• La transition sportive est EN MARCHE

    La transition sportive est EN MARCHE
    Le marché prend le relais 

    Le PSF (paysage sportif français) est en pleine recomposition et à l’image de ce qu’il se passe dans le pays… et en particulier dans l’environnement : l’expression « transition sportive » nous semble traduire le mouvement de fond qui se révèle dans la France contemporaine. Pourquoi ? Pour deux raison qui sont à l’origine des évolutions du sport : les pratiquants et les équipements. En effet, pour répondre à de nouvelles attentes évoquées dans les articles précédents qui traversent tous les publics il faut de nouveaux équipements adaptés précisément à ces mutations sociétales et économiques. Economique notamment parce que le partage des rôles entre le secteur public et le secteur privé a changé, comme en témoigne les visuels ci-dessous.



    En 2018 la dépense sportive s’élevait à 38,2 milliards € soit 1,7% du PIB (1) avec une progression de 5% par an, ce qui est un atout précieux pour l’emploi. Les acteurs de ce financement (2) sont :

    • 17 milliards pour les ménages

    • 11 milliards pour les Collectivités Locales

    • 4, 5 milliards pour les entreprises (sponsoring)

    • 3,8 milliards pour l’éducation nationale

    • 1,4 milliards pour les Media TV

    • 0,5 milliard pour le Ministère Jeunesse et Sport dont le CNDS.


    Ce qui établit au global un pourcentage du financement du sport émanant pour 60% du privé (ménages, entreprises et médias) et pour 40% du public (collectivités locales, éducation nationale, ministère sports). Le modèle sportif français en mutation a été un standard principalement construit sur le financement public par l’Etat et les collectivités locales, exception par excellence dans l’UE. La transition sportive concerne au premier chef  le secteur public qui tente une adaptation avec l’Agence Nationale du Sport nouvellement créée, la chaine de TV du CNOSF et le plan d’actions adopté par ce dernier en mai dernier. Dans l’attente des effets à venir de ces tournants opérés par le mouvement sportif pour être en phase avec la « transition sportive », les territoires de l’hexagone fourmille d’exemples attestant de ce phénomène  qui mobilise une diversité d’acteurs, allant des associations à des starts-up accompagnées ou non par des collectivités.

    La « transition sportive » dans les territoires

    Biarritz, Bordeaux, Bouaye, Epinal, Lille, Limours, Lyon, Millau, Nantes, Nice, Paris, Pessac, Rennes, Roubaix, Rouen, Strasbourg, Toulouse sont parmi les villes et territoires où s’expérimentent de nouveaux modèles autour du sport. A Bordeaux par exemple  un quartier non programmé par les décideurs publics a vu le jour sous l’impulsion de jeunes chefs d’entreprises pour revitaliser une friche militaire le long de la Garonne : Darwin est devenu célèbre qui incarne cette transition où se conjugue des pratiques urbaines parfois marginales, des usages sportifs, des pépinières d’entreprises, de la restauration vegan, des spectacles etc….Le concept de parkour se développe aussi dans les villes. Après Roubaix dans le Nord, la ville d'Épinal, dans les Vosges, propose du tourisme sportif à travers le parkour. Ils étaient cinq  au départ puis une vingtaine et se développe. Le parkour émerge ainsi dans les villes françaises, comme la marche nordique pour découvrir le patrimoine de l’UNESCO à Lyon ou ailleurs. La Fédération de parkour (FPK) créée en décembre 2011, recense aujourd'hui une trentaine d'associations pour plus de 1000 licenciés. Mais le nombre de traceurs - comme on les appelle - est bien plus important.  Une façon intelligente de faire découvrir à la fois cette discipline dans laquelle les pratiquants enchaînent courses, sauts et autres passements d'obstacles et la richesse de la ville. Tout démarre généralement dans une rue, avec une poignée de pratiquants...De quelque côté que le regard se porte sur le paysage sportif national, se découvrent aux côtés des disciplines et équipements  classiques des pratiques émergentes, des espaces de foot à trois, du padel, du badminton avec réservation par applications, entrées par flascode, des vidéos de matches etc…avec des deals passés pour les scolaires etc… que ce soit en  outdoor ou en indoor, pour des publics licenciés ou autonomes, à tout âge. L’e-sport et les jeux vidéos générent de nouveaux équipements adaptés aux gamers et associant la convivialité. Dans les territoires le phénomène est patent et parfois sous des formes inédites voire à la limite des règles… Ainsi l’arrivée impromptue et encore non réglementée des « urbexeurs » est un exemple. Ces explorateurs adultes au départ et jeunes désormais ont fait des lieux abandonnés leur terrain de jeu, ce qui ajoute au puzzle sportif de cette transition. En effet l’urbex ou l’urban exploration fait de plus en plus d’adeptes qui investissent des domaines en friche, quand ce ne sont pas des équipements sportifs comme en Essonne  où un parc aquatique abandonné dans les Yvelines est investi !

    Ce mouvement affecte en profondeur toute l’économie du sport dans les territoires et dont les acteurs publics doivent tenir compte : notamment dans la gestion de leurs équipements  en majorité à rénover. Cette gestion est appelée à évoluer fortement vers une délégation au privé quand ce ne sont pas les équipements classiques type gymnases eux-mêmes dont le modèle doit s’inspirer du management dans le sport business.

    De nouveaux métiers au cœur de la transition sportive

    Ces évolutions ont des incidences positives pour les métiers du management sportif. Le panorama ci-dessous établi par France Stratégies et CEREQ (février 2019) s’appuie sur les activités principales du sport et associées, selon le périmètre proposé par le ministère des Sports. Cela représente respectivement environ 210 000 salariés du secteur privé. Sont classés les métiers dits « coeurs » du sport, des métiers « techniques » (journalistes, métiers du commerce et du marketing, etc…) des métiers dits transversaux ( encadrement , animation) et des métiers émergents en lien avec le développement de l’e-sport notamment.



    La conclusion de l’étude citée est particulièrement instructive et fait écho aux orientations académiques et professionnelles de la formation by AMOS dans cette « transition sportive »

    « Les métiers du sport se diffusent désormais dans différents secteurs économiques ; les compétences exigées par les employeurs sont multiples ; et surtout les compétences liées à l’activité sportive elle-même croisent de plus en plus des univers professionnels autres que ceux – déjà fortement balisés – de l’éducation à la pratique sportive ou du sport de haut niveau ». Entre public et privé l’idée de relais se vérifie dans les faits car la transition sportive est en marche !
    Rédigé par Alain Arvin-Bérod, Directeur académique, AMOS Sport Business School

    Sources: (1) Produit Intérieur Brut /  (2) Source Union Sport et Cycle  (Juillet 2018) / (3) Jean Damien Lesay Localtis 1 er mai 2019

    Photo : Run in Lyon 2018 (c) Muriel Chaulet

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