• Décollage de la fusée URB programmée !

    Décollage de la fusée URB programmée !
    Sébastien Renault (29 ans) est responsable du développement commercial et marketing de l’Union Rennes Basket. Après avoir obtenu un Master à Rouen dans le Marketing et Management du Sport professionnel, il a côtoyé l’élite française et européenne du basket en travaillant à Nanterre 92 en tant que responsable partenariats pendant 5 ans. Aujourd’hui, il arrive à Rennes avec un projet ambitieux : construire un club professionnel mais également promouvoir le basket dans le bassin rennais avec des événements dans les écoles et dans la cité.

    Quel est l’état des lieux du basket aujourd’hui ?


    Le basket aujourd’hui est le 3e sport le plus pratiqué en France avec 668 000 licenciés (derrière le football et le Tennis. C’est le 1er sport féminin en termes de licenciées (250 000 licenciées). En Bretagne, 35 000 personnes pratiquent le basket en club (5e région française, mitoyen des pays de la Loire qui regroupent 65 000 licenciés). Ces chiffres montrent que le basket est un sport majeur en France qui a la 3e place en terme de pratique. Etant dans une agglomération, il y a un écosystème qui autorise un développement à Rennes avec de la place pour occuper une position influente.

    Qu’est-ce qui pêche aujourd’hui dans le basket français ?


    Ce qui pose problème aujourd’hui concerne la médiatisation. Tout le monde connaît le basket via la NBA. La NBA c’est 37 millions de fans Facebook, 36 millions de Followers Instagram et 27 millions d’abonnés Twitter. Les matchs sont diffusés sur Bein sports. En Europe, il y a également l’Euroleague qui se développe et qui a pour objectif de créer une ligue fermée à l’image de ce qu’il se passe Outre-Atlantique pour faire quelque chose de fort. En chiffres cela représente une communauté de 742 000 fans Facebook, 36 millions de followers Instagram et 533 000 abonnés Twitter. La France a du retard mais essaie de le combler (la Ligue Nationale de Basket a 110 000 fans Facebook, 30 000 sur Instagram et 54 000 sur Twitter).  A l’échelle locale, l’URB c’est tout juste 6 000 fans Facebook, 500 sur Instagram et 1500 sur Twitter. Ce sont des indicateurs digitaux mais qui permettent de se rendre compte de la place que représente un sport dans une ville, dans une région ou dans un pays.

    A l’échelle économique, ce décalage est-il aussi flagrant ?        


    Clairement. En NBA le budget moyen de chaque franchise est de 50 millions d’euros, en Euroleague il est de 25 millions alors qu’en France nous sommes à tout juste 5 millions en moyenne par club. En ce qui concerne les salaires, c’est la même chose. En NBA, le salaire le plus élevé est de 37,4 millions d’€/an alors qu’en Jeep Elite, le joueur le mieux payé touche 275 000 euros/an. Et puis il y a les droits TV : en Jeep Elite, ils s’élèvent à 130 000 €/an alors qu’en NBA on dépasse les 2 millions/saison.

    Quel est votre projet avec l’URB ?


    Faire passer le club de la 4e division à la Jeep Elite en 6 ans. L’objectif est de devenir un club professionnel et d’être une locomotive à l’échelle bretonne. Notre projet repose sur l’identité régionale et sur des valeurs. On veut être influent en développant des actions auprès des non-licenciés, dans la cité et dans tout le département. Par exemple, nous souhaitons créer une centrale d’achat. Nous avons constaté que les clubs amateurs ont aujourd’hui un problème financier à savoir comment obtenir des équipements alors que les réductions de subvention se font ressentir. L’idée est de développer un business model permettant de dynamiser ces clubs. Par exemple, nous avons 30 clubs qui nous suivent, et nous allons acheter à notre équipementier (Team Partner) 2000 chasubles, les sponsoriser en y ajoutant notre logo pour les revendre aux clubs amateurs à moitié prix. L’objectif est de jouer un rôle de catalyseur pour tout un département derrière notre projet afin que dans le futur, nous soyons suivis dans toutes nos actions.

    En termes de chiffres, ce projet représente combien ?


    Aujourd’hui, notre budget est de 500 000 €.  En 2025, nous souhaiterions arriver à 7 millions d’euros ce qui en ferait le 3e budget en Jeep Elite. Pour jouer un vrai rôle dans les années à venir, nous devons augmenter la part du sponsoring à hauteur de 4 millions d’euros (contre 300 000 € actuellement), ce qui est énorme. Par rapport au football, le Stade Rennais a 76 millions d’euros de budget et 14 millions de sponsoring : dans la région les entreprises ont l’habitude de donner de l’argent dans le sport lorsqu’elles croient véritablement au projet. De plus, nous n’avons pas de ligne merchandising à ce jour. L’idée est de la créer et de passer à 120 000 euros à N+6. L’affluence moyenne est de 1 200 personnes avec énormément d’invitations. Par conséquent, la billetterie rapporte uniquement 60 000 € de recettes à l’année (Objectif : 600 000 € en 2025). L’infrastructure que nous avons actuellement est la salle Colette-Besson à Rennes qui a une capacité totale de 2 200 spectateurs. A titre de comparaison, le REC Volley (qui évolue en Ligue A) avec qui nous partageons le parquet fait salle pleine à chaque match à domicile. Les seules lignes budgétaires incertaines restent celle des subventions et celle des droits TV.

