• L’entrepreneur du rebond : du fitness au trampoline

    L’entrepreneur du rebond : du fitness au trampoline
    D’après une étude réalisée en 2018, la France est le 2e pays européen avec 3,8 millions d’entreprises dans les secteurs marchands non agricoles dont 1,1 millions de micro-entrepreneurs. L’entrepreneuriat se porte bien puisque 591 000 entreprises ont été crées en 2017, soit 6,7 % de plus qu’en 2016, la plus forte hausse depuis 2010 ! A Rennes, cette dynamique se retrouve notamment dans le monde du sport.

    Ancien footballeur amateur et adepte de course à pied, le rennais Jean-Luc THOMAS est un passionné de sport. En août 2019, il a lancé Upper Avenue, un parc géant dédié au trampoline, à Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes. Il propose 13 types d'activités différents comme du Dodge Ball, un goal foot ou bien une Dunk Zone pour les acharnés de basket. Cet entrepreneur n’en n’est pas à son coup d’essai. Dès 2002, il s’installe en tant que franchisé en plein centre de Rennes sous l’enseigne MOVING. Ses prédécesseurs avaient perdu de l’argent en exploitant chaque année pendant 7 ans et lui a réussi à en gagner dès la première année. La recette : quelques travaux, une refonte des équipes et une nouvelle politique commerciale. Il se détache de MOVING en 2005 et crée sa propre enseigne indépendante, toujours dans l’univers fitness, le 36 BOULEVARD. Il décide d’opter pour un positionnement haut de gamme (abonnement à 60 €/mois) avec des locaux super bien entretenus et ça marche. Entre 2002 et 2009, il triple le nombre de clients passant de 1130 adhérents à environ 3000. Il décide de réinvestir 1 millions d’euros en 2009 pour faire une refonte complète du club. En parallèle, pour faire face à l’émergence des salles low cost, il décide d’ouvrir un second établissement dans la zone commerciale des Longs Champs au Nord de Rennes, FORMSTATION.

    Le hasard fait bien les choses !


    Il revend ses 2 clubs à la franchise FITNESS PARK à l’été 2018. Mais pourquoi ? « En tombant par hasard sur une émission TV en 2014, j’ai découvert qu’un nouveau concept de loisir apparu dans les pays anglo-saxons, celui de Trampoline Park. Je recherchais un nouveau projet. Je me suis énormément documenté sur le sujet et je me suis rendu compte que cette activité était développée depuis une quinzaine d’année aux Etats-Unis, et depuis 7-8 ans en Angleterre et que cela fonctionnait plutôt bien. En Europe du Nord, le secteur commençait à bien bouger également. En France, il y en avait peu (Toulouse, Bordeaux, Lyon, Lille). Je suis allé les visiter ainsi que plusieurs en Grande-Bretagne, notamment dans la ville de Manchester où il y en a 6. J’ai foncé car j’ai senti qu’il y avait une réelle opportunité à saisir. Aujourd’hui, il y en a une cinquantaine en France et d’ici 2 ans ce chiffre aura doublé. » Déjà en 2002, il s’était lancé un peu par hasard dans sport business. En effet, Il avait commencé sa carrière professionnelle dans le secteur agricole puis dans la grande distribution alimentaire et enfin dans le monde du jouet. « J’ai été commercial chez Legow, puis pour la société Dujardin et enfin chez TF1 où je commercialisais les jeux de société des grandes émissions TV comme La Roue de la Fortune ou bien la Star Ac. » Cependant, la fibre entrepreneuriale se fait sentir. Il souhaite lancer son propre magasin de jouets dans la capitale bretonne. Un projet émerge mais la banque ne le suit pas. Il cherche donc un autre projet et tombe un peu par hasard dans le Fitness. « Des connaissances dans l’immobilier m’ont parlé d’investir dans une salle de sport. Même si je suis sportif, ça ne m’a pas emballé au départ.  Mais faute de projets intéressants, je l’ai étudié de plus près et je me suis rendu compte qu’en France et à Rennes notamment, on était au début de ce concept, donc je me suis lancé car j’ai senti qu’il y avait un véritable potentiel. »

    Le plaisir n’a pas de prix !


    En 2016, Jean-Luc Thomas se lance donc dans la recherche de locaux mais en vain. Puis, il entend parler d’un projet de création de zone commerciale dans le sud de l’agglomération rennaise avec l’implantation d’une grande chaîne de distribution alimentaire, un bowling et un Cinéville qui vise les 1 000 entrées quotidiennes. L’opportunité est trop belle ! Il se positionne et décide d’acheter un terrain et de faire construire sa propre salle selon ses propres exigences. Aujourd’hui, la clientèle bénéficie de 2 400 m2 au sol pour s’adonner au plaisir du trampoline et de 300 m2 de mezzanine pour se désaltérer au bar, ce qui le fait rentrer dans les 20 % des plus grands Trampolines Park de l’hexagone. Son business model repose sur une offre de loisir simple : il s’agit de l’achat d’une heure de trampolines (13 €) qui séduit à la fois jeunes et grands. La cible est donc familiale. Pour Jean-Luc Thomas, il y a une émulation de la demande au niveau du loisir sportif : « Je constate que les gens ne comptent pas pour se faire plaisir. Je l’avais déjà constaté dans le domaine du jouet. Certains jouets étaient vendus à un prix élevé mais les parents ne se privaient pas pour leurs enfants, mais plutôt pour eux. Dans les loisirs c’est pareil : une heure de trampoline c’est 13 euros ce qui n’est pas donné, mais c’est très rare que les gens trouvent ça cher. Les gens dépensent énormément dans les loisirs. »

    L’entrepreneuriat ? Un sport pour tous !


    Jean-Luc Thomas a développé son goût pour l’entrepreneuriat grâce à ses proches : « J’avais dans mon entourage des personnes qui se sont beaucoup exprimées professionnellement, qui ont bien réussies, et qui m’ont donné envie d’entreprendre. Je n’avais pas forcément l’envie de m’enrichir mais plutôt mais l’envie de lancer quelque chose. » Pour lui, il y a de belles choses à faire aujourd’hui dans le bassin rennais. « A mon sens, il y a plus d’opportunités pour les jeunes aujourd’hui grâce à l’informatique, les réseaux sociaux... Car ça demande moins de financement en termes de communication. Il faut être très novateur, avoir l’idée, être bosseur, avoir les bonnes relations, les bons réseaux. A l’échelle locale, Rennes est en plein développement, c’est une des villes françaises les plus dynamiques où il est intéressant d’investir, d’avoir des projets car la population est particulièrement jeune. » Il nuance toutefois par rapport à des projets comme le sien. « Pour Upper Avenue, j’ai décidé d’acheter un terrain et de faire construire mon propre local ce qui coûte plusieurs millions d’euros. C’est un projet qui n’est pas accessible à des jeunes qui sortent de l’école. » Lorsqu’on lui demande quels conseils il donnerait à un jeune entrepreneur, la réponse est claire : « Avoir une très forte motivation, croire dans ses projets, aller au bout sans se mettre en danger financièrement ou pas trop. Lancer des projets et ne pas avoir peur de l’échec car en France l’échec est mal perçu alors que dans des pays comme les Etats-Unis, l’échec n’est pas un problème bien au contraire. Il faut s’entourer, ne pas avoir peur de prendre conseil auprès de gens d’expérience mais aussi de sociétés (ça coute de l’argent mais c’est globalement très bon retour sur investissement), auprès de gens qui ont la compétence dans des domaines bien précis comme des experts-comptables, les banques, ou bien dans des domaines plus techniques. Un chef d’entreprise c’est un chef d’orchestre. Il doit avoir les bons musiciens à diriger autour de lui pour obtenir la meilleure musique à la fin. »


    Jean-Luc Thomas, fondateur d’Upper Avenue – Trampoline Park.






     

     

     
    Propos recueillis par Tony Rolland, Chargé de communication et développement d'AMOS Rennes

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