• Coupe du monde féminine de football 2019 : « Mon expérience la plus formatrice et inspirante »

    Coupe du monde féminine de football 2019 : « Mon expérience la plus formatrice et inspirante »


    Étudiant en 4ème année du Programme Grande École à AMOS Paris, Thibaud a décroché un stage de dix mois au sein de la Fédération Française de Football (FFF). En tant qu’Assistant chargé de mission féminisation, il a pris part à l’organisation de l’un des événements sportifs majeurs de cette année, à l’échelle internationale. Souhaitant travailler sur les axes de développement des instances de gouvernance du football, il nous parle de son expérience et de la construction de son projet professionnel autour de la féminisation de son sport de prédilection.

    Thibaud, comment as-tu décroché ce stage au sein de la FFF ?

    Dans le cadre de ma 3ème année au sein d’AMOS, l’année dernière, j’ai effectué un stage au Comité d’Organisation Local de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019 (LOC). Pendant 6 mois, j’ai travaillé au sein du département Impact et Héritage, qui était en charge du déploiement de la politique RSE de l’événement. L’un des piliers sur lequel travaillait ce département était la mixité, un projet porté par la direction du football féminin. Cette année, lorsque j’ai découvert l’offre de la FFF, j’ai tout de suite postulé. C’était une suite logique de mon expérience précédente et une opportunité de développer mon expertise dans ce domaine.

    En tant qu’Assistant chargé de féminisation, à quoi ressemblait ton quotidien ?

    Pendant les cinq premiers mois, j’étais en charge du suivi administratif de la mobilisation des territoires autour de la Coupe du Monde. Je faisais le lien avec les ligues et les districts pour faire vivre l’événement et la discipline à travers des opérations impulsées entre autres par la FFF. J’ai notamment organisé la remise des premiers Trophées FFF Héritage 2019 qui ont eu lieu avant le dernier match de préparation des Bleues contre la Chine. En cette année charnière pour le football féminin, la FFF a souhaité récompenser les clubs, districts et ligues qui ont créé une émulation sur leur territoire. 4 prix ont été remis pour cette première édition : la mixité, l’éducation et la citoyenneté, l’inclusion et le trophée spécial du jury « Fiers d’être Bleues ».

    Mes missions ont ensuite évolué. Dès le début de la Coupe du Monde, j’étais en charge du suivi des invitations aux matchs de l’Equipe de France. La FFF a invité à chaque match des Bleues entre 200 et 250 personnes : les commissions, les clubs de D1 et D2, les anciennes joueuses internationales, les acteurs institutionnels majeurs du sport en France, etc. Je suis également mobilisé sur d’autres missions depuis le début de la saison comme l’organisation de conférences et les déplacements institutionnels à l’international. Avec l’appui de la Ligue du Football Amateur, j’ai par exemple organisé le rassemblement des Internationales à Nice le 12 juin dernier, en marge du match des Bleues contre la Norvège. Cet événement annuel a réuni 75 anciennes joueuses de l’Equipe de France pour une journée conviviale avant d’assister à la rencontre.

    Quelle est ta vision de la pratique féminine du football ? Ce stage a-t-il changé ta perception ?

    J’ai toujours suivi le « football féminin » et particulièrement l’Équipe de France Féminine car je suis passionné par ce sport et un supporter de toutes nos équipes ! J’ai commencé à m’intéresser plus profondément à la pratique féminine lors de mon arrivée au LOC : l’histoire du football féminin, la hiérarchie des nations, les fédérations motrices sur le développement de la pratique… J’ai débuté une veille sur ce sujet car je suis très curieux, j’adore la géopolitique et l’histoire du sport, et surtout car j’avais conscience qu’il était impensable de travailler dans un secteur sans en connaître parfaitement l’environnement.

    Ce stage n’a pas changé ma perception de la pratique du football par les femmes. En revanche, j’ai découvert ses spécificités économiques, structurelles et bien entendu sportives. Le football féminin est une discipline à part entière, tout comme le football masculin, avec ses forces et ses faiblesses. Aujourd’hui, cette discipline est en pleine mutation et il est donc nécessaire d’accompagner son développement. La FFF a par ailleurs décliné cette volonté dans son plan stratégique « Ambition 2020 ».

    La Coupe du monde féminine 2019 vient de s’achever. Peux-tu nous en dire plus sur cet événement vu de l’intérieur ?

    L’engouement médiatique et populaire est extraordinaire ! Nous avons établi un nouveau record lors du match France / États-Unis avec une audience de 12 millions de téléspectateurs en France. Le record d’audience tous mondiaux féminins confondus a également été battu à l’occasion des huitièmes de finale, France / Brésil : 58 millions de personnes ont suivi la rencontre dans le monde ! Ce qui est incroyable, c’est que cet intérêt est mondial : les diffuseurs hollandais, brésiliens, italiens ont également battu des records d’audiences pour des matchs de leurs sélections, les stades étaient pleins et les supporters étrangers se sont déplacés… Les 9 sites hôtes de la compétition ont accueilli 1,3 millions de personnes, avec une moyenne de 21 000 spectateurs par match… Enfin, tous les matchs de l’équipe de France se sont joués à guichet fermé avec un record d’affluence pour les Bleues lors du quart de finale qui les opposait aux États-Unis : 45 595 personnes s’étaient donné rendez-vous au Parc des Princes ! Je pense donc que si ma perception du football féminin a évolué, c’est également le cas pour toutes celles et ceux qui ont suivi la compétition.


    Match France / Brésil

    Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté jusqu’à présent ?

    Premièrement, beaucoup de plaisir ! Travailler sur un tel événement est une opportunité exceptionnelle et comme dit précédemment, j’apprends énormément. J’ai de la chance car il s’agit seulement de la 3ème Coupe du Monde de la FIFA que la France accueille après celles de 1938 et 1998. Peut-être que la France n’accueillera pas de nouvelle Coupe du Monde Féminine avant 50 ans… et de telles manifestations sont toujours très formatrices !

    J’ai été très bien intégré : on m’a tout de suite fait confiance et donné des responsabilités. Le fait de travailler avec de nombreuses personnes peut être déroutant au prime abord. En sachant que la FFF est une organisation de plus de 300 collaborateurs, il faut un temps d’adaptation. Heureusement, Frédérique Jossinet, directrice du Football Féminin et de la Féminisation, et Kenza Diab, chargée de mission féminisation, sont toujours disponibles et à l’écoute. Cette bienveillance m’a aidé à réussir les missions qui m’étaient confiées.

    Enfin, cette expérience à la FFF renforce encore plus mon souhait d’évoluer au sein d’instances de gouvernance du football et me donne envie de poursuivre mon expérience au sein de cette organisation. Tous les collaborateurs sont des experts de leurs métiers et ce stage est, pour l’instant, mon expérience la plus formatrice et inspirante.

    Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

    Je ne pensais pas consacrer mon début de carrière au développement de la pratique féminine du football, mais force est de constater que je m’épanouis totalement à la Direction du Football Féminin. J’espère donc y poursuivre ma mission en alternance à partir de septembre. De plus, après avoir vécu l’« avant » et le « pendant », j’espère participer à l’« après » Coupe du Monde 2019 !
    Propos recueillis par Christina Carabin, chargée de communication, AMOS Paris

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