• Escalade olympique ? Jeux tous publics !

    Escalade olympique ? Jeux tous publics !
    Dans la saga sportive de l’escalade admise aux JO de Tokyo 2020 on demande les pionniers français qui, avec d’autres, ont su oser une vision anticipatrice de ce sport en l’ouvrant à tous les publics. Il s’agit ici de deux figures entrepreneuriales, Alain LAPIERRE centralien et François PETIT, ingénieur ce dernier ayant été trois fois champion du monde en 1995, 1997 et 1999 de cette discipline, excusez du peu ! Le dossier de candidature de la FFME ayant été en partie préparé et finalisé par Jérôme MEYER Directeur de la Fédération Internationale, lui- même ex champion du monde venu présenter aux étudiants d’AMOS le processus et le dossier validés par le CIO. 



    CLIMB-UP : premier groupe dans le monde à avoir plus de 15 salles

     « Dès les JO d’hiver d’Albertville en 1992 l’idée de l’escalade olympique était dans l’air » se souvient Francois PETIT originaire de ce terroirEt sentant les évolutions il va devenir le créateur et le patron de Climb’Up, premier groupe à avoir plus de 15 salles dans le monde à ce jour et avec 25 au total dans le viseur d’ici la fin 2019 ! Mais Climb’Up n’est pas né de rien. C’est le prolongement et l’extension hors normes de « Mur Mur » la plus grande salle d’escalade de France située à Lyon créée par Alain LAPIERRECe dernier par contre ne venait pas du milieu ayant découvert la grimpe à Fontainebleau pour en devenir un passionné, larguant job et domicile en capitale pour investir dans une friche, y vivre…. et fort heureusement y réussir ! L’aventure de ces deux entrepreneurs est l’illustration en raccourci des mutations sportives et sociétales qui sont à l’œuvre et dont l’intronisation olympique n’est qu’un des nombreux effets du succès du « business tous publics » dans le sport. Cette aventure  révèle  un cercle vertueux composé d’une discipline, d’une éducation et du commerce comme en témoigne Alain LAPIERRE : « Mon parcours a été quelque peu atypique. Issu de l’Ecole Centrale de Paris en 1975, après une vingtaine d’années dans de grandes entreprises, la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts puis celle de la SNCF, et enfin le groupe informatique Bull où j’y ai terminé ma carrière « grands groupes », pour me lancer, à 45 ans, dans l’aventure de la création d’entreprise. Et c’est ainsi que j’ai créé en 1997, à Lyon, la salle d’escalade Mur Mur, renommée désormais Climb Up Lyon, que j’ai dirigée pendant presque quinze ans. L’essentiel du marché se situe bien du côté de la consommation active. Car dans le secteur des sports-loisirs, ce sont bien les petites et moyennes organisations qui créent la vraie activité économique du sport ! »   
    « On veut casser les codes… pour que les gens puissent vivre l’épreuve de façon active, pareil pour le marathon public. L’idée est d’ouvrir le maximum de sports. Parfois pour de vraies épreuves parfois pour des initiations. Notre nom de code c’est « Open days »  Tony Estanguet, Président du COJO Paris 2024 - Le Journal du Dimanche , 23 juin 2019 

    Le nouveau modèle économique du sport pour tous les publics 

    Quelle est la place des opérateurs privés ? 

    Alain LAPIERRE : « Elle est centrale ! Pourquoi ? Parce que Les opérateurs privés peuvent répondre à de multiples besoins non couverts par les collectivités publiques. Regardez ce qui se passe autour de l’escalade, du foot en salle, et maintenant du basket ou encore du padel. De nouveaux acteurs ont compris tout l’intérêt de marier sport et commerce au bénéfice de leur clientèle. C’est le cas par exemple de Decathlon qui déploie ses villages sportifs autour de ses magasins. C’est ce qui se passe depuis plus de 20 ans dans l’établissement que j’ai créé dans le domaine de « L’escalade pour tous ». Savez-vous que depuis l’origine, Climb up Lyon que dirige François PETIT est entièrement financée et gérée sur fonds privés accueille toutes les catégories de publics, scolaire, associatif, enfants, adultes, comités d’entreprise, groupe d’amis, handicapés, etc.., etc… Et ce modèle est parfaitement reproductible dans moult activités physiques et sportives, et il y en a … entre 250 et 335 différentes ! »    

    Comment s’est mise en œuvre cette success story de l’escalade avec Climb’Up ? 

