• Trois regards sur le futur du sport

    Le sport fait partie de ces secteurs en pleine expansion sur le territoire. La France accueille par exemple de plus en plus de compétitions sportives : la Ryder Cup il y a quelques semaines et à venir la Coupe du monde de football féminin (2019), la Coupe du monde de rugby (2023) ainsi que les Jeux Olympiques et Paralympiques (2024). Mais l’événementiel est loin d’être le seul vivier de développement pour le sport, que ce soit à l’échelle locale, nationale ou internationale. Le 10 octobre dernier, AMOS Paris a invité 3 professionnels autour d’une table ronde afin de réfléchir au potentiel de ce marché. Virgile Caillet, Délégué Général de l’Union Sport & Cycle, Charles Frémont, Responsable incubation au sein de Le Tremplin et Xavier Oswald, Business Developer de la Team Vitality, ont présenté leurs points de vue et débattu avec les étudiant(e)s lors d’une matinée placée sous le signe de l’innovation et de l’économie.




    Les français et le sport : de multiples possibilités


    Virgile Caillet : « L’Union Sport & Cycle est là pour représenter et défendre les droits d’une filière, comme toute organisation patronale. Nous collaborons avec l’État et sommes consultés lors de projets de lois, de réformes ou de décrets. Plus que l’intérêt financier, c’est un intérêt personnel qui nous anime puisque le sport est une croyance pour nous, et nous ne sommes pas seuls. Deux tiers des français se disent très ou assez intéressés par le sport. C’est énorme ! De plus, lorsque nous parlons d’intérêt, nous parlons à la fois du visionnage et de la pratique. 29 millions de français déclarent avoir une pratique régulière du sport et cette pratique est paritaire et intergénérationnelle. Mais il existe toujours des consommateurs qui ne se voient adresser aucune offre sportive. Lorsque l’on a 70 ans en France et que l’on souhaite faire du sport autre que la randonnée et le vélo, c’est presque impossible ! C’est pourtant une cible en pleine croissance. Par ailleurs, sur ces 29 millions de pratiquants, seulement 12 millions ont une licence sportive. Le sport, c’est donc également de plus en plus d’autonomie… Que l’on parle de fitness, de la natation ou encore de vélo. Ce dernier est d’ailleurs un très bon exemple de la diversité du sport puisqu’il en représente 3 volets : la performance, le loisir et depuis peu, la mobilité active. 3 millions de vélo sont vendus en France chaque année et la vision sur cet équipement a beaucoup changé, notamment grâce à l’écologie. Enfin, je vous invite également à suivre ce qui se fait autour du phygital, c’est-à-dire le croisement entre les online shops (boutiques en ligne) et les brick and mortar stores (les boutiques physiques), qui voit de plus en plus le jour. Le sportswear le représente bien. La sneaker est devenue incontournable en ligne ou en boutique alors que moins de la moitié des paires vendues servent réellement à faire du sport ! »


    L’importance des start-ups 


    Charles Frémont : « Le Tremplin a vu le jour en 2014 à l’initiative de la Mairie de Paris et de l’INSEP. Par la suite, d’autres prestigieux partenaires institutionnels et grands groupes ont rejoint l’aventure. L’un de nos objectifs est de favoriser la collaboration entre les grands groupes et les start-ups afin de rendre le sport plus innovant et accessible. Nous avons plus d’une vingtaine de partenaires, dont le sport ne constitue pas nécessairement leur champ d’action principal. Nous accueillons une vingtaine d’entreprises chaque année qui sont sélectionnées grâce à plusieurs critères : leur rapport avec le sport, le caractère innovant de leur solution, la viabilité du projet économique ainsi que la complémentarité de l'équipe. Nous les accompagnons sur une période d’une à trois années avec :




    • Un accompagnement individuel sur toutes les thématiques liées au développement d’un projet entrepreneurial ;

    • Un accompagnement collectif sous forme d’ateliers ;

    • Une mise en relation avec les grands acteurs de l’écosystèmes du sport ;

    • Une visibilité accrue grâce à l’exposition du Tremplin (opportunités de pitch, visibilité médiatique, réseaux sociaux) ;

    • Une aide au développement international en organisant des échanges avec d’autres incubateurs à l’échelle mondiale. 


    A ce jour, Le Tremplin a accompagné plus de 80 entreprises. Elles ont réussi à lever plus de 100 millions d’euros et à créer plus de 510 emplois en 4 ans. L’année dernière, elles ont généré plus de 22 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sur les start-ups issues de la première promotion, 88% étaient toujours en vie après 3 années d’existence. C’est exceptionnel car les statistiques démontrent que seulement 20% des start-ups non-accompagnées dépassent la barre des deux ans. Elles sont un acteur clé du développement du sport et de la hausse des emplois dans ce secteur. »


     


    L’émergence d’un acteur à part : l’e-Sport


    Xavier Oswald : « L’e-Sport est le nom donné à la pratique compétitive du jeu vidéo. Il regroupe 2,2 milliards de joueurs dans le monde, 385 millions de fans dont les deux tiers sont des hommes et pèse cette année un milliard de dollars à l’échelle mondiale, en 2018. Plus de 70% des personnes intéressées par l’e-Sport ont entre 12 et 35 ans. La croissance est phénoménale. La Team Vitality est le premier club e-Sport européen et regroupe désormais plus de 50 joueurs de 13 nationalités différentes et présents sur 11 jeux. Ce développement est visible à la fois sur l’aspect sportif et l’aspect business : de plus en plus d’entreprises créent des partenariats avec notre club ainsi qu’avec les autres figures de de ce secteur. L’une de nos principales qualités ? Les clubs interagissent de manière directe et pointue avec leurs communautés car ils les connaissent très bien. Le taux d’engagement sur les réseaux sociaux est de 10 à 15% plus élevé que dans le sport : 11% sur Facebook, 10% sur Instagram et sur Twitter. C’est cette communication accrue et cette proximité que recherchent les marques en s’associant aux clubs e-Sport. Et nous sommes encore aux débuts de ce qu’il est possible de faire : en Asie du sud-est par exemple, l’e-Sport va bientôt dépasser le sport en termes d’intérêt général. Nous entendons parler de l’e-Sport aux Jeux Olympiques et Paralympiques, voire même d’une ligue sur le modèle de la NBA. A suivre… »




    Photo principale : Xavier Oswald présente les chiffres-clés de l’e-Sport

    À la question "Quel est le futur du sport en France ?", de nombreuses réponses peuvent être apportées. Naissance de nouveaux acteurs, mutation des lieux de pratiques, évolution des sources de motivation… L’innovation dans le sport répond aux besoins du marché et ne cesse de créer de nouvelles opportunités.


    Un grand merci à Charles Frémont, Xavier Oswald et Virgile Caillet pour ces échanges avec nos étudiant(e)s.



    Photo principale : Rodolphe Denis accompagné de Virgile Caillet (gauche), Charles Frémont (milieu) et Xavier Oswald (droite)

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