avec une proposition très variée, et la gestion de spor­tifs, principalement des sportifs de la région Occitanie. Notre force est de jouer sur cette proximité avec les sportifs et acteurs du sport de la région. Proximité, flexibilité et réactivité… Et nous sommes très fiers de nos success stories locales. Parmi ces sportifs, on s’occupe par exemple de Maxime Valet, double médaillé paralympique d’escrime. Il y a également Mohamed Mimoune, un boxeur issu du quartier de Bagatelles, donc un pur toulousain, et qui est actuellement champion du monde… Ou encore Gillian Galan, troisième ligne centre au Stade Toulousain.

     

    L’image des footballeuses est-elle un levier majeur dans leur carrière ? 

    Personnellement, j’ai joué au foot pendant des années, un milieu que j’ai donc appris à connaitre dès mes 11 ans. J’ai pra­tiqué avec beaucoup de filles qui aujourd’hui sont en équipe de France, et je crois que l’image dans le football féminin est aujourd’hui presque plus importante que dans le foot mas­culin. Malheureusement, le moindre écart peut-être très vite interprété et mal en l’occurrence.

     
    « Il y a une véritable quête de légitimité, malheureusement, et les femmes doivent alors veiller à leur image, sans tomber dans le vulgaire en étant trop sexy... »

    Sans trop calquer sur ce que les garçons peuvent faire, il faut qu’elles trouvent leur propre voie et voix. Beaucoup y par­viennent. Un bon exemple serait Laure Boulleau, ancienne footballeuse du PSG et de l’équipe de France (à la retraite depuis mai dernier) que l’on connait aussi car elle est deve­nue une grande influenceuse. Cependant, d’autres exemples émergent avec une nouvelle génération de plus en plus ac­tive sur les réseaux sociaux et soucieuses de l’image qu’elles peuvent y avoir. C’est aussi notre travail.

     

    Comment se porte le football féminin aujourd’hui ?

    D’un point de vue sportif, mieux que jamais, car des grands pays s’y sont mis. Depuis 5-6 ans, l’Angleterre et l’Espagne commencent à jouer à un niveau très élevé. Je pense, sans trop m’avancer, que dans quelques années ces pays vont dépasser le niveau français. Cela promet une grande coupe du monde l’an prochain en France. D’un point de vue médiatique, le football féminin se porte bien aussi. Les deux sont liés. La performance sportive induit logi­quement que les médias et la presse en parlent plus. Les américaines sont des filles qui ont historiquement joué au foot depuis toujours, les allemandes et asiatiques n’en sont pas très loin également...

    Mais aujourd’hui on assiste à une européanisation du football féminin, avec une multitude de pays qui se lancent et donc cela devient particulièrement intéressant en terme de jeu et donc en terme de visibilité.

     

    Vous êtes à l’origine du Toulouse International Ladies Cup (TILC), 1er tournoi de football féminin professionnel. Racontez-nous ? 

    En effet, cette année aura lieu la deuxième édition du TILC. Je fais partie d’une association, Sport Incub, qui fait la promo­tion de sports peu ou pas médiatisés, et nous avons fait un pari fou : organiser une compétition internationale de foot­ball féminin, réunissant les plus grandes têtes d’affiches. Nous accueillons des clubs comme le PSG, Manchester City ou encore l’OL, au stade Ernest Wallon, stade emblématique de la ville.

    La première édition a rassemblé jusqu’à 3 000 personnes sur le week-end. Cette année nous visons 15 000 spectateurs car nous en invitons une partie (environ 1 000 enfants des centres de loisirs enfants qui sont ouverts l’été et qui n’ont pas forcément la chance de partir en vacances sont invités ainsi que l’ensemble des licenciées féminines de la région via un partenariat avec la Fédération Française de Football Féminin). Pour notre deuxième édition la formule reste la même : quatre équipes s’affronteront au cours de quatre matchs sur deux journées. Nous accueillerons donc du 10 au 12 août, le PSG, le Bayern de Munich, le MHSC et l’Arsenal. Nous avons hâte que la compétition commence !



     

    Quels sont vos principaux objectifs et challenges à venir ?

    Le volet social : promouvoir l’égalité homme/femme notam­ment dans les quartiers prioritaires de la ville de Toulouse et pourquoi pas dans d’autres villes. Cela passe par des ateliers de discussions pour faire réfléchir les jeunes sur ce qu’est un stéréotype. Pourquoi les garçons sont-ils naturellement consi­dérés comme plus forts que les filles en sport par exemple ? On profite de cet événement pour se déplacer, questionner, sensibiliser...

    Le volet sportif : être considéré comme l’un des tournois ma­jeurs au monde de football féminin de pré-saison et s’ancrer médiatiquement. Nous avons reçu et allons à nouveau recevoir des grandes équipes donc le « top niveau » est là, mais derrière il faut que les médias le reconnaissent et c’est un autre travail.

    Un enjeu médiatique : nous travaillons pour la promotion pure du sport féminin en statuant que les filles méritent autant d’être regardées que les garçons. Nous ne sommes pas pour autant féministes, nous sommes pour la promotion de l’égalité. C’est aussi pour cela que l’on attache beaucoup d’importance à ce qu’un grand média vienne et cette année BeIN SPORTS couvrira l’événement. Notre but étant que demain, une chaine publique ouverte à tous soit pré­sente.

     

    Vous intervenez au sein d'AMOS Toulouse dans le cadre de la spé­cialisation événementielle. Quelques mots à ce sujet ?

    Je vais les faire travailler sur la troisième édition du tournoi et il faudra s’y mettre dès le mois de septembre. On aura diffé­rentes phases phares que je vais leur présenter dès la rentrée. J’ai une formation en droit, ce qui est une vraie force dans mon travail au quotidien. On ne s’en rend pas toujours compte mais tout peut se jouer à un contrat surtout dans l’événementiel et la gestion d’image de sportifs. Soit on délègue et on doit payer, soit on le fait soi-même. Les étudiants ne devront négliger aucun cours, car ils ont tous une utilité dans leur futur projet professionnel. Dès que j’ai vu l’annonce de l’ouverture d’AMOS à Toulouse je me suis dit ENFIN. Donc bienvenue à Toulouse !

     
    My Sport Agency : camille@my-sport-agency.fr / www.my-sport-agency.fr

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