    François PETIT : « Ce développement s’est construit sur l’engouement incroyable autour de l’escalade qui ne cesse de progresser dans nos sociétés et ensuite sur la cible « tous publics » que nous avons privilégiée dès le début, ce qu’avait déjà entrepris Alain LAPIERRE à qui j’ai racheté la salle Mur Mur. Ensuite il est désormais prouvé que les modèles d’équipements qui conjuguent à la fois l’ouverture à tous les publics et 7j/7J en offrant un plateau de multi activités sont la réponse adaptée à la demande mais aussi aux exigences financières pour se développer. » 



    Mais vous ne faites que de l’escalade ? 

    François PETIT : « En terme sportif parce que les contraintes spatiales sont déterminantes, occupant toutes les dimensions physiques de l’espace. Notre politique privilégiant les grandes salles de voies est un facteur décisif dans notre progressionMais nous intégrons de plus en plus d’autres activitésDifférents publics comme les valides et les handicapés cohabitent aussi sans aucun souci. La présence des scolaires est essentielle. Elle est même une marque de fabrique de notre philosophie car le loisir sportif ne doit pas oublier les jeunes surtout dans leur apprentissage éducatif. »  

    Où sont situées vos salles en France ? 

    François PETIT : « Dans tout l’hexagone ! Dans les grandes agglomérations avec plusieurs salles le plus souvent  comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux mais aussi dans des villes moyennes, comme Brest depuis Mars, Angers en septembre, Aubagne, Dijon, Orléans ou encore à Bouc Bel Air entre Aix-En-Provence et Marseille dans le village DECATHLON où nous offrons l’escalade aux côtés d’opérateurs indépendants qui proposent du futsall, du SPA, des Parcours Aventure dans les arbres, etc...sur des terrains que DECATHLON loue ou vend autour de son  magasin. Nos salles accueillent toutes les 3 activités de base de l’escalade ; blocs, Fun Climbing ( enfants) et les voies. De plus notre recrutement se féminise et nous affichons un pourcentage de 48% ! Nous aspirons souvent la clientèle des petits équipements mono activités car nous sommes attractifs.  en complétant notre gamme d’activités avec de la restauration rapide basée sur les producteurs bio locaux. Et enfin il faut le rappeler nous créons des emplois :  A ce jour nous avons 240 salariés à Climb’Up crée seulement en 2011…. Avec des compétences de haute volée venues de grands groupes comme DRH ou DAF notamment. »


    Climb'Up Bordeaux

    Et l’étranger est-il dans votre stratégie ? 

    François PETIT : « Absolument ! Outre les « mariages » locaux territoriaux contractés en France avec d’autres acteurs de ce sport que ce soit à Lyon Confluence ou à Nancy, Climb’Up se tourne vers l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la Suisse nos voisins frontaliers. Notre objectif est de 100 salles en 2025 en France et dans le monde ! Notre plan de marche est en avance. La transformation des équipements sportifs uniquement dédiés à la compétition permet non seulement l’accueil des pratiquants autonomes sans exclure les licenciés, mais ce qui sous-tend cette dynamique réside dans la fonction de lieu de vie, de sociabilité, de loisirs et de moments de partage. L’escalade est une activité qui fédère et se pratique en solitaire comme sur le mode solidaire ! »

    Alain LAPIERRE apporte le mot de conclusion sur l’impact en termes d’emplois créés par le sport pour tous les publics : « Son impact est considérable ! Dans le champ spécifique du « sport pour tous les publics», je l’ai évalué, bien sûr dans le cadre d’un plan de renouvellement du paysage sportif français des infrastructures sports-loisirs, à environ 200 000 emplois en 20 ans. C’est considérable je le répète ! C’est un véritable changement de logiciel qui est ainsi proposé dans le Paysage Sportif Français. »  
    Propos recueillis par Alain Arvin-Bérod, directeur académique, AMOS Sport Business School  

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