• Lionel Roux : « L’Open Sopra Steria, un révélateur de talents ! »

    Lionel Roux : « L’Open Sopra Steria, un révélateur de talents ! »
    Ancien joueur de tennis professionnel de 1991 à 2003, Lionel Roux a trusté le classement des 50 meilleurs joueurs mondiaux et a affronté Boris Becker, Bjorn Borg, Pete Sampras, Jim Courier et bien d’autres. Ce sportif lyonnais est désormais dirigeant et co-fondateur du tournoi de tennis Open Sopra Steria depuis 2016 avec Benoit Dupré, co-fondateur de la société I-Way. Ce tournoi ATP 100 se déroulera du 10 au 16 juin 2019 au Tennis Club de Lyon.

    Nous avons rencontré ce champion de tennis et ex-entraîneur de l’Equipe de France de Coupe Davis pour évoquer son parcours, le tournoi international Open Sopra Steria, son positionnement sur le territoire et le partenariat mis en place avec AMOS sur les trois prochaines années. Entretien.

    Pouvez-vous revenir sur votre parcours de joueur professionnel ?

    « J’ai été pendant une dizaine d’années parmi les 50 meilleurs joueurs mondiaux. Je suis lyonnais d’origine et je suis parti sur le circuit assez tôt, à l’âge de 17 ans. J’ai participé à tous les tournois internationaux, j’ai beaucoup voyagé. J’ai eu la chance de jouer la coupe Davis avec Yannick Noah comme capitaine. »

    Quel est votre meilleur souvenir ?

    « Cela peut paraître paradoxal car il s’agit d’une défaite chez moi à Lyon (au Palais des Sports) contre Jim Courier qui était numéro 1 mondial. Les quarts de finale étaient un vendredi soir, le match s’est fini vers 1h du matin, je perds 7-6 au troisième set dans un match de folie avec une excellente ambiance à la fin. Même s’il s’agit d’une défaite, nous avons rarement l’occasion de partager notre passion avec nos amis et notre famille. J’ai vécu ce moment de frissons avec les gens que j’aimais et qui m’ont aidé à arriver à ce niveau-là, mon entraîneur etc. C’était un plaisir de partager ce match intense avec eux. »

    Quel est votre pire souvenir ?

    « J’aime bien cette expression que Gaël Monfils m’avait dit lorsque j’étais entraîneur de l’Equipe de France, je trouve que c’est exactement ce que j’avais ressenti lors de ma défaite en Coupe Davis lorsque j’avais perdu le match en 1997 contre la Belgique au dernier point décisif : « Il est beau le maillot France, il est tellement beau mais il est tellement dur à porter. On est dans un sport individuel, on se retrouve sur un terrain à combattre en équipe, avec du public, les co-équipiers et le capitaine sur le bord du terrain. Cette fois-ci, on joue pour la France. C’est à la fois grisant mais c’est très stressant et lourd. C’est une grande déception en tant que joueur mais cela reste un bon souvenir d’avoir représenté son pays. »

    Quel match vous a le plus marqué ?

    « Il y en a deux. J’ai eu la chance de commenter la génération Federer/Nadal. J’ai commenté quelques matchs mythiques notamment celui de Wimbledon où c’est Nadal qui gagne et celui où Federer gagne alors qu’il avait été blessé pendant 6 mois et bat Nadal en 5 sets à Melbourne. Ce sont des grands champions qui nous font ressortir des émotions, des frissons. Même après 5h de match, nous n’avons pas envie que cela se termine. Ils représentent au mieux notre sport, le tennis. Ce sont aussi des ambassadeurs du sport en général dans le monde entier. Ils ont toutes les valeurs qui représentent un grand sportif de haut niveau. A travers ces matchs-là, ils sont allés au bout d’eux-mêmes dans un combat de gladiateurs. »

    Pouvez-vous nous parler de votre reconversion ?

    « J’ai enchaîné très rapidement, une fois que j’ai arrêté ma carrière, en étant entraîneur de Mickaël Llodra, numéro 1 mondial en double et 20ème en simple, pendant trois ans. Parallèlement à cela, je continue aujourd’hui d’être consultant pour le tennis à la télévision. J’ai fait 10 ans sur Canal + et depuis maintenant 3 ans je suis consultant chez BeIN SPORTS.

    J’ai aussi eu la chance d’être entraîneur de l’Equipe de France de Coupe Davis pendant 7 ans sous les capitanats de Guy Forget et d’Arnaud Clément de 2009 à 2015. J’ai entraîné les Tsonga, Monfils, Gasquet, Simon, Chardin, etc…  et bien d’autres.

    Maintenant depuis 3 ans, ayant joué pendant une dizaine d’années, le Grand Prix de Tennis de Lyon, c’était un événement qui était incontournable dans le paysage lyonnais. J’ai pu le voir sous toutes les stratifications, en tant que joueur, entraîneur et commentateur. J’ai pu voir comment cela pouvait s’organiser. Lorsque ce tournoi a déménagé à Montpellier, j’avais dans la tête et dans les tripes, l’envie de faire revenir un tournoi professionnel international à Lyon, sous un format un peu différent. »

    Pouvez-vous nous parler de votre expérience d’entraîneur de l’Equipe de France sur la Coupe Davis ?


