• Le sponsoring c’est plus que du sport

    D’Olympie à Toulouse…….

    L’anglicisme « sponsoring » pourrait laisser penser que cette pratique est récente et exclusivement anglo-saxonne à l’origine et pourtant la chose existait avant le mot, dans le sport précisément !  Avant de représenter un marché qui a franchi la barre des 60 milliards de dollars (étude d’IEG Sponsorship Report 2016) offrant des perspectives de métiers en France et à l’international cette rencontre entre l’économie et le sport a de lointaines origines.  Un bref regard rétrospectif nous rappelle que ce mariage entre le sport et l’économie avec les cités a commencé il y a plus de 2000 ans.  Le mot athlète vient du grec ancien et signifie « qui concourt pour un prix ». De nombreux athlètes des Jeux d’Olympie représentaient leur cité et étaient rémunérés selon leurs performances sportives avec des transferts déjà existants entre les villes !  Ils pouvaient être, en cas de victoire, exonérés d’impôts ou se voir accorder de nombreux autres avantages. Plus tard, il a pris la forme au XIXème siècle d’une « aide motivée par des raisons commerciales ». En 1861, la firme Britannique « Spiers and Pond » marque l'histoire en sponsorisant la 1ère tournée de l'équipe britannique de cricket en Australie. Le retour sur investissement est alors chiffré à 11,000 £. En France, c'est en 1881 que l'on voit apparaître le premier sponsoring sportif : Michelin fait alors ses débuts en tant que fournisseurs de pneus aux coureurs cyclistes avant de sponsoriser le rugby de l’ASM, etc.

    Désormais en 2017 ce sont 2 Mds € en sponsoring, 1,6 Mds € en billetterie, 1,45 Mds € en droits TV et 0, 43 Mds € en merchandising soit 6, 5 Mds € (source Sporsora). Ce sont des entreprises, des médias et des collectivités territoriales qui composent cette myriade d’acteurs du sponsoring sportif.  En effet les territoires ont pris leur place comme véritables plateformes favorisant les échanges économiques et de notoriété entre le sport, ses structures, ses athlètes et les entreprises. La Région Occitanie s’est inscrite depuis longtemps dans ce paysage du sponsoring avec ses clubs historiques en sport collectif masculin et féminin (les maillots des équipes football, rugby, handball, basketball, etc.). Mais elle est aussi une terre où le sponsoring se développe dans les nouvelles pratiques. Située entre terre, mer et plaines, elle est notamment riche en spots pour l’outdoor qui ne cesse de progresser. Ces pratiques répondent à l’envie de liberté de la jeunesse car le sport est aussi tributaire des transformations sociétales, culturelles, économiques… En quelque sorte, c’est une nouvelle révolution du sport ! Le sponsoring est partout sur la planète qui est devenue un « nouveau terrain de jeu » au XXIème siècle

    AMOS Toulouse leader de la formation de haut niveau dans le sport business, prend donc sa place comme nouvel acteur du sport qui s’inscrit dans le maillage économique et territorial de l’Occitanie. Faire connaître et faire vivre l’appartenance à la culture sportive et à son patrimoine en fédérant l’ensemble des acteurs économiques c’est tout le sens de l’engagement d’AMOS aux côtés de la voile (Kito de Pavant et le défi Made in Midi) ou encore de l’ensemble des sports outdoor (Derby Freeride des Pyrénées). Ces disciplines, anciennes ou nouvelles, symboles de la culture de la glisse, d’un tourisme d’aventure et de la passion du fun sont une véritable philosophie et un style de vie. Et si ces sports sont en croissance c’est aussi grâce au sponsoring qui les accompagne en alliant soutien financier et avancées technologiques.

     

    Le sponsoring comme le sport change ses codes avec le naming

    Le sponsoring sportif s’intègre ainsi totalement à la communication de l'entreprise qui souhaite augmenter sa visibilité, sa notoriété et bien sûr ses ventes en associant son image à celle véhiculée par l’entité ou la personne en compétition. Mais pourquoi le sport ? Deux raisons majeures :

    La première raison vient de sa puissance médiatique : Jean-Claude Darmon grande figure du sponsoring dans le football notamment, décrivait le sport comme un média étant le « seul support qui entretient avec son audience une aussi forte relation émotionnelle et affective » et donc incontournable.

    En second lieu, le modèle économique actuel du sport s’appuie de plus en plus sur les entreprises, phénomène ancien dans le milieu de la voile mais plus récent dans le ski de bosses et le kitesurf par exemple. En effet, historiquement, et pour des raisons logistiques évidentes, avec le coût des équipements, la voile est l’un des premiers sports à avoir développé des contrats de sponsoring sportif  avec l’initiative de marchands de commerce maritime (exemple avec la Coupe de l'America).

    La préparation des skippers a évolué, tout comme les caractéristiques techniques de leur bateau, des voiles et autres matériaux. Les entreprises prennent alors part au projet de course dans son intégralité : bateau, skipper, équipe technique, campagne de communication, etc. De plus en plus d’entreprises sont également très impliquées dans la création d’équipements sportifs et technologiques. C’est le cas des deux partenaires du bateau « Made in Midi » avec DELTAVoiles, professionnel de la voile, ou encore de Vogo, une application permettant de revivre les actions d’un événement sportif se déroulant sous nos yeux.


    Bateau « Made in Midi » partant faire la Route du Rhum 2018 avec ses sponsors

    Ce dernier exemple met en évidence l’évolution des formes du sponsoring actuel et ses nouveaux codes. Celui-ci conjugue un modèle classique existant dans la voile mais aussi dans les sports collectifs (football, basket, tennis etc..) avec des extensions aux enceintes sportives : c’est le « naming » (existant depuis longtemps dans la voile) qui pérennise la relation et le soutien de l’entreprise. Demain à Toulouse dira-t-on « Airbus Stadium » pour parler de l’enceinte sportive de l’île du Ramier, hébergeant les matches du TFC. Le Stadium municipal de Toulouse – tel qu’il est nommé depuis son ouverture en 2017 – affichera un nom commercial prochainement. « Le club et Toulouse Métropole sont en recherche active d’un partenaire », a annoncé mercredi 6 juin 2018 Jean-Luc Moudenc, Président de Toulouse Métropole, la collectivité propriétaire du Stadium. C’est un cap que d’autres grands stades ont déjà franchi à l’instar du Stade Matmut-Atlantique à Bordeaux, de l’Allianz Riviera de Nice, de l’Orange Vélodrome à Marseille ou du Groupama Stadium à Lyon.

     

    Le challenge du sponsoring ? Gagnant - Gagnant !

    Aujourd’hui donc, le sponsoring bouge, invente, innove. Dans cette logique, AMOS a choisi trois sports outdoor en Occitanie, représentés par des figures qui se sont illustrées dans des compétitions mondiales et olympiques, pour faire découvrir aux étudiants l’univers du sponsoring et ses ouvertures professionnelles : Charlotte Carpentier en kitesurf, Perrine Laffont en ski de bosses et Kito de Pavant en voile.

    Dans le ski de bosses et le kitesurf, le sponsoring est quelque peu différent de celui de la voile à l’œuvre de manière classique. En effet, ces deux disciplines n’ont pas (encore ?), ni une surface d’exposition, ni une ancienneté comparable aux grandes courses médiatisées de la voile. Elles concernent des pratiques récentes, certes en vogue, mais dont la structuration par les fédérations n’est encore qu’à ses débuts. La recherche de sponsors ici est plus difficile, mais la présence de ces disciplines par exemple lors du baptême de « Made in Midi » le 13 septembre dernier, est une réelle opportunité pour leur reconnaissance : ainsi, Charlotte Carpentier, Kitesurfeuse professionnelle et Perrine Laffont, championne olympique de ski de bosses, rencontrées lors de cette inauguration en précisent l’intérêt et les limites actuelles.


    De g. à dr. : Jérôme Duran (Chef de projet AMOS LAB Toulouse), Audrey Léger (Directrice AMOS Toulouse), Kito de Pavant et Perrine Laffont.


    De g. à dr. : Annaële Fritsch (chargée de communication, AMOS Toulouse), Charlotte Carpentier et Audrey Léger

    Perrine raconte : « Nous ne sommes pas rémunérés par la Fédération, pour être en Equipe de France, c’est nous qui payons !  Et j’arrive à gagner ma vie grâce au sponsoring. Des marques financent pour que je représente leurs produits. Heureusement depuis les Jeux Olympiques de 2018 à Pyeongchang, ma « popularité » a grimpé : beaucoup plus de personnes me suivent sur les réseaux sociaux et me reconnaissent. Ce qui m’a permis d’avoir plus de sollicitations de marques. »

    Charlotte de son côté fait part de son besoin de soutien financier pour lui permettre de continuer de pratiquer son sport. « Tout comme le ski de bosses, mon sport n’est pas lucratif… Surtout chez les femmes. On souhaiterait qu’il y ait une équité homme / femme, mais aujourd’hui encore, le « prize money » est plus élevé chez les hommes que chez les femmes ! Cela nous oblige à intensifier la recherche de partenaires, de sponsors… C’est un métier à part entière : je suis principalement accompagnée sur la préparation physique, mais sur la partie communication, sponsoring, et autres, je n’ai personne pour le moment… »

    Le sponsoring sportif en Occitanie est donc non seulement à l’image des sports, de leurs territoires et du dynamisme des entreprises avec un essor significatif des start-ups dans cette filière mis en évidence par l’association AD’OCC.

    Créée par la CCI de Toulouse. Il est aussi à l’image des évolutions sociétales et économiques de la région, creuset privilégié des débouchés professionnels pour les étudiants d’AMOS Toulouse !
    Rédigé par Annaële Fritsch, Chargée de communication, AMOS Toulouse

     

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    Focus sur...



    Kito de Pavant : Skipper au palmarès impressionnant (…), Kito de Pavant a été choisi comme parrain de lancement d’AMOS Toulouse. Marin reconnu de la course au large, le travail d’équipe est son quotidien au sein du team Made in Midi. Sa devise « Seul mais bien accompagné » l’illustre bien.

     



    Perrine Laffont : Skieuse acrobatique française, originaire d’Ariège. Après 2 médailles mondiales lors de l'édition 2017 de Sierra Nevada, elle remporte le titre olympique de l'épreuve des bosses des JO 2018 Pyeongchang. Elle est choisie par Kito comme marraine de son Class 40 partant faire la Route du Rhum.

     



    Charlotte Carpentier : Kitesurfeuse depuis presque 10 ans. Fait partie du tour professionnel, le GKA Kitesurf World Tour, circuit en 6 étapes : équivalent des championnats du monde

     

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