• Edgar Perigaud : saisir la balle au rebond

    Edgar Perigaud : saisir la balle au rebond
    Fraîchement diplômé du campus AMOS Paris, Edgar Perigaud, nantais d’origine, a souhaité revenir aux sources pour commencer sa carrière professionnelle. Après plusieurs expériences dans l’Ouest, lors de ses études, notamment pour le SO Cholet, le Caen Basket Calvados et le Volley-Ball Nantes, c’est finalement avec le Nantes Basket Hermine, NBH, club professionnel de Pro B, qu’Edgar débutera sa carrière en tant que responsable billetterie. Et son embauche n’est pas anodine. Edgar a su saisir l’opportunité dans un moment de structuration accrue du club.

    En effet, en 2017, l’Hermine de Nantes profite de son passage en SAS (Société par Action Simplifiée) pour se renommer le Nantes Basket Hermine, passer un cap dans la professionnalisation et, à partir de 2018, investir les murs de la Trocardière, salle de 4200 places assises dédiées au basket nantais et recruter un staff administratif qualifié. Avec un budget de 2.4 millions d’euros dont 800 000 euros alloués à la masse salariale, le club est le 4ème plus gros budget de la ligue de pro B. Il est dirigé par un comité exécutif, composé de chefs d’entreprises comme BERJAC, SITHS, OFFSET 5, Clear Channel, RBL ou encore le Groupe CHG, qui ont investi à part variable dans le club. Sa manageuse générale, récemment recrutée, n’est autre qu’Audrey Sauret, ancienne joueuse de l’équipe de France de basket.

    Comment définirais-tu le mode de management du NBH ?

    Le Nantes Basket Hermine, c’est 5 personnes à plein temps et un alternant en 2ème année du Master of Business in Sport d’AMOS. Nous avons une manageuse générale, un responsable marketing et communication, un commercial, un responsable billetterie et une secrétaire. Nous référons de notre travail à Audrey Sauret qui fait le lien avec le comité directeur. C’est un management transversal, très professionnel, participatif avec beaucoup d’échanges. Nous sommes une petite équipe très soudée menée par une ancienne sportive de haut niveau qui sait fédérer les troupes autour d’un projet ambitieux. Le Nantes Basket Hermine connait une évolution rapide depuis ces trois dernières années et il ne compte pas s’arrêter là ! Beaucoup de projets, aujourd’hui portés par une solide équipe, mûrissent et fleurissent.

    Quels sont les projets de développement du club à court moyen et long terme ?

    Nous avons pour ambition de vraiment mieux travailler notre data et de nous doter d’un CRM performant dans les prochaines années afin de pouvoir analyser, segmenter et proposer les meilleures offres aux clients. Il est primordial de connaître parfaitement notre consommateur pour pouvoir lui proposer des produits adaptés et le fidéliser. Avec la nouvelle loi RGPD sur la protection des données, nous risquons de rencontrer plus de difficultés car il faudra aujourd’hui avoir l’accord préalable du client pour conserver ses données. Pour moi, c’est un défi supplémentaire où l’humain et le relationnel sont au cœur du débat, je trouve ça passionnant.

    L’objectif à court terme est donc de commencer à travailler notre data afin de remplir la première couronne de la Trocardière à chaque match. A moyen terme, sportivement, nous aimerions nous établir dans le top 5 de la pro B et continuer notre structuration interne pour anticiper la montée en Jeep Elite (nom de la pro A de basket depuis 2018). A long terme et d’ici 3 ans, nous aimerions être suffisamment structurés et forts économiquement pour monter en Jeep Elite et pérenniser cette montée.


    Photo : rencontre Hermine de Nantes vs. Aix Maurienne Savoie Basket

    Le cinq majeur

    Entouré de 4 autres permanents, Edgar occupe le poste de responsable billetterie depuis septembre 2018. Sa place, il l’a clairement gagnée, à force de persévérance, d’accumulation d’expérience et de travail de son réseau. Aujourd’hui, il fait partie du cinq majeur et occupe un poste clé.

    Peux-tu nous décrire tes missions ?

    Dans l’élan de sa structuration, le club a créé ce poste de responsable billetterie. C’est un métier qui comporte de multiples facettes mais mon objectif premier est de gérer le remplissage de la salle. La Trocardière peut accueillir jusqu’à 4000 personnes. Elle dispose d’une couronne haute et d’une couronne basse avec une capacité de 2500 spectateurs. Le but est de remplir cette couronne basse à par match. Pour ce faire, j’ai plusieurs leviers commerciaux :

    • Travailler la politique tarifaire des matchs

    • Être force de proposition pour créer de nouveaux produits : offre anniversaire, match de Noël…

    • Démarcher différentes cibles (clubs, comités d’entreprise, Ecole…)

    • Valoriser nos produits en avant sur les différents canaux de vente


    Il y a aussi tout un travail de back office via notre outil Digitick puisque je m’occupe de la gestion et de la réservation des places du grand public via internet, mail ou téléphone ainsi que de la gestion et de l’envoi de places partenaires.

