Quand le Sport Business s’invite en Corse : Focus sur Anaïs Cesari & Jean-François Moreschi
Parce que le Sport Business est un terrain de jeu qui dépasse la métropole, partez en immersion sur l’île de beauté. À travers le parcours et l’histoire de deux étudiants d’AMOS Marseille, découvrez comment la Corse vit, elle aussi au rythme du sport. De ses avantages à sacrifices, Anaïs et Jean-François racontent le rythme qu’ils doivent gérer entre alternances et cours. Un focus unique au cœur de la passion du sport mais aussi de leurs racines. Un récit fort et inspirant, prouvant qu’avec envie et détermination, tout est possible…
Hello à tous les deux, j’espère que vous allez bien. Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?
Anaïs Cesari : « Bonjour, je m’appelle Anaïs Cesari, j’ai 22 ans et je viens d’un petit village à côté d’Ajaccio. Après une première année en journalisme, avec l’ambition de devenir journaliste sportive, je me suis finalement rendu compte que ce domaine ne me correspondait pas totalement. J’ai donc décidé de rejoindre AMOS Marseille en 2ème année de Bachelor, notamment pour la diversité des débouchés dans le sport business. Dès mon arrivée, j’ai eu l’opportunité de partir à AMOS Londres pour mon second semestre, une expérience très marquante pour moi. Entre la découverte d’une nouvelle culture, l’amélioration de mon anglais et les moments partagés avec mes camarades, ça m’a donné envie de poursuivre à l’international. J’ai donc choisi de faire ma 3ème année à Valencia sur le campus d’AMOS Valence, dans un cursus international, avec des cours en anglais tout en vivant au quotidien en espagnol, ce qui a été très enrichissant. Aujourd’hui, je suis en alternance au GFCA Handball, où j’ai la charge de la communication et du sponsoring. Tout se passe très bien, je m’y plais beaucoup. Le handball n’était pas mon sport à la base, mais cette expérience m’a permis de le découvrir et aujourd’hui j’apprécie vraiment ce sport. »
Jean-François Moreschi : « Bonjour, je m’appelle Jean-François Moreschi, j’ai 24 ans et je viens de Propriano en Corse-du-Sud.
Avant d’intégrer AMOS, j’ai fait trois années de STAPS en Corse. J’ai validé ma première année au bout de deux ans, puis je me suis rendu compte que ce parcours ne me correspondait pas totalement. J’avais envie de me rapprocher davantage du sport business et de l’événementiel sportif, j’ai donc décidé de rejoindre AMOS Marseille, que j’ai intégré en deuxième année de Bachelor.
Aujourd’hui, je suis dans mon dernier semestre de ma dernière année. Concernant mes expériences professionnelles, j’ai réalisé ma première alternance en B3 dans un magasin de vélo à Propriano, où j’ai pu découvrir le fonctionnement d’une structure liée au sport.
Depuis un an et demi maintenant, je suis en alternance à la SVARR, le club de football amateur de ma ville. J’y gère principalement toute la communication du club, que ce soit pour les différentes catégories, les matchs ou les réseaux sociaux. J’aide aussi à l’organisation d’événements et de la vie du club, ce qui me permet d’être impliqué dans plusieurs aspects du sport amateur au quotidien. »
Comment décririez-vous le sport business en Corse ? Cela a toujours été une volonté pour vous de vous engager / travailler sur votre île ?
Anaïs Cesari : « Le sport business en Corse est un milieu assez petit, avec moins de moyens que sur le continent, mais où la passion est vraiment forte autour des clubs de sport, que ce soit le football, le handball ou d’autres disciplines. Les clubs doivent souvent s’adapter, être créatifs en communication, en sponsoring ou en événementiel pour se développer, ce qui rend ce secteur à la fois challengeant et très enrichissant. Oui, ça a toujours été une volonté pour moi de m’investir sur mon île. Depuis mon adolescence, j’ai envie de travailler dans le sport en Corse et de contribuer au développement des clubs locaux. Aujourd’hui, à travers mon expérience au GFCA Handball, je m’inscris totalement dans cette démarche. Même si certaines situations peuvent être compliquées pour les clubs insulaires, cela renforce encore plus mon envie de m’engager et de participer, à mon échelle, à faire évoluer le sport en Corse. »
Jean-François Moreschi : « Je dirais que le sport business met un peu plus de temps à se développer en Corse que sur le continent, notamment au niveau des formations et des études.
