• Mohamed a le futsal dans la peau !

    Mohamed a le futsal dans la peau !
    Diplômé du Programme Grande Ecole 2017-2018, Mohamed pratique le futsal depuis longtemps : joueur international, il en a fait aussi son terrain de jeu … professionnel ! Il nous présente son poste de responsable développement et marketing au complexe F5 Foot 5 de Vaulx en Velin dédié au foot indoor : un domaine en pleine expansion….



    Le Futsal : une éclosion fulgurante auprès des jeunes

    Descendant direct du Futsal brésilien né dans les années 1940, l’arrivée du foot à 5 en Europe date des années 1990. L’Angleterre est le pionnier et le premier pays européen en termes de pratiquants avec plus de 6 millions et la seule ville de Londres loge plus de 20 centres. Arrivé en France au début des années 2000, le foot à 5 compte environ 2 millions de joueurs un chiffre en augmentation constante ces dernières années, là où le nombre de licenciés de la FFF chute depuis 2010. Le marché du foot indoor a connu une forte croissance, +133% depuis 2013. Il est estimé à 70 millions d’euros par an. Très éclaté, il est dominé par trois entreprises : Urban Football, Soccer 5 et Le Temple du foot, qui comptent entre 5 et 10 centres chacun.

    D’autres entreprises existent comme Bonito Football ou Le Five. Ces acteurs privés représentent 70% du nombre de terrains disponibles. Ils mettent l’accent sur la qualité de leurs infrastructures et la convivialité de leur accueil.

    Les autres complexes ont tous été lancés par des entrepreneurs indépendants ou d’anciens joueurs de football. A ce jour, la France compte 2 fois plus de centres qu’en Angleterre pour 3 fois moins de pratiquants.

    Il n’y a pas moins de 210 centres sur le territoire français. La culture du foot à 5 n’est pas encore aussi bien implantée qu’en Angleterre. La FFF prévoit tout de même que le nombre de footballeurs à 5 va doubler d’ici 2025 pour atteindre 4 millions. (Sources Le marché du futsal)

    Peux-tu me parler du développement du futsal en France et de son évolution ? En termes de pratiques sportives et d’infrastructures dites de « Loisirs » ?

    Sur le plan international, il ne fait aucun doute que l’arrivée du futsal aux prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse (1) va favoriser son développement. Malheureusement, absentes des tournois de qualification, les équipes de France n’ont pas eu la possibilité de défendre leurs couleurs à Buenos Aires (2018). Pour autant, le futsal reste, en France, une discipline en pleine ébullition qui ne cesse de se développer et d’attirer de nouveaux talents. L’engouement est là, et le championnat d’Europe de futsal du début 2018, en Slovénie, en a fourni une belle illustration.

    En dépit d’un manque d’infrastructures, qui commence toutefois à se résorber, sous l’impulsion d’investisseurs privés, d’élus volontaristes et d’associations très mobilisées, la FFF revendique aujourd’hui 30 000 licenciés de futsal, auxquels il faut ajouter les footballeurs licenciés qui pratiquent les deux sports, soit environ 250 000 personnes.

    Chaque année, nous gagnons 10 % d’adeptes et des sections féminines se sont constituées dans les 600 clubs de futsal.

    Dans les collèges et les lycées, ce sport est devenu l’activité phare de l’UNSS devant le hand et le football, avec 180 000 scolaires inscrits (dont 30 000 filles). Pour nous, c’est un vivier extraordinaire qui renforce la création d’un pôle France de futsal installé à Lyon.

    Une première carrière de haut niveau

    Peux-tu me présenter brièvement ton parcours en tant qu’international français de futsal et ton palmarès ?

    Je suis très heureux d’avoir joué en équipe de France A et Universitaire, et surtout fier d’avoir participé au tour préliminaire, puis au tour principal de qualification au championnat du monde en Colombie. J’ai également participé au championnat du monde Futsal Universitaire au Brésil. Accéder au rang d’international m’a bien sûr comblé. Mais les titres décrochés en France me font tout autant plaisir, comme du reste mon activité d’animateur au service du développement de ce sport que j’aime tant ! Ce beau parcours, je le dois à des années de sacrifices pour mon sport et à des heures et des heures d’entraînement. Après avoir passé 7 années au plus haut niveau au Futsal, j’ai décidé de me préoccuper davantage de mon parcours scolaire.



    Tu as réalisé ton Master en management du sport au sein d’AMOS Lyon et ton contrat de professionnalisation au sein du complexe de foot indoor Foot 5. Tu as ensuite été embauché à l’issue de l’école, peux-tu me parler de ton parcours ?

    Au début de mon parcours académique, j’ai galéré mais, avec persévérance et détermination, épaulé par des proches et un réseau d’amis solides et fidèles, j’ai réussi à franchir un à un tous les obstacles. C’est ainsi qu’après avoir entrepris des études scientifiques, j’ai obtenu une licence en ingénierie mécanique. Puis, ma passion pour le sport s’affirmant, j’ai tout naturellement décidé de poursuivre mon cursus universitaire sur cette voie sportive. Et dans l’école de commerce AMOS, j’ai alors retrouvé un second souffle.

    Ce Master of Business in Sport a été pour moi une belle reconnaissance du travail accompli !

    Tu es actuellement responsable développement et marketing : peux-tu nous présenter ton métier ?

    Mon activité est dense et on peut dire multiforme, avec par exemple : la création d’évènements entreprises (team-building, tournoi intra-entreprises, événementiel sportif, Leagues entreprise…), amélioration et gestion de l’Academy (tournois enfants, stages vacances…), développement des partenariats avec des entreprises et collectivités, création de tournois universitaires, commercialisation de panneaux publicitaires, création de plaquettes de communication… Bref je ne m’ennuie pas, surtout comme je vous l’ai rapidement décrit cela ne constitue que la partie cachée de l’iceberg, car il y a tout le reste, et notamment l’imprévu !

    Un métier-passion avant tout

    En tant qu’ancien joueur, cela te permet de lier ta passion et ton métier ?

    Pas si vite ! Je ne suis pas un « ancien joueur » ! Je suis toujours un joueur et j’aime ça ! J’ai le futsal dans la peau ! Ou plus précisément dans les jambes ! Je peux facilement croiser ma passion et mon métier, et puis mon statut d’international m’a par exemple permis de rencontrer et d’interviewer les meilleurs spécialistes du futsal en France, d’excellents moments qui m’ont aussi servi à enrichir mon mémoire de fin d’études et mon réseau !

    Quels sont les enjeux de ce poste ?

    En plus des missions que j’ai déjà évoquées, après ouverture du complexe et la préparation de l’espace d’accueil client, j’enchaîne par un travail organisationnel et administratif. Alors, au quotidien tout cela est réuni : animer, innover, impulser, avec bien sûr une présence permanente et une capacité à répondre aux imprévus, aux situations d’urgence. L’important est de savoir jongler entre l’accueil client et les missions organisationnelles d’évènements.

    Quelles sont les qualités requises pour faire ce métier ?

    La disponibilité, car il faut être là, toujours prêt à agir et réagir… Je dirai aussi les capacités d’organisation, le calme, la maîtrise de soi, la rigueur. Et bien sûr l’amour du sport, et plus généralement du contact, des relations humaines… La vie, quoi !

    Quelle est la place des femmes dans le futsal, y-a-t ’il une équipe féminine ?

    Le futsal féminin est en plein boum… Les chiffres sont là pour le montrer ! On ne peut que s’en féliciter ! Dans mon mémoire de fin d’études, je consacre de longs passages pour expliquer que « le futsal doit promouvoir la catégorie de jeunes, féminines et handisport ». Au total, j’ai formulé 25 propositions, fortes et innovantes, cohérentes et ciblées, déclinées à partir de cinq thématiques. Mais je vous laisse le soin de découvrir tout ça ! »


    (1)Les JOJ (été et hiver) ont lieu tous les quatre ans entre les éditions des JO pour les jeunes de 14-18 ans

    Propos recueillis par Anne-Charlotte Meyer, chargée de communication, AMOS Lyon


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