• L’e- sport fait société

    L’e- sport fait société
    A l’époque où régnaient le babyfoot et le flipper dans les campus français, quelques étudiants de Stanford fuyant l’ennui imaginèrent un jeu de 1 contre 1 à l’ordinateur dont le vainqueur gagnait un abonnement annuel à la revue « Rolling Stones »…. Nous étions en 1972 :  Nicolas Zaimeche n’était pas né et encore moins Théo Ropartz. Le prix décerné aux lauréats suivants à Stanford a vite atteint des sommets avec la première Ferrari offerte quelques années plus tard. L’e-sport sortait des limbes et entrait dans les salles d’arcades qui allaient céder leur trône aux consoles de jeux : Games of Thrones débarquait dans le réel avant le virtuel ! Aujourd’hui Nicolas, consultant digital à 29 ans après avoir été infirmier, gendarme et vendeur, armé de son bachelor à LDLC enseigne l’e-sport à AMOS Lyon quand Théo l’étudiant lillois en M1 suit sa formation de manager dans le campus du même groupe. Les deux ont choisi l’e-sport comme domaine de prédilection : l’un pour l’enseigner et l’autre pour le développer. Les deux ont été ou sont des gamers impénitents. Car désormais personne n’échappera à la vague déferlante de ce nouveau sport qui progresse en s’inspirant de l’ancien et de la mythologie…

           
    Nicolas Zaimeche, Consultant digital          Théo Ropart, Étudiant lillois en M1

    Pourquoi dites vous Nicolas que l’e-sport apprend du sport classique ?


    NICOLAS : « Parce que les  évolutions rapides  du e-sport trouvent  avec l’architecture du sport historique la structuration qui lui faisait défaut depuis ses origines malgré ou à cause de ses bonds spectaculaires dans les audiences. Entre les Twin Galaxies des années 80 relayées par  Nintendo déplaçant sa Coupe du Monde aux USA pour gagner le marché US et la création de l’IeSF, la 1 ére fédération internationale d’e-sport réunissant 47 pays dont la France, nous assistons au rapprochement des deux univers avec comme  référence, la gouvernance sportive institutionnelle et l’essor du professionnalisme. Ce qui est une évolution normale non seulement parce que le mot générique est le même mais surtout parce que le paradigme de la compétition sportive a fait ses preuves sur toute la planète depuis plus d’un siècle et notamment en se diversifiant dans ses publics et ses standards. Cela ne signifie pas pour autant que l’e-sport sera aux JOP de Paris 2024 mais le mouvement de fond converge de plus en plus  depuis les pionniers de Stanford. »

    THEO : « Ma passion du e-sport a commencé  à 14 ans avec la  découverte les jeux de guerre en même temps que je faisais du tennis, de la natation ou du water polo. Pour moi les deux ont beaucoup de ressemblances. Ma passsion pour les deux m’a conduit à  créer deux structures dans l’e-sport avec des associés, Axel Bronchart et Valentin Dondainas déjà diplômés : une association « Akademus Esport » et une SARL «  Elysium », l’une plus sportive  en charge de coacher et de manager des gamers et l’autre plutôt dédiée aux évènements dans l’e-sport. J’ai choisi des références mythologiques qui sont d’ailleurs communes au sport classique et au sport numérique avec un clin d’œil à l’Académie de Platon comme à Akademos un demi-dieu. »

    NICOLAS : « L’orientation de Théo est en phase avec la croissance de l’e-sport qui explose relayée par des chaines TV comme ESPN. En Europe, depuis les années 2000 l’ESWC ( electronic world cup) a été créée et lancé au FUTUROSCOPE avec 156.000 € de prix. Cet essor concerne  l’univers des jeux vidéos bien sûr mais également les sphères gouvernementales, comme en Corée par exemple, terre de stars et d’explosion du phénomène qui participe au pilotage de cette économie prometteuse.  Le futur du rapprochement des deux univers, e-sport et institutions fédérales se dessine même déjà aujourd’hui avec d’une part France qui travaille au développement de l’esport en France et d’autre part avec le partenariat signé entre un leader comme LDLC et le club de l’OL qui a bien vu que les sponsors de toute nature étaient intéressés par l’e-sport et la réalité virtuelle : tels Renault et Louis Vuitton, excusez du peu !   »

    THEO « C’est que je constate modestement de mon côté avec les prestations que nous assurons auprès de groupes de 45 salariés de 40 ans et plus.. sur le gaming et la League of Legends :  à GRDF ou encore à Leroy Merlin  les personnels sont totalement séduits par cet univers imaginaire et ludique. Notre but étant de parvenir à collecter des fonds à « Elysium » à une hauteur de 150.000 € pour organiser notre propre évènement fondateur ! »

    NICOLAS « Avec des jeunes de moins de 30  ans qui coachent entre autres leurs aînés on mesure à quel point l’e-sport fait société en gagnant des publics féminins comme dans le sport historique.»

    THEO « Nous sommes d’ailleurs en cours de constitution d’une équipe féminine sur « League of Legends » avec 4 recrues engagées sur l’objectif de 5 pour finir dans le Top 1 ou 2 des classements. »

     
    Propos recueillis par Alain Arvin-Bérod, Directeur Académique AMOS

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