Quand j’ai commencé à m’intéresser à ce domaine, j’ai d’abord regardé s’il existait des écoles de commerce du sport en Corse, mais à l’époque ce n’était pas le cas. Aujourd’hui, il me semble qu’il y en a une à Bastia, mais elle ne propose pas encore de parcours complet jusqu’au Master, contrairement à AMOS Sport Business School.
Après, même si cette possibilité avait existé, je ne suis pas sûr que je serais resté en Corse pour mes études. J’avais aussi envie de découvrir autre chose, de sortir de l’île et de voir d’autres environnements, et avec le recul je ne regrette absolument pas ce choix.
J’ai toujours grandi avec le sport, donc pouvoir aujourd’hui faire des études dans un domaine qui me passionne, c’est quelque chose que je n’avais jamais vraiment ressenti auparavant dans mon parcours scolaire.
Concernant le fait de travailler en Corse, aujourd’hui oui, c’est quelque chose qui me plaît et qui a du sens pour moi. Mais je ne ferme aucune porte. J’ai un attachement très fort à mes racines, mais j’aime aussi voyager et découvrir d’autres horizons, donc travailler ailleurs pourrait aussi être une belle expérience. On verra comment les choses évolueront dans le futur. »
Comment ça se passe pour vous au quotidien entre l’alternance, les transports et les cours ? Comment arrivez-vous à gérer le tout ?
Anaïs Cesari : « Je ne vais pas mentir, le rythme avec les allers-retours toutes les deux semaines est assez intense. J’ai souvent l’impression que mes semaines en alternance passent très vite, ce qui m’oblige parfois à répartir certains projets sur plusieurs semaines. À peine rentrée, j’ai déjà l’impression de devoir repartir. C’est vrai que le rythme actuel des deuxièmes années de Mastère avec trois semaines en entreprise et une semaine à l’école, serait peut-être plus adapté dans mon cas. Malgré tout, j’arrive à m’organiser et à trouver un équilibre.
Concernant les transports, j’ai beaucoup de chance, car mon club prend en charge mes billets d’avion. C’est une vraie aide financière, surtout que ce n’était pas prévu au départ. J’en suis vraiment reconnaissante. »
Jean-François Moreschi : « Au quotidien, l’alternance se passe très bien, mais c’est vrai que parfois les timings sont assez serrés, surtout quand je dois me rendre à Marseille pour les cours.
Le cas le plus compliqué, c’est quand il y a un match de notre équipe R1 à domicile le même week-end, parce que je dois absolument être présent. Je m’occupe de filmer et retransmettre les matchs en direct avec une caméra VEO, qui fonctionne avec de l’intelligence artificielle et qui permet de capter tout le match automatiquement. La rencontre est ensuite diffusée sur la Ligue Corse de Football, donc c’est une vraie responsabilité.
Les matchs commencent généralement entre 14h30 et 15h, et se terminent vers 16h30 ou 17h. Dès la fin, je dois aller assez vite : ranger le matériel, ramener la caméra chez moi pour la recharger et télécharger le match, récupérer ma valise que j’ai préparé le matin, puis prendre ma voiture pour rejoindre Ajaccio, ce qui fait environ une heure de route.
Ensuite je prends l’avion pour Marseille, souvent le dernier vol de la journée, parce que je n’ai pas vraiment le choix. Il n’y a généralement que trois vols par jour. Le vol dure environ 45 minutes, puis une fois arrivé à l’aéroport, je dois souvent prendre un Uber, parce qu’il est tard et que les transports ne sont plus vraiment disponibles. Et puis avec les sacs qui sont souvent assez lourds, prendre les transports me rajouterait presque une heure de trajet en plus, donc j’avoue que je préfère éviter, surtout après une journée déjà bien chargée. Après environ 30 minutes de trajet, j’arrive dans un Airbnb que je loue régulièrement, vers 21h30, et le lendemain matin je dois me lever vers 6h30 pour aller en cours.
Donc oui, parfois c’est fatiguant, mais avec le temps on s’y habitue et ça fait aussi partie de l’expérience. Et il faut aussi préciser que je ne bénéficie pas d’aide financière particulière de mon alternance pour ces déplacements, donc c’est aussi un investissement personnel. »
Pouvez-vous revenir sur vos missions et vos alternances ? Qu’est-ce que vous aimez le plus ?