    « Cela a été une expérience enrichissante avec une génération avec des egos très forts qui étaient dans les 10 meilleurs mondiaux. Il fallait savoir jongler avec les différentes personnalités de chacun. Cela m’a fait me poser beaucoup de questions, sur le management, l’humain, l’adaptation et l’écoute. J’avais différentes casquettes avec lesquelles je devais jouer, il y a des moments forts de partage, je pouvais être à la fois le grand frère, le copain, l’entraineur, le conseiller, « le père fouettard ». Il fallait savoir être ferme au bon moment, savoir lâcher à d’autres moments. Ce sont des expériences fortes avec beaucoup d’émotions, il faut le vivre pour pouvoir le décrire. C’était très structurant. Cela me sert aujourd’hui dans la gestion de mes équipes, les relations avec les partenaires, avec mon associé. C’est important d’être à l’écoute, d’être bienveillant, structurant et accepter de lâcher prise à un moment donné. »

    Vous dirigez le tournoi Open Sopra Steria, pouvez-vous nous présenter ce tournoi ATP Challenger 100 ?


    « J’ai rencontré Benoit Dupré, mon associé et le co-fondateur de la société I-Way, s(t)imulateur de sensations, qui lui aussi a une identité tennis puisqu’il a été en sports études tennis quand il était jeune et a poursuivi ses études aux Etats Unis. Nous nous sommes rencontrés il y a 5 ans, il avait aussi en tête l’idée de remonter un tournoi de tennis à Lyon. Cela a tout de suite « matché » ! Nous avons lancé cette aventure en 2015, pour faire la première édition en 2016. Le format est un peu différent par rapport au grand prix de tennis de Lyon, notamment car le tournoi se déroule en extérieur. Nous nous appuyons sur un club très lyonnais qui est pour moi un très bel écrin, un club historique qui a 150 ans avec plus de 1200 membres. Je trouvais que cela donnait de la valeur au tournoi et nous offrait la possibilité d’avoir des partenaires au sein du club. Aujourd’hui, nous sommes sur notre 4ème édition de l’Open Sopra Steria. Nous serons aussi présents en 2020 et 2021 puisque nous avons signé avec notre partenaire naming Sopra Steria pour 3 ans et également avec AMOS pour 3 ans. »


    Photo @A Different Story

    Quels sont les objectifs de l’Open Sopra Steria ?

    « Nous passons sur un format d’ATP 100 cette année, ce qui implique notamment un cahier des charges et un prize money plus important. L’Open Sopra Steria fait partie des tournois dans cette catégorie des plus importants au monde (5ème plus gros tournoi français sur terre battue) mais avec une identité que j’avais envie d’amener en tant qu’entraîneur. L’idée c’est de pouvoir faire découvrir au public lyonnais ce que sera la génération d’après, c’est-à-dire les prochains Nadal, Djokovic, Federer, qui sont passés par ce type de tournois auparavant.

    A la fin de ma carrière je me suis blessé et je suis repassé par ce type de tournoi de catégorie 100. J’avais 29 ans et j’ai joué un gars qui s’appelait Federer, au 2ème tour, qui avait à peine 18 ans et qui est devenu ce que l’on sait ! L’idée c’est d’aller chercher ces petites pépites de demain et d’être un tournoi révélateur de jeunes talents.  Je suis beaucoup le circuit à travers mes commentaires, le réseau que j’ai pu me créer avec les différents entraineurs du circuit, les différents agents, journalistes qui me relayent de temps en temps « il y a un petit jeune que tu devrais suivre ». Cela me permet de dénicher des jeunes joueurs talentueux, il y a aussi l’homme en dehors du court, l’humain est aussi important. Nous avons eu de la chance, et le « nez creux » : le vainqueur des deux précédentes éditions de l’Open Sopra Steria était à son arrivée au-delà de la 350ème place mondial, il ne pouvait pas rentrer dans le tableau. Je lui avais donné une invitation en lui disant que je pensais qu’il pourrait être un grand champion demain, il a accepté et est venu jouer. Il a gagné les 2 éditions de l’Open Sopra Steria, aujourd’hui il est 27ème mondial, on le présente comme le prochain vainqueur des grands chelems.

    L’idée forte du challenger à Lyon c’est ça, révéler les jeunes talents de demain. Nous sommes récompensés aujourd’hui avec la montée en puissance du canadien Félix Auger-Aliassime. Il faut aller trouver d’autres joueurs comme lui. »

    Quels sont les têtes d’affiche du tournoi ?