    De quelle manière l’URB envisage d’arriver à ses objectifs ?


    Nous allons développer la médiatisation. Nous allons monter des partenariats avec des acteurs locaux qui ont une forte identité régionale comme TV Rennes 35, le journal Ouest France ainsi que des radios locales.  Pour TV Rennes, cela devrait commencer dès cette année avec la diffusion de plusieurs matchs en direct pour une visibilité des sponsors qui sera accrue, ce qui n’est pas négligeable lorsqu’on est en 4e division. Nous allons également renforcer notre stratégie digitale en proposant une véritable expérience pour nos prospects et nos client existants. L’idée est de générer du trafic, créer une communauté et la fidéliser, influencer et créer un besoin, développer notre notoriété et associer nos sponsors à cette réussite. Le ton utilisé sera l’humour. Nous voulons mettre en avant notre actualité tout en jouant sur les buzz du moment et les clichés sur la Bretagne.

    Qu’est-ce que l’URB Business ?


    Nous souhaitons devenir un véritable réseau d’entreprises. Au-delà d’investir financièrement en tant que sponsor, nous inciterons les partenaires à participer aux formules hospitalités de l’URB et aux rendez-vous de l’URB Business. Nous avons déjà 60 entreprises partenaires et pour augmenter leur participation financière la médiatisation doit être plus importante afin qu’ils puissent y trouver un intérêt supplémentaire : en faisant du business entre eux. Le but est de créer un vrai club d’entreprises. Nous souhaitons que nos partenaires se rencontrent toutes les 3 semaines environ avec des matinales sur des thématiques RH, sur l’expérience client ou bien sur des déjeuners le midi voire des afterworks. L’idée est de faire du business et de façon amusante afin que tout le monde soit dans un projet de développement qui doit durer 5 à 6 ans.

    Et à l’échelle rennaise, qu’est-ce que l’URB va mettre en place pour promouvoir le basket ?


    Le projet de l’URB c’est aussi de partager la passion du basket sur tout le territoire rennais. Aujourd’hui au niveau sociétal, nous avons à faire à la génération Z (les jeunes nés après 2000). C’est la cyber génération qui est ultra-connectée : ils sont nés, vivent et vivront avec Internet et pas sans. Leur individualité s’exprime dans un collectif. Ils sont à la fois généreux et ont une forte envie de partage. On pourrait presque les appeler la génération C comme Créativité, Communication, Collaboration et Connexion. D’un point de vue sportif, le basket se développe fortement (porté par les équipes nationales et des leaders sportifs très engagés) avec des licenciés relativement jeunes (60 % des licenciés ont moins de 19 ans) avec des valeurs individuelles et collectives fortes : effort, dépassement, confiance et estime de soi, esprit d’équipe, partage, entre aide, complémentarité, respect des règles et d’autrui... Au Rennes, nous avons ciblé 3 des 5 territoires définis comme prioritaires par l’Etat pour la ville de Rennes : le Blosne, La « ZUP SUD », Villejean et Maurepas ce qui représente plus de 50 000 habitants. Le but c’est de mettre l’enfant au cœur du projet en répondant à un enjeu social et sportif. Social : en développant l’accès au basket dans ces quartiers populaires en cohérence avec le Contrat de Ville 2015-2020 de Rennes Métropole. Le sport doit permettre au jeune de trouver un équilibre dans sa vie scolaire, sociale, sportive et culturelle afin de s’épanouir personnellement. Au niveau sportif, nous souhaitons développer l’apprentissage du basket dans les plus importants territoires de la ville de Rennes, tout en soutenant les clubs de basket locaux : Stade Rennais, CPB, TA, Avenir de Rennes, JA, ASPTT, RPA et l’URB avec l’appui des différentes instances fédérales (Comité d’Ille-et-Vilaine et Région). Nous voulons que nos futurs sportifs de haut niveau soient des basketteurs locaux !

    Nous avons plusieurs leviers d’actions : des actions périscolaires pour sensibiliser et initier les jeunes au basket, des opérations basket école (OBE), la mise en place de sections sportives dans les collèges et lycées pour apprendre, se développer et se perfectionner dans le basket… Nous mettons également en place des actions avec les clubs avec des entrainements OPEN destinés aux enfants de 8 à 15 ans. Durant ces après-midis, un éducateur fait découvrir notre sport sous forme d’ateliers ludiques. Ce sont des moments importants pour les enfants car ils vont se faire coacher par des basketteurs pros. Nous organisons également des animations en partenariat avec la Ville de Rennes, dans des gymnases d’école primaires ou sur des Playgrounds. Nous nous appuyons notamment sur les maisons de quartiers. En proposant plusieurs tournois et exhibition dans les quartiers de Rennes, l’URB souhaite, par le basket jouait un rôle d’intégrateur social. De plus, nous proposons plusieurs fois par des animations dans les galeries des hypermarchés de la métropole rennaise, et des initiations baskets dans des lieux les plus populaires de Rennes (Place du Parlement par exemple) pour promouvoir le sport et améliorer l’accès à une pratique universelle. L’URB dans la cité est un projet qui nous tient à cœur car il y a de nombreux points de convergence entre les jeunes, le territoire rennais et le basket. Notre sport doit faciliter la cohésion sociale.

     

     

       

     
    Propos recueillis par Tony Rolland, chargé de communication et développement de AMOS Rennes

     

     

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