    J’ai également des missions managériales très enrichissantes puisque j’encadre une équipe de bénévoles les soirs de match afin de veiller au bon déroulement de l’accueil du grand public pour le retrait des places, la gestion des flux et des litiges notamment. »

    Quelles sont les particularités du métier de responsable billetterie ?

    La vraie particularité de mon métier est que je suis tributaire des résultats sportifs. En période de défaite il n’est jamais simple de créer de l’engouement autour d’une équipe. Mais, si nous ne pouvons influer sur le sportif, nous devons toutefois être réactifs et nous réinventer sans cesse. Quand le sportif ne suit pas il faut attirer le public par d’autres biais et créer du sport spectacle. Cependant cela demande des moyens financiers et humains que la structure ne permet pas encore. Il y a toutefois une réelle prise de conscience et si cette problématique n’est pas la priorité actuelle pour un club de deuxième division, elle est dans toutes les têtes et sera un vrai sujet aux portes de la montée en Jeep Elite.

    Ne pas se laisser dribbler

    Terre d'excellence sportive, la métropole nantaise compte aujourd'hui de nombreux clubs évoluant au plus haut niveau national. Depuis 2011, Nantes est au tout premier rang des territoires en nombre d'équipes professionnelles féminines et masculines pour les grandes disciplines de sport collectif en salle : handball, basket, volley. La Cité des Ducs compte 6 clubs évoluant dans l'élite française. Parmi eux, on compte trois clubs féminins : un record en France.

    Y a-t-il beaucoup de concurrence dans ton secteur ?

    Enormément ! Dans certaines villes comme Limoges, le basket prédomine car c’est la seule discipline à proposer un spectacle sportif attractif. Nantes est une ville très dynamique où, en dehors des évènements sportifs, il y a également beaucoup de sollicitations culturelles.  Nous sommes en concurrence permanente avec des concerts, des spectacles, des expositions, des rendez-vous sportifs et même des rencontres de football télévisées comme les matchs de la Ligue des Champions.

    L’Ouest est pourtant un territoire de basket, les Pays de Loire est la première région en termes de licenciés de basketball en France. Mais c’est justement un territoire de vrais amateurs qui recherchent des matchs de Jeep Elite et préfèrent faire quelques kilomètres de plus pour aller applaudir notre voisin Choletais évoluant en Jeep Elite.

    Quelle stratégie adopter pour se démarquer de cette concurrence ?

    La Ligue National de Basketball, LNB, est en train de travailler son nouveau plan stratégique et son orientation digitale. Un véritable renouveau va donc être insufflé au niveau national. Cela va notamment passer par la création d’une communauté au travers de la mise en valeur de courtes séquences vidéo mettant davantage en avant l’aspect spectaculaire de notre sport.

    A l’échelle du NBH, la communication va donc jouer un rôle central. Nous souhaitons créer un sentiment d’appartenance fort en nous appuyant sur un storytelling impactant et surprenant pour attiser la curiosité du grand public. Nous avons vraiment compris la nécessité de nous adapter aux nouveaux comportements et nouvelles envies de notre client qui souhaite plus d’INSIDE.

    Nous essayons également de proposer ponctuellement des choses un peu différentes et novatrices, en termes de restauration sur place notamment. Nous misons sur certaines faiblesses de la concurrence pour valoriser nos forces et améliorer la fan expérience.  Mais, encore une fois, il est plus aisé de travailler et optimiser cette fan expérience en disposant d’un CRM performant. J’ai hâte que le club soit doté de cet outil car mon métier va prendre une ampleur tout autre et le temps dégagé pour l’accompagnement d’un véritable CRM va me permettre de me concentrer davantage sur les aspects stratégiques de mes missions.

    Être dans le bonus

    Les clubs professionnels se structurent et se staffent de plus en plus et une évolution au sein de ces derniers est bien plus envisageable qu’il y a quelques années. Il n’est plus rare de trouver à minima un manager général, un responsable communication et marketing et un responsable billetterie en leur sein. Aussi, de nouveaux métiers émergent dans ce secteur : Stadium Manager, Responsable Evénementiel, Data Analyst… autant d’opportunités qu’Edgar a le temps de voir se profiler au cours de sa carrière.

    Quels sont tes projets d’avenir ?

    A court terme je souhaite remplir les objectifs fixés par le Nantes Basket Hermine, ce serait une véritable fierté personnelle. Pour l’avenir, je m’intéresse beaucoup au métier de Customer Relationship Manager. Les grands clubs disposant d’un gros pôle digital & CRM en sont pourvus. Je pense notamment à l’AS Monaco, l’OL ou le PSG. Sinon, j’adorerais pouvoir piloter la stratégie CRM d’un club. C’est un domaine qui me passionne et qui fut d’ailleurs l’objet de mon mémoire de fin d’études.
    Propos recueillis par Candice Lachal, chargée de communication, AMOS Nantes

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