• Le sport féminin est à un tournant : à Rennes aussi !

    Le sport féminin est à un tournant : à Rennes aussi !
    28 mai 2019 est une date clé dans le sport féminin français avec la signature du premier contrat de Naming avec Butagaz concernant le championnat de handball de première division. A part le football féminin, aucun autre sport collectif ne s’est engagé ainsi dans la mise en œuvre du nouveau business model en France. Cette décision constitue une avancée pour les performances des clubs et les performances des joueuses dans leur carrière. La saison 2019-2020 marque donc la première année de la « Ligue Butagaz Energie », soit un véritable tournant dans la structuration du sport féminin français. Et à l’échelle rennaise ?  Le tournant est également pris avec un club qui se développe fortement et trouve de nouvelles idées et ressources pour fidéliser et attirer des joueuses dans ses rangs.  Le SG RMH (le Saint Grégoire Rennes Métropole Handball) se donne les moyens d’accompagner la performance sportive et de sécuriser la carrière post handball de ses athlètes de haut niveau.

     

    Des valeurs propres à l’ADN du club.

    Les « Roses » du SGRMH évoluent au 2ème niveau national, tout en menant de front des études ou une vie professionnelle. Aucune joueuse ne vit à 100% du handball car le club propose des contrats professionnels à mi-temps, ce qui est une réelle volonté des dirigeants et une étape de la structuration du club. L’avenir professionnel des joueuses est l’ADN du club. Le SG RMH est le 1er club de handball français à s’être engagé dans le programme « Club Citoyen Collectif Sports » en 2018. Collectif Sports est une association loi 1901 qui a pour objectif l’anticipation et la reconversion des sportifs de haut niveau. Sa dirigeante Véronique Barré travaille avec les clubs employeurs de joueurs et joueuses. Comment ? En les aidant à structurer, à valoriser l’accompagnement, en leur donnant des outils … pour préparer et accompagner les sportifs, s’appuyer sur les entreprises partenaires en leur faisant valider les compétences acquises par les athlètes durant leur carrière sportive (VAE du sportif). Deux dispositifs sont proposés :

    • l’un en direction des sportifs (le dispositif « Sport Compétences »)

    • le second en direction des clubs.


    C’est vers ce dernier que le SG RMH a choisi de se tourner (« Club Citoyen Collectif Sports). Depuis cette avancée, d’autres clubs de handball ont pris le pas et se sont lancés eux aussi dans ce dispositif.

    Ce dispositif fait partie de l’ADN du club. Pour Murielle GUYOMARD, chargée de développement au club : « Le club favorise l’épanouissement du double projet sportif et professionnel de ses joueuses. Une commission « Le Hand et après ? » a été créé et est à disposition des joueuses.

    Elle propose l’aide à la constitution des dossiers d’inscriptions, à la rédaction de CV ou de lettres de motivation, voire même du coaching pour l’oral d’un jury. « Avec l’arrivée des premières joueuses semi-pro au SG RMH, nous nous sommes rendu compte que ces services rassuraient les joueuses et les parents quant à leur éventuelle venue au club.  D’années en années, le réseau des entreprises partenaires (sponsors et mécènes) et d’établissements partenaires s’est étoffé. Le club a construit son image et son réseau grâce à des valeurs d’entraide et de solidarité. Ces valeurs, nous les avons mises au service du projet de formation ou projet professionnel des joueuses. »

    Les joueuses en recherche d’une entreprise en alternance, ou d’un stage, ou de formations adaptées en fonction de leurs projet scolaires ou professionnel sont ainsi accompagnées, soutenues dans leur projet. « Avec l’appui de Véronique Barré (Directrice Générale de Collectif Sports), de Jean Couhard société IRCOSUP à Rennes spécialisée dans l’orientation scolaire) et du soutien de nos entreprises partenaires (services RH, intérim…), la commission se structure elle aussi, se professionnalise, associe de plus en plus nos partenaires et intéresse le monde économique.

    Le club met aussi en place des partenariats avec des écoles dont AMOS qui nous permet sur cette 1ère année de collaboration de bénéficier de l’aide d’étudiants les soirs de match. »

     

