• Romain Badano, ou quand fitness rime avec business

    Au moment d’évoquer les trajectoires professionnelles de Romain Badano, ancien AMOScien lillois, les superlatifs ne manquent pas. Il est de ces personnes dont les mots limite, frontière ou encore abandon n’effraient pas. Frontière, puisqu’avec sa jeune expérience, il développe actuellement son business sur trois continents : l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Europe. Abandon, car il a connu et connait l’échec ; mais comme le soulevait Philippe Labro dans son ouvrage “Tomber sept fois, se relever huit”, Romain en a fait son leitmotiv. Et pour les limites ? Romain ne s’en fixe tout simplement pas.

    Romain, voilà plus d’un an que tu as rejoint le pays de l’Oncle Sam. Parle-nous de cette aventure...

    En un mot, fantastique ! J’ai souhaité rejoindre ce pays et plus particulièrement la Californie pour deux motifs principaux. Tout d’abord, cet état fait rêver. Il y fait beau et chaud... travailler dans ces conditions est très agréable. La seconde raison concerne ma passion pour le fitness et le bodybuilding. C’est en Californie que tout a commencé et où tout se développe. C’est véritablement « the place to be » si l’on souhaite s’épanouir dans ce milieu sportif.

    C’est notamment ta dernière année d’étude qui t’a permis de rejoindre le « Golden State » ?

    En dernière année de Master of business in sport International, je suis parti faire mes études pendant six mois à Riverside, à moins de 80 kilomètres de Los Angeles. Puis j’ai effectué un stage de 3 mois à « LA » directement où je m’occupais du marketing, des réseaux sociaux et du business developpement d’une entreprise qui propose du coaching personnel pour certaines stars et influenceurs.

    Une expérience qui en a entrainé une suivante ?

    En effet, à la suite de cela, j’ai décidé de créer l’entreprise : Gym Come True. L’objectif de cette société ? Elaborer des salles de musculation personnalisées à la maison ou, en tout cas, là où l’on souhaite faire une activité de fitness (comme pour des salariés d’une entreprise par exemple). J’ai d’ailleurs réalisé un ouvrage intitulé « How to create your home gym » afin d’aider les prospects à créer leurs propres salles. Malheureusement et finalement, Gym Come True ne s’est pas du tout développée comme prévu...

    Comment as-tu rebondi ?

    J’ai répondu à une annonce pour le Gold’s Gym, qui est une chaîne américaine de salles de sport fondée par Joe Gold. Cette enseigne a notamment été rendue célèbre par un de ses adhérents : Arnold Schwarzenegger.

    La plus grande chaîne de salles de sport mixtes dans le monde recherchait un Assistant Fitness Manager. J’y suis allé, un peu au culot d’ailleurs, et le directeur m’a indiqué qu’il fallait que je prenne un peu d’expérience car je n’en avais pas assez dans la vente. Il m’a alors conseillé et proposé d’être personnal trainer (que l’on appelle « coach » en France). J’ai accepté. Même si j’avais fait beaucoup de fitness dans ma vie, je n’avais jamais entrainé professionnellement. J’ai passé de nombreuses certifications et aujourd’hui, cela fait presque 2 mois que je fais ça ici à Hollywood.

    Je suis véritablement tombé amoureux de cette profession et c’est assez drôle car c’est quelque chose que je n’ai jamais voulu faire. C’est pour cette raison que je m’étais lancé dans le management et à AMOS. En toute objectivité, les évolutions de carrières en France lorsque l’on est coach, il n’y en a pas beaucoup et le salaire n’évolue pas énormément. Aux USA, cela est complétement différent. Il y a énormément de business quand tu es personnal trainer. Je travaille pour le Gold’s Gym mais je ne suis pas employé et n’ai pas un nombre d’heures à faire. Le principe est : plus j’ai de clients, plus je travaille. Les opportunités sont énormes car mes premiers salaires tournent autour de 2000 dollars. Toutefois, d’ici moins de 6 mois, je peux plus que doubler mon salaire. Aux Etats-Unis, en très peu de temps, tu peux vite atteindre 4/5000 dollars pour vivre !

    Tu as donc privilégié la pratique ?

    Pas du tout. Le business reste fondamental pour moi. Il faut savoir qu’en août 2017, j’ai créé une salle de fitness à Madagascar avec ma belle-mère, qui s’appelle MadaFit United. J’ai énormément travaillé sur le projet car cela coïncidait avec mes études dans le sport management et le fait que je sois passionné de fitness. J’ai tout fait pour cette salle : créé les plans, acheté les machines, travaillé le business plan... Seule la décoration de la salle m’a échappé ! Aujourd’hui, nous avons environ une dizaine d’employés « fixes » et dix coachs qui sont « indépendants ». Différentes activités sont proposées comme de la zumba, du fitness, de la danse classique, du hip hop... et une salle de musculation. La salle commence vraiment à cartonner à Madagascar !

    Difficile de gérer cette activité à distance ?

    Oui et non parce que je ne gère pas directement le management. Je suis dans l’aspect communication et coaching à distance. Sur Facebook par exemple, nous sommes passés de 2 000 à 18 000 abonnés en un mois et je fais des vidéos de coaching. Le coaching en ligne est une première à Madagascar et cela prend petit à petit. Il est vrai qu’aujourd’hui, je suis passé un peu plus dans le coaching que le business, mais le background que j’ai dans le business m’aide énormément à tout booster. C’est assez drôle comme tout peut changer !

    Afrique, Amérique... et l’Europe dans tout cela ?

    Très prochainement ! J’ai toujours plein de projets en tête... J’ai créé un site internet en France basé sur le « drop shipping » (en français « livraison directe »). Je n’en dis pas plus pour le moment mais il sera opérationnel en 2019. Afin de communiquer un maximum sur son ouverture, je vais relancer mes réseaux sociaux où une communauté importante me suivait. Communauté que j’ai laissé tomber à cause de mes nombreuses activités... En tout cas, mon objectif n’est pas de rester coach mais, bien évidemment, de continuer de développer divers business !
    Propos recueillis par Thibaut Huvelle Chargé de communication & développement, AMOS Lille

     

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