D’Avocat en Droit du sport à Auteur de roman

François GLEVAREC, Avocat en droit du sport et intervenant AMOS, vient de publier son premier roman : Attrape-Rêves. Un thriller sombre dans les coulisses du hockey canadien qui se déroule dans l’univers d’un cabinet d’avocats spécialisé en Droit du sport. L’occasion pour nous d’interviewer notre intervenant sur son métier et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce livre.

Pouvez-vous vous présenter ?
 
Très tôt, j’ai souhaité faire de ma