• Tennis féminin et émergence du Padel : le regard de Lionel Roux

    Tennis féminin et émergence du Padel : le regard de Lionel Roux
    Directeur du tournoi Open Sopra Steria, ancien joueur professionnel de 1991 à 2003 (lire l’article précédent sur Lionel Roux) et consultant tennis sur BeIN SPORTS, Lionel Roux nous partage son regard sur la place des Femmes dans le tennis et l’émergence du Padel.


    Photo : Lionel Roux (c) Antoine Merlet

    Apparu dès les premières éditions des Jeux Olympiques (1900 à Paris, 1908 à Londres), le tennis féminin se développe réellement qu’à partir des années 1950 – 1960. Suzanne Lenglen avait cependant réalisé sa première tournée professionnelle en 1926-1927. Aujourd’hui, cette discipline peine encore à susciter autant d’intérêts du public et des médias que les compétitions masculines.

    Quel regard portez-vous sur le tennis féminin et son évolution ?

    « Je suis bien placé pour en parler car la majorité des tournois que je commente sur Be In Sport sont des tournois féminins. A Lyon, nous sommes plutôt bien positionnés en tennis féminin car nous avons la numéro 1 français, Caroline Garcia. Le niveau est de plus en plus dense, je prends beaucoup de plaisir à commenter le tennis féminin, nous découvrons de nombreuses joueuses car elles se partagent la part du gâteau et le classement change régulièrement. En revanche, il est vrai que nous remarquons toujours qu’après un match masculin, les tribunes ont tendance à se vider un peu pour un match féminin. J’ai fait le constat à nouveau récemment en commentant le match de Nadal.

    Le tennis féminin n’est pas assez mis en valeur et pourtant nous en voyons beaucoup à la télévision, les partenaires suivent également. C’est la force des grands chelems qui a permis de développer le tennis féminin. Je n’ai pas eu l’impression qu’il était mis de côté avec Serena Williams.

    Le tennis féminin a aussi sa place en dehors des cours de tennis, avec Maria Sharapova, Anna Kournikova, Serena Willams, etc . Ce sont des ambassadrices de ce sport, au-delà du sport, nous les retrouvons sur des photos, des publicités, ce sont des icônes. Cela contribue à la notoriété et donne de la valeur au tennis féminin. »


    Wimbledon Championships tennis tournament 2013(c) AFP PHOTO / GLYN KIRK

    Né en 1969 à Acapulco, le Padel s’est énormément développé dans de nombreux clubs en France et à l’étranger, avec plus de 3 millions de joueurs en Espagne, soit 5% de la population espagnole(1). En France, cette nouvelle disciple sportive ne cesse d’évoluer passant de 29 courts de padels en 2009(2) à 611 en 2018, et de 678 licenciés en 2015 à 5 439 licenciés en juin 2018 (3). La Fédération Française de Tennis s’occupe du développement du Padel depuis 2014, discipline qui nécessite, tout comme le tennis, une licence FFT pour jouer en compétition.

    Que pensez-vous  de l’émergence du Padel ?

    « Cela pousse aujourd’hui dans tous les clubs. La grande difficulté en France par rapport à l’Espagne, c’est de choisir si nous optons pour un padel indoor ou outdoor. La météo est moins clémente chez nous.

    Cela sera compliqué pour le Padel de rivaliser avec le tennis de compétition, tout d’abord par son histoire mais aussi parce que ce n’est pas sport très télégénique, c’est difficile de faire partager un match dans une cage. De plus, cela se joue en double et les équipes changent tout le temps, c’est difficile de s’identifier à un joueur ou une équipe. Je ne vois pas ce sport devenir un sport médiatiquement connu comme le tennis.

    En revanche le Padel peut être une possibilité pour les clubs de tennis qui perdent des adhérents d’en garder grâce à la diversité de l’offre. Aujourd’hui les jeunes aiment changer de sport, cela permet de fidéliser les jeunes aux sports de raquette à travers une offre différente et plus ludique. »




    photos : Jessica Ginier, Championne France Padel (c) Tennis Club Lyon

    Avez-vous déjà pratiqué cette discipline ? Qu’en pensez-vous ?

    « Je m’y suis mis. C’est un jeu de patience, de ruse. C’est une gymnastique de l’esprit différente du tennis sur certains aspects. C’est très sympa, plus accessible, ludique et beaucoup moins technique que le tennis. On peut le partager avec des joueurs de tous niveaux et toutes les générations. Tout le monde adhère et a de bonnes sensations. Aujourd’hui je préfère aller joueur au Padel avec mon frangin qu’au tennis (rires), nous passons un bon moment tous les 2. »
    Propos recueillis par Anne-Charlotte Meyer, chargée de communication, AMOS Lyon

    Sources : (1)  http://padel.blog.lemonde.fr/     (2) https://padelmagazine.fr/lanalyse-de-lemergence-du-padel/      (3) https://www.padelonomics.com/les-chiffres-du-padel/les-chiffres-du-padel

     

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