Anaïs Cesari : « Je suis chargée de communication et de sponsoring, mais je participe aussi à l’événementiel. Pour la communication, je m’occupe principalement du compte TikTok du club et je contribue également au compte Instagram avec Quentin Erard, le capitaine de l’équipe. Pour le sponsoring, je démarche de nouveaux partenaires et je m’occupe d’eux les jours de match, notamment dans les loges. Je participe aussi à l’organisation des différents événements du club tout au long de l’année.
J’ai également eu la chance de faire plusieurs déplacements avec l’équipe, ce qui est une vraie plus-value. Ce que j’aime le plus, c’est le contact avec le groupe et la création de contenus, notamment des vidéos dynamiques et immersives. Les contenus “behind the scenes” plaisent énormément aux supporters, et montrer les coulisses est vraiment intéressant. Les déplacements sont aussi des moments forts, car ils permettent de découvrir la vie du groupe en dehors du terrain. »
Jean-François Moreschi : « Mes missions en alternance consistent principalement à gérer toute la communication du club au quotidien, notamment à travers les réseaux sociaux. Je publie régulièrement des photos, des informations sur les matchs de toutes les catégories, ainsi que des visuels que je crée pour mettre en avant les éléments importants : les horaires, les lieux, les résultats, les chiffres clés ou encore les informations pratiques. J’essaie aussi de garder une identité visuelle cohérente et reconnaissable pour le club.
Je réalise également les affiches de matchs, notamment pour notre équipe de Régionale 1, où il faut aussi mettre en avant nos sponsors. Après les rencontres du week-end, je produis aussi des résumés vidéos à partir des images que j’enregistre avec la caméra VEO, ce qui permet de revivre les actions importantes.
En parallèle, j’ai aussi créé le site internet du club, qui permet de retrouver toute l’actualité de la SVARR, mais aussi la vente de produits du club, et je m’occupe de le mettre à jour régulièrement.
Je participe aussi à l’organisation de plusieurs événements du club, que ce soient des concours de belote, des lotos, des plateaux pour les plus jeunes catégories ou encore des tournois plus importants. Par exemple, cette année nous avons la chance d’accueillir les phases régionales du festival Pitch, ce qui demande beaucoup de préparation.
Finalement, ce sont beaucoup de petites missions différentes, mais quand on veut vraiment bien faire les choses, cela demande beaucoup de temps et d’investissement.
Ce que j’aime le plus dans ce que je fais, ce sont les retours des gens. Par exemple, je vois des parents heureux de voir leurs enfants en photo ou en vidéo, de pouvoir suivre leurs matchs et les résultats, même quand ils ne peuvent pas se déplacer.
Je vois aussi les dirigeants fiers de l’image du club que j’essaie de transmettre à travers la communication. Et parfois même, des personnes que je croise dans la rue me disent qu’elles trouvent ça très bien fait et très intuitif, surtout pour un club amateur. C’est assez gratifiant, parce que ce type de communication reste encore assez rare dans le football amateur. »
Comment imaginez-vous le Sport Business en Corse dans 10 ans ?
Anaïs Cesari : « Je pense que le sport business en Corse va continuer à évoluer, notamment grâce au digital. Les clubs vont de plus en plus s’appuyer sur les réseaux sociaux, la vidéo et les nouvelles stratégies de communication pour toucher un public plus large et renforcer le lien avec les supporters. Malgré les contraintes liées à l’insularité, il y a un vrai potentiel. Les clubs corses ont une identité forte et une communauté très engagée. À l’avenir, je pense qu’ils vont continuer à se structurer et à se professionnaliser, notamment sur les aspects marketing et sponsoring. »
Jean-François Moreshi : « J’espère qu’il sera beaucoup plus développé qu’aujourd’hui, notamment au niveau des formations et des opportunités professionnelles.
Parce que pour les personnes qui sont passionnées de sport, mais qui ne sont pas forcément prêtes à quitter l’île pour faire leurs études, c’est dommage de ne pas pouvoir essayer cette voie qui est peut-être justement ce qu’elles ont toujours rêvé de faire.
Donc j’espère que dans les prochaines années, il y aura davantage de formations spécialisées, mais aussi plus de structures et d’opportunités dans le sport business en Corse, afin que les jeunes puissent se former et travailler dans ce domaine sans être obligés de partir sur le continent. »
Est-ce que vous auriez un conseil à donner à de futurs étudiants Corse qui seraient intéresser à rejoindre AMOS Aix-Marseille ou un autre campus en France ?
Anaïs Cesari : « Quitter notre île n’est pas toujours facile. Mais partir est une vraie chance. Ça permet de découvrir de nouveaux environnements, de nouvelles cultures, de rencontrer des personnes différentes et surtout de s’ouvrir l’esprit. C’est aussi l’occasion d’apprendre ou d’améliorer des langues, ce qui est un vrai plus aujourd’hui.
Grâce à AMOS, on a la chance de pouvoir vivre ce type d’expériences à l’étranger, et il ne faut pas hésiter à les saisir. L’école propose justement ce genre d’opportunités qui permettent de se confronter à d’autres réalités et de développer ses compétences.
Même si ça peut être difficile au début, ce sont des expériences qui font grandir, autant sur le plan personnel que professionnel. C’est souvent en osant que l’on apprend le plus et que l’on évolue. »
Jean-François Moreschi : « Je leur conseillerais surtout de ne pas hésiter à se lancer et à essayer différentes expériences. Le sport business est un milieu très intéressant, mais aussi très concret, donc l’alternance permet vraiment de comprendre comment fonctionne le terrain.
À l’école, on apprend beaucoup de choses, mais l’alternance permet de mettre directement en pratique ce que l’on apprend, et parfois même d’acquérir des compétences qu’on ne voit pas forcément en cours.
Et pour les étudiants qui sont en Corse, je leur dirais aussi de ne pas avoir peur d’aller voir ailleurs, d’explorer d’autres horizons. Cela peut permettre de découvrir des opportunités ou des chemins auxquels on n’aurait peut-être jamais pensé en restant uniquement sur l’île.
Après, partir ne veut pas dire quitter définitivement la Corse. On peut très bien partir pour se former, gagner de l’expérience, puis revenir plus tard pour apporter ces compétences ici. Et il existe aussi des possibilités, comme c’est mon cas, de faire son alternance en Corse tout en suivant ses cours sur le continent, ce qui permet de garder un pied ici tout en poursuivant ses études. »
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaitez pour la suite ?
Anaïs Cesari : « Pour la suite, j’aimerais m’investir durablement dans le sport business en Corse, en intégrant un club sportif professionnel et en continuant à évoluer dans un environnement qui me passionne. »
Jean-François Moreschi : « Je pense que l’on peut surtout me souhaiter de trouver un travail dans lequel je serai pleinement épanoui.
Et si ce n’est pas le cas tout de suite, alors de continuer à chercher et à multiplier les expériences, parce que c’est justement en passant par différentes opportunités que l’on apprend le plus.
Chaque expérience permet de développer de nouvelles compétences, de découvrir d’autres façons de travailler et d’évoluer professionnellement. Donc l’objectif pour moi sera surtout de continuer à progresser, à apprendre et à m’enrichir de toutes ces expériences, afin de construire un parcours qui me correspond vraiment. »
Le dernier mot vous appartient :
Anaïs Cesari : « Je dirais qu’il ne faut pas craindre de sortir de sa zone de confort. Partir, découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures peut impressionner au début, mais ce sont des expériences qui marquent profondément et qui font vraiment grandir. »
Jean-François Moreschi : « A ringraziavi ! (Merci) »
Merci à tous les deux pour ces superbes retours d’expériences. C’est un réel plaisir de vous avoir vu évoluer au sein d’AMOS Marseille durant toutes ces années mais aussi à travers votre envie et passion de développer le Sport Business en Corse.
J’espère que vos témoignages sauront donner la voie à celles et ceux hésitant à rejoindre la métropole pour se former.
Toute l’équipe d’AMOS Marseille vous souhaite le meilleur dans vos projets professionnels ainsi qu’à vos clubs. L’avenir vous appartient. Nul doute que vous serez de la partie.
Si on regarde dans le rétroviseur, vous pouvez être fiers.
#WeAreAMOS
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Un diplôme de niveau bac+5 est courant pour ce type de métier. Un bachelor associé à un master ou un Programme en 5 ans permet de développer des compétences diverses. En effet, en plus d’élargir ses connaissances sur le marché du sport, les étudiants se spécialisent dans le management, la communication et le marketing du sport.

