    « On densifie aussi le tableau avec des têtes d’affiche, des joueurs de plus grande renommée comme Benoit Paire qui est un joueur plus âgé, c’est sûr, mais qui est un joueur français faisant parler de lui. Il ne laisse pas indifférent de par son jeu, son caractère. Son profil m’intéressait. C’est la garantie d’avoir un niveau de jeu, un plateau relevé. Il y a 48 joueurs dans le tableau final, 32 joueurs en double. Avec le nouveau cahier des charges de l’ATP, il n’y a plus de phases de qualification comme précédemment, cela commence directement le samedi, tournoi sur 7 jours pleins avec une densité de matchs beaucoup plus importante. Découvrez le tableau définitif des joueurs participants à l’Open Sopra Steria. »

    Quel est le montage économique du tournoi ?

    « Pour faire vivre le tournoi, nous avons aussi des objectifs économiques. Nous avons des partenaires à aller chercher. Aujourd’hui nous sommes sur un modèle économique assez élevé, le budget de l’événement se situe entre 850 000 et 900 000 euros. Le tournoi est financé à 90% par des partenaires privés. Nous n’avons pas de commerciaux, nous sommes les ambassadeurs de notre projet et nous le défendons directement auprès de tous nos partenaires. Nous avons un peu plus de 110 partenaires, c’est une volonté de notre part.

    Pour séduire les partenaires, il y a bien sûr le plateau sportif, l’idée des jeunes talents du tennis de demain, de s’appuyer sur un club avec une belle histoire mais aussi faire un très joli réceptif, et des opérations de relations publiques pour les clients de nos partenaires. Nous travaillons avec deux chefs étoilés pour les repas de nos partenaires. Nous avons également un partenariat avec 14 vignerons de la Vallée du Rhône qui seront présents, 2 vignerons seront présents tous les jours pour échanger avec les partenaires et partager leur passion. Nous avons créé un joli village avec un DJ résident, la journée est consacrée aux entreprises, le soir est ouvert au grand public pour un événement festif. Nous activons les partenaires et le grand public pour vivre l’événement pleinement. L’an dernier, nous avons eu un peu plus de 20 000 visiteurs sur les 8 jours du tournoi. »


    Photo @A Different Story

    Quelle est la stratégie mise en place sur le territoire ?


    « La finale sera diffusée en directe sur BFM TV Lyon (Chaîne 30), dans toute la région. Nous aurons 3 rediffusions au niveau national sur Be In Sport et un live streaming sur le site de l’ATP pour suivre les matchs. Cela donne une visibilité intéressante pour nos partenaires.

    Les entreprises qui sont partenaires sont proches de la région, de la ville. Nous avons aussi des partenaires internationaux comme Sopra Steria, AG2R, CIC Lyonnaises de Banque, Bioderma etc,… avec des agences lyonnaises qui invitent leurs clients et collaborateurs sur l’événement. Nous avons la ville, la région et la métropole qui sont partenaires de l’événement depuis le début. Aujourd’hui ils nous aident dans le financement mais également dans les activations. »

    Pouvez-vous me parler du partenariat mis en place chaque année avec AMOS, quelles sont les missions confiées à nos étudiants, les enjeux ?

    « Nous avons convenu d’une convention de partenariat sur 3 ans avec l’école. C’est important pour nous de fidéliser et de pouvoir travailler sereinement, engager des choses sur plusieurs années. Sur l’ensemble du tournoi, il y a plus de 170 personnes qui travaillent sur l’événement avec une quarantaine d’étudiants AMOS, 7 sont en stage, une étudiante en alternance et des AMOSciens en expériences professionnelles.

    Ce partenariat va dans le sens des métiers du sport, les étudiants vont être au cœur d’un événement de tennis international, ils vont rencontrer, côtoyer des joueurs, des chefs d’entreprises. Nous échangeons beaucoup avec les étudiants en amont de l’événement sur nos métiers, ils voient comment nous fonctionnons dans l’organisation. Ce sont des moments sympas. L’échange est constructif ! Le panel de missions confiées aux étudiants dans l’organisation du tournoi est très large : la logistique autour du tournoi, la gestion des partenariats, la mise en place des terrains, l’accueil, le contrôle des tribunes, des parkings, la communication, la gestion du Players lounge dédié aux joueurs.

    Mauve Dupeux, actuellement étudiante en 4ème année du Programme Grande Ecole à AMOS Lyon, réalise son alternance avec nous depuis le début de l’année. Nous avions travaillé ensemble lors de son stage de 3ème année. Elle est désormais en charge des partenariats, elle est le contact privilégié des partenaires de l’événement et fait le lien avec l’équipe communication. Nous travaillons ensemble sur le dispositif partenaire.

    Il y a un parallèle entre l’Open Sopra Steria et AMOS à faire avec cette idée de révélateur de jeunes talents, c’est le cas pour les joueurs du tournoi mais aussi pour les étudiants ! Sopra fait également la même chose avec leur problématique de recrutement de jeunes ingénieurs. »


    Photo @A Different Story

    Un conseil pour nos AMOSciens ?

    « Ce qui est important aujourd’hui c’est de poser des questions, ne pas avoir peur de se tromper et d’écouter et regarder ce qui se passe autour de vous ! »
    Propos recueillis par Anne-Charlotte Meyer, chargée de communication, AMOS Lyon

     

     

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