    Des partenaires employeurs au sein d’Entrepr’Hand

    Ces valeurs permettent de faire un lien très étroit avec le club partenaires créé par le SG RMH, nommé Entrepr’Hand et créé en 2014. Entrepr’Hand (qui devrait évoluer en association loi 1901 prochainement) est la bannière qui fédère l’ensemble des entreprises partenaires du club. Celles-ci se retrouvent dans l’accompagnement des sportives de haut-niveau en devenant de véritables partenaires-employeurs. « A titre d’exemple, Laure BULUCUA (recrue de la saison 2019-2020) qui était salariée en CDI à Mérignac et qui souhaitait intégrer l’équipe D2 du SG RMH avait comme condition de sécuriser son projet professionnel en dehors du hand. Quitter un CDI est risqué et il en était hors de question. J’ai donc sollicité mon réseau. Nous avons eu beaucoup de chance. Laure travaille actuellement en tant qu’assistante marketing et communication au sein d’ABELIUM, une société informatique devenue du même coup partenaire financier du club. Aujourd’hui tout le monde s’y retrouve : le club, l’entreprise mais avant tout la joueuse. Les partenaires mettent l’accent sur leur responsabilité sociale, leur attachement au territoire et leur comportement citoyen en plus de leur apport financier » souligne Murielle GUYOMARD. « Cet accompagnement des joueuses est un argument qui valorise les valeurs du club et intéresse nos partenaires : le club ne va pas chercher des joueuses pour les mettre dans des conditions précaires. Nous cherchons à les mettre dans des conditions favorables à la fois pour s’épanouir personnellement, grandir …et étudier et travailler. L’information est descendante envers nos partenaires que nous sollicitons au travers de nos newsletters régulières ou directement par téléphone. Qu’ils s’agissent de jobs pendant l’année scolaire compatibles avec les exigences du haut niveau (moindre fatigue et horaires adaptés) ou pendant les vacances scolaires, l’objectif est de multiplier les expériences professionnelles et de confronter les joueuses au monde de l’entreprise.

    Si la joueuse est en couple, le club aide également son compagnon à trouver un emploi. « Parfois, c’est parce que nous avons trouvé une formation, un job au compagnon que la joueuse décide de rejoindre le club. Puis c’est lorsqu’elle est sur place (nous intervenons aussi dans la recherche de logements), nous mettons alors les moyens pour travailler son projet professionnel et cela en étapes. Tout d’abord, on la laisse « se poser », se familiariser avec la ville, la circulation rennaise (rocade ),…les temps de déplacement vers les gymnases, la muscu, le kiné, le shopping etc…puis vient l’heure d’assoir le projet de formation ou le projet professionnel …généralement vers novembre.

    Cette saison, 4 joueuses de l’équipe de D2 travaillent à mi-temps en parallèle de leur contrat professionnel dans des entreprises partenaires. Cette dimension d’accompagnement n’est pas le critère principal pour attirer des nouveaux partenaires mais c’est quelque chose qui leur parle et leur plaît. C’est important pour un partenaire outre le partenariat financier d’être fier d’adosser son image et ses valeurs à un club proche de sa culture d’entreprise et d’avoir l’adhésion de ses collaborateurs/trices. Là c’est encore au club de créer et d’entretenir le lien saison après saison avec l’entreprise tout au long de la saison.

    « La joueuse est au centre du club »



    Le club met la joueuse au centre de ses priorités. « Deux types de joueuses sont ciblées par le club : les étudiantes et les joueuses ayant un projet professionnel clair ou de reconversion. Si la joueuse n’a pas de diplôme ou ne sait pas vers quoi aller, le club s’attache à lui faire comprendre qu’elle ne pourra pas vivre uniquement du hand. Toutes les joueuses doivent avoir un projet d’après carrière. Et si elles ne l’ont pas, nous allons les aider à en trouver un. Mais ce n’est pas facile, car le recrutement d’une joueuse se fait dans des délais généralement super courts (Parcours Sup), avec parfois des dossiers pour des licences ou des masters, qu’il faut déposer dans des établissements rennais. D’où la nécessité d’avoir des partenariats avec des écoles, d’envoyer les dossiers scolaires des joueuses (recrutées post-bac) aux responsables des filières qui peuvent étudier les dossiers. C’est un gain de temps et un service appréciable pour la sportive. Mais nous n’y parvenons pas toujours. Certaines joueuses décident d’aller dans des clubs qui ont des réseaux et des moyens financiers beaucoup plus importants que ceux du SG RMH. Notre club reste une petite entreprise de 19 salariés qui se structure et se professionnalise grâce à l’évolution d’un budget qui couvre financièrement le fonctionnement de 25 équipes. Tout l’argent ne va pas au secteur pro. Du coup, on va moins vite que d’autres clubs… mais on maitrise notre développement.

    Notre organisation autour de la sportive rend le club attractif car Rennes est une ville étudiante, avec un tissu d’établissement supérieurs post-bac et d’universités dynamiques mais nous connaissons aussi bien sûr des échecs.  Une joueuse en difficulté et qui n’a pas forcément un livret scolaire favorable sera bien sûr accueillie et aidée par le club mais seulement à partir du moment où elle est volontaire et motivée. C’est un partenariat donnant-donnant. Faute de moyens financiers importants, le sport féminin de haut niveau se doit d’être imaginatif et chez nous, cela n’est pas nouveau ! »

    Pour accéder au 1er niveau français, la LFH, les clubs doivent adopter le statut VAP (voie d'accession au professionnalisme). C’est un statut délivré par la FFHB qui donne le droit d'accéder au niveau supérieur sous certaines conditions administratives, sportives et financières. Parmi ces conditions, les joueuses doivent être à temps plein. L’objectif du RMH est d’obtenir ce statut et y travaille et s’il l’obtient dans les prochaines années, le leitmotiv du club restera le même à savoir « définir un projet professionnel hors hand car une blessure peut venir freiner voire stopper le projet sportif et les ambitions de la joueuse ».  

     « Soit la capitaine de ta vie » ! est le slogan de la commission « Le handball et après » !


    Propos rédigés et recueillis par Tony Rolland, chargé de communication et développement d'AMOS Rennes

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