• Rencontre avec Philippe GALINDO créateur de « Exon International-Events»

    Rencontre avec Philippe GALINDO créateur de « Exon International-Events»
    Vous avez dit « Désaxé business » ?

    Phillipe GALINDO aujourd’hui la cinquantaine ex pongiste de talent après avoir évolué en N2 a quitté à 23 ans la table du Ping pour celle des affaires à peine un BTS en poche (avec mention svp) pour créer son entreprise. Natif des Alpes au pied de Chamrousse à Echirolles le jeune manager d’alors avait  décidé de jeter son dévolu sur les stations de montagne  et la neige avec son entreprise « Exon International -Events».  Le marché des sports de neige et de glace découvrait le snowboard dans les années 90. Avec l’apparition du  freeride en ski à la fin des années 70 dans les couloirs de Chamonix, le snowboard enfonçait  la porte des conventions. Quand Régis Rolland surfait aux Arcs sur une planche en bois avec des dérives en aluminium (mid 80’s) et que  les premiers Burton arrivaient, une rupture … culturelle s’était  produite avec l’univers du ski alpin encore conservateur.  Le snowboard a révolutionné la donne  en faisant évoluer aussi les skis vers le ski parabolique qui est quelque part deux petits snowboards aux pieds. « Toute pente n’est pas montagne » résume bien l’évolution des rapports entre la montagne et le sport.  La pente devenait  un espace de  liberté, de jeux, dépassant les codes des piquets etc.. pour accueillir le surf, les sauts et les improvisations.  Philippe Galindo  séduit par cet univers depuis plus de vingt ans a fait résonner dans les vallées alpines son  nom  et  sa marque « Désaxé » qui produit également des montres en séries limitées numérotées avec son coté « french touch »:  à l’image de sa personnalité très « freestyle ».

    Mais cette vague déferlante du snowboard va connaître des hauts et des ..bas ! D’où l’idée de connecter plusieurs univers, celui du surf, mais aussi celui du skateboard, du BMX, ou encore celui du VTT car avec Philippe, toujours à l’affut d’un concept inédit style  « Désaxé  » tout est  possible quand on a l’imagination en liberté : ce qu’apprécient les étudiants d’AMOS avec ce manager iconoclaste  dans la glisse !

    Au commencement ce business du snowboard était- il facile ?

    Dans un premier temps oui grâce à sa nouveauté et à son côté hors norme le snowborad a connu une progression fulgurante au détriment du ski alpin. Ce dernier a su réagir avec l’apparition du parabolique. Ce qui a engendré néanmoins un renversement de tendance et l’industrie du snowbaorad après ses conquêtes s’est retrouvée dans une situation complexe… Mais les trophées  des champions comme les audiences auprès des jeunes ont bousculé les habitudes et alors que le ski alpin régnait  en maître, le snow board a emporté les réticences du CIO ! Et les disciplines de glisse sur la neige comme sur l’eau ont été admises aux JO. La puissance économique de ces sports de glisse leur a permis d’obtenir en des temps records ce graal olympique. Les snowboarders français étaient au top à cette époque. Après l’essor du  freestyle et des tricks, le freeride et le snowboardcross ont le vent en poupe. La culture freestyle marque de son empreinte aussi bien le matos que les vêtements et j’ai pensé que cette  vague ne demandait qu’ à se diversifier, qu’à être réinventée.  Et même les clubs et les institutions fédérales vont reconnaitre la force du spectacle. Là où j’étais un empêcheur de tourner en rond ( un petit !) je suis devenu un acteur référencé pour les accompagner dans leurs évènements et les compétitions.



    C’est ainsi que le « Trophée Désaxé » a vu le jour ?

    Exactement et il s’agissait de dépasser le cadre d’une seule compétition officielle pour en faire une compétition évènementielle. Je l’ai organisée pendant 17 ans et les dix dernières années la FFS m’a sollicité pour en labelliser le circuit en Coupe de France officielle de Big Air. Il y avait à  chaque fois 50 à 60 compétiteurs pour assurer un format spectaculaire. Désormais la Fédération l’a repris à ma suite traduisant   les évolutions du sport en France et au plan mondial le Big Air étant devenu discipline olympique. Au fil des années le circuit est passé sur tous les massifs alpins et pyrénéens : Chamrousse, les Ménuires, Risoul, Font Romeu, Tignes, les 2 Alpes, Val Thorens, le Grand Bornand et compagnie.  Le snowboard est alors devenu le freestyle, les figures radicales et le pipe. Le succès du Big Air ne se dément pas. L’univers de la glisse est mouvant car il se prête aux innovations et c’est ce que j’ai organisé de A à Z pour les stations. Aujourd’hui je m’occupe de tous les partenariats pour le snowboard à la FFS sur les circuits officiels. Depuis 2019 je suis aussi en charge de la recherche de partenaires pour l’Equipe de France de snowboard. Par ailleurs, sur la Coupe de monde de ski cross à Val Thorens j’ai la mission des deals sponsors. En réalité je suis plutôt le sherpa de ces sports de glisse ce qui procure des plaisirs et du stress renouvelés !



    Peut-on parler d’un second souffle pour le business du  snowboard ? 

    Depuis 5 ans il reprend des couleurs ! D’abord et avant tout avec les résultats de nos athlètes de haut niveau. Pierre Vaultier double médaillé d’or en boardercross aux JO de Sotchi ( 2014) et de Peong Chang ( 2018) et Julia Pereira De Souza Mabileau médaille d’argent aux JO de Peong Chang qui sont des locomotives pour toutes les disciplines de la glisse. Dans un  autre univers, celui du BMX j’ai organisé en 2017 une étape du World Tour en BMX Flat avec un plateau exceptionnel. C’était à  Pôle Sud de Grenoble, un complexe de glace unique où évoluent les «  Bruleurs de Loups » champions de Franc en titre.

    « Désaxé » en bref c’est quoi ?

    La marque « Désaxé » est associée au circuit officiel snowboard FFS. Si j’ étais prétentieux je dirais que « Désaxé » c’est l’histoire de ma vie…. (sourire).  En réalité c’est plutôt une image de ce qui se passe dans le business du sport où avec la glisse on passe de la neige au bitume, de l’eau à la glace et demain avec d’autres éléments. Les américains ont le Super Bowl comme évènement emblématique, nous dans le snowboard à une échelle plus modeste nous avons le « Bowl » qui fait un tabac : mais l’imagination fait notre sport et j’espère qu’elle sera encore sans limites.

    Schuss devant !


    Propos recueillis par Alain Arvin-Bérod, directeur académique AMOS Sport Business School

    Plus d'actus :