• Interview : Fanny Quenot (MBS 1), Athlète semi-professionnelle spé. Sprint/Haies

    Interview : Fanny Quenot (MBS 1), Athlète semi-professionnelle spé. Sprint/Haies
    " Passer d’une vie de sportif à une vie professionnelle, c’est un cap ! "

    Interview réalisée par Charline Dayaux (MBS 1) pour Center Coachs

    Fanny, Bonjour, dans un premier temps, pourrais-tu nous parler un peu plus de toi afin que nos abonnés te connaissent mieux ?

    Bonjour à tous, sur le plan sportif j’ai débuté sérieusement l’athlétisme il y a trois ans. J’ai toujours aimé ce sport et j’en ai pratiqué durant mon enfance depuis l’âge de 7 ans. J’ai dû m’arrêter à contre cœur à l’âge de 13 ans  pour des raisons familiales.

     

    J’ai toujours aimé le sprint et je me suis vite prise au jeu sur les haies grâce à mon coach Thomas VERRO qui m’a formé, proposé d’essayer un 100 mètres Haies lors d’un meeting il y a deux ans et qui m’a fait progresser sur cette discipline. Depuis, nous avons décidé de faire cette discipline ma spécialité (100 mètres Haies et 60mètres haies en salle). Aujourd’hui, j’ai un niveau national 2, je suis licenciée au club de Lyon Athlétisme et je m’entraine à Paris au Club du Stade Français avec Alain ELIE à qui je dois aussi ma progression ».

     

    A quelles compétitions peux-tu accéder avec ton niveau  National 2 ?

    Avec mon niveau actuel (N2), je peux participer aux championnats de France Nationaux, aux compétitions départementales, régionales et à certains meeting Nationaux/Internationaux si j’atteins les minimas requis. Mon objectif de cette saison estivale est de faire un podium aux Championnats de France Nationaux, et réaliser un record personnel sur le 100 mètres haies.  Bien sûre, si j’arrive à faire les minimas pour les Championnats de France Elite, ce serait encore mieux.

     

    Ton objectif est donc à long terme d’accéder aux Championnats de France Elite et monter sur le podium des Championnats de France en Nationaux, comment prépares-tu cette compétition ?

    C’est mon objectif à long terme, je n’y suis pas encore mais je travaille beaucoup pour y arriver. Déjà pour cette saison, j’intensifie mes entrainements notamment en technique et en musculation, je suis à 6 entrainements par semaine, je me donne à fond pour pouvoir accéder à ces compétitions.

     

    Comment gères-tu le rythme entre les entrainements et l’école ?

    C’est vrai qu’il n’est pas facile d’allier les deux, je suis fatiguée le soir, mais il y a pire comme ceux qui par exemple restent debout toute la journée et vont s’entrainer après. Il faut avoir du mental à l’entrainement et savoir resté concentré. 

     

    Pour toi, qu’elle est la place du « mental » dans l’athlétisme ?

    Je dirais que le mental prend une place majoritaire, c’est bien d’avoir le physique mais le mental est indéniable. Le mental c’est 80% de place dans l’athlétisme. Il faut en avoir autant pour les entrainements après une journée de travail qu’en compétition pour rester concentré, dégager la pression, penser positif, être prêt dans les starting block, et se mettre dans sa bulle. Dans la course on est seule ! Je pense donc qu’il tient une place importante dans l’athlétisme mais aussi dans les autres sports.

     

    As-tu déjà eu recours à de la préparation mentale ?

    Non, je n’y ai jamais eu recours, ça ne fait que trois ans que je pratique sérieusement l’athlétisme mais je pense qu’elle pourrait m’apporter une confiance en moi, une meilleure gestion de mon stress et arriver à reproduire les techniques de course que je fais à l’entrainement lors des compétitions.

     

    Est-ce que tu serais prête à mettre en place ce type de préparation en complément de ta préparation physique ?

    Oui, cela me plairait bien car il m’arrive d’avoir du stress qui me fait perdre mes moyens. Ça m’est déjà arrivé de me déconcentrer en pleine course, et le chrono n’était pas terrible à la fin, ou ne pas réussir à manger le matin de compétition à cause du stress. La préparation mentale pourrait m’aider à combattre ces parasites, il faudrait essayer ! 

     

    Penses-tu que la préparation mentale est réservée aux sportifs de haut niveau, ou peut-elle être bénéfique également pour les sportifs en général, amateurs de compétition ?

    Je pense que pour les sportifs professionnels, c’est indéniable, ils doivent faire face aux médias, ils ont des enjeux par rapport aux sponsors. Le sport est leur métier, ils ont encore plus la pression du résultat, ils vivent H24 avec le sport. Ils ont donc besoin de la préparation mentale pour gérer les entrainements matins et soirs, et les grandes compétitions internationales.

     

    Je pense que pour les amateurs, ça pourrait être utile, beaucoup moins que les sportifs de haut niveau mais ils sont parfois en recherche de performance même si le sport n’est pas leur métier, c’est un plaisir, une passion et ils ont quand besoin de gérer leur stress lors des évènements sportifs auxquels ils participent, après ça dépend vraiment de la discipline et des objectifs ».

     

    Que penses-tu d’une préparation mentale pour les étudiants et les personnes en reconversion professionnelle notamment les sportifs en fin de carrière ?

    Je pense qu’elle est intéressante pour tous car on a tous des domaines où l’on rencontre des difficultés. Les étudiants ont parfois des soutenances orales ou autres, tout le monde n’est pas à l’aise à l’oral, certains étudiants ont besoin de préparation avant les examens.

     

    Les personnes en reconversion professionnelle sont des personnes qui changent de vie, elles peuvent perdre confiance en elles, douter de leurs compétences donc cela peut être intéressant aussi. Ce n’est pas facile mentalement pour tous de se reconvertir professionnellement.

     

    Pour les sportifs en fin de carrière, c’est difficile de se dire que l’on vieillit, et que l’on ne peut plus performer comme avant. C’est aussi difficile de changer de mode de vie, passer d’une vie de sportif à une vie professionnelle, c’est un cap !

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