• L'expertise métier ? Un talent dans le sport...aussi (2/2)

    L'expertise métier ? Un talent dans le sport...aussi (2/2)
    Aurélien Flacassier a toujours cru en ses rêves, dont celui d’œuvrer dans le sport. Et il a su s’en rapprocher à force de conviction et de travail pour devenir un expert dans le recrutement : dans et par le sport dès le commencement. Ainsi le basket a bercé son enfance aux côtés de son grand père à Limoges, ville de province devenue capitale européenne grâce au Limoges Cercle Saint-Pierre (CSP) du patronage de la paroisse Saint-Pierre du Queyroix. Car ce club limougeaud venu de nulle part a simplement raflé au nez et à la barbe des clubs espagnols ou italiens les plus huppés du haut du panier l’unique titre continental pour la France. En effet c’est en 1993 que l’apothéose survient à Athènes avec le titre de Champion d’Europe. Limoges entre alors dans le panthéon du sport français et européen avec la génération de Boja Maljkovic. Les Richard Dacoury et autres André Buffière, Michel Gomez, Bozidar Maljkovic, Jean- Michel Senegal, Stéphane Ostrowski, Yann Bonato, Ed Murphy, Don Collins, Michael Young ou encore Marcus Brown ont bâti sa légende. Aurélien Flacassier inspiré autant par ces performances hors normes que par son goût pour le sport business va vite gravir les échelons pour diriger aujourd’hui une référence dans les agences de recrutement, COMPÉTENCES PHENIX dont il nous dévoile quelques pans de sa stratégie.

    Comment arrive-t-on à la tête d’une Agence comme PHENIX ?

    En travaillant (sourire) mais plus sérieusement en jouant à fond les challenges qui s’offrent à vous. Issu d’une école de commerce (management loisirs et culture) j’ai d’abord failli arrêter mes études parce que mon autre club de cœur, les Girondins de Bordeaux, que je soutiens contre vents et marées, m’avait contacté en urgence pour faire un stage étant étudiant à ... Rennes. J’étais alors en troisième année et j’ai mené de front les deux activités car mes parents m’ont toujours encouragé à faire ce que je désirais sans porter de jugement mais à la seule condition de le faire à fond. Entre le magazine et le site Internet des Girondins c’était le cas : je me suis retrouvé investi avec la confiance du club à faire des articles & des photos aussi en étant un peu au four et au moulin, mais quelle formation en accélérée ! J’ai débuté ensuite chez Havas Sport mon premier CDI comme chef de projet digital, une expérience très riche pour mon parcours. J’y ai rencontré le plein de talents et j’ai noué des liens forts qui fondent mon réseau actuel. Dans ce début de carrière j’ai eu aussi la chance de vivre l’arrivée du digital et de pénétrer un univers sportif et économique qui dépasse celui des équipementiers préférant pour ma part les contenus (le brand content) et la communication digitale. Entre Havas et PHENIX je me suis accompli chez La FOURMI une agence de communication sport dédiée au développement des audiences et des revenus pour les ayant droits, les organisateurs d’évènements et les marques. J’y étais responsable du social media et du new biz.

    Justement quelles réflexions vous inspire cet univers du sport ?

    J’ai une vision qui est forcément en lien avec mon parcours et qui m’a mis surtout en contact avec des ayants droits, des équipementiers, des acteurs influents comme la BNP, la FDJ, Orange mais aussi des clubs et des fédérations. J’ai une vision globale du marché. Ce que je constate à ce jour a trait à l’évolution du milieu qui cherche à se professionnaliser et je me permets de dire, au vu de ma modeste expérience, qu’il en a grand besoin. En effet, ce monde fédéral (celui des ayant droits : fédérations, clubs etc) vit encore en vase clos et doit se nourrir de talents venus de l’expertise métier et non pas exclusivement de personnes issues de la famille du sport. A part le PSG et quelques clubs de Ligue 1 Conforama dans le football peu de clubs recourent à des compétences pointues dans la communication, développent une stratégie de marque clairement définie et marketing, nomment un véritable DG et des directeurs marketing qui ne viennent pas obligatoirement du sport. Les talents métiers sont indispensables à la professionnalisation recherchée. La tendance actuelle demeure encore celle du recrutement entre connaissances dans le même biotope je serais tenté de dire...Notre cabinet COMPETENCES PHENIX par contre construit sa croissance précisément sur la détection d’expertise métiers car le business du sport est plus grand que le sport lui-même ! Des marques de prestige l’ont compris comme Red Bull, Puma et bien d’autres. Les clubs professionnels ont besoin de ne pas être dépendants des seuls résultats, je le vois à Bordeaux qui n’a pas encore atteint ses objectifs sportifs et qui en pâtit sur le plan de l’affluence aux matches et donc de ses finances comme pour son image de marque.... Même si le sportif reste clé, les clubs doivent se moderniser, élargir leur public, le fidéliser pour lui donner l’envie de venir au stade et d’y revenir...la professionnalisation nécessaire concerne dans mon secteur en premier lieu le digital car la communication est devenue essentiellement digitale : les panneaux 4X3 c’est fini ! Ce sont des postes de head of digital, de brand content manager, de stadium manager, qui se créent car les outils et canaux de communication sont exponentiels et évoluent en permanence. Le recours aux réseaux sociaux est devenu clé pour les échanges avec les supporters. Les journalistes eux-mêmes évoluent et doivent ajouter une bonne animation social media à leur panoplie. Désormais il s’agit plus d’internaliser ces fonctions que de recourir systématiquement à des agences. Le métier de digital producer est en plein essor.

    Le CRM commence à se faire une place chez les ayant droits par exemple quand les grandes enseignes le pratiquent depuis longtemps...Les nouvelles façons de consommer le sport, l’apparition de la réalité virtuelle, les nouvelles technologies mettent le focus sur les contenus etc...Il y a un écart incroyable entre les pratiques des clubs français et les anglais. Je le vois avec les Girondins et l’arrivée de Frédéric Longuépée le confirme. Il arrive tout droit du PSG (numéro 3 du Board) et du comité des JOP de Paris 2024 pour apporter une expertise reconnue. Désormais Bordeaux a un objectif européen et a compris qu’il y avait des gaps à franchir pour entrer dans le cercle fermé des grands d’Europe. Ils se sont mis de suite à recruter un expert digital et développer ce média quand Manchester United compte un département de 60 personnes dans ce secteur ! Mais l’essentiel est d’amorcer ce virage.

    L’avenir de PHENIX se trouve où en 2019 ?

    Du côté des agences avec lesquelles je travaille et qui illustrent mes propos. Le recrutement est une histoire de réseau. Nous avons donc décidé d’organiser des soirées 109network permettant de faire rencontrer les décideurs du sport / loisirs/ entertainment à des prestataires innovants. Ca cartonne !  Nous investissons aussi dans des nouveaux territoires (paris sportifs, gaming au sens large, l’e-Sport etc) et nous ouvrons ainsi une agence sur Lyon, région dynamique et innovante. Nous nous sommes ouverts à des marques qui utilisent le sport comme levier de communication comme Axa, la FDJ, avec Parions Sport pour des postes dans le sponsoring et des talents digitaux. Mais aussi dans les loisirs comme avec le « Club Med » et plus innovant encore avec Casino Barrière pour son offre de casino on line. Nous visons aussi les starts-up et ce au- delà du sport, type Lalalab mais aussi, Gymlib. Nous rencontrons aussi les acteurs du gaming type Ubisoft, mais aussi les organisateurs d’événements comme ASO et Reed-Midem. Notre expertise s’enrichit avec ces clients et nous apprenons à les connaître sans parler que sport. Le secteur du poker avec l’ouverture des clubs de jeux dans Paris refait une entrée. L’e-Sport promet aussi beaucoup et nous échangerons avec les acteurs clés du domaine. Ce sont des secteurs économiques en développement que je cite mais l’univers du sport n’est pas assez ouvert à ce jour pour recruter des talents qui ne viennent pas du sérail ! Il lui faut du « sang neuf » et tous ces talents que nous rencontrons pour nos recrutements sont partants car je pense que former aux métiers du sport comme c'est votre vocation à AMOS passe aussi par cette diversification avec certainement de nouveaux débouchés pour vos étudiants.






    Dîner 109 network regroupant 20 directeur(rice)s communication des top marques sponsors du sport





    Propos recueillis par Alain Arvin-Bérod, directeur académique AMOS Sport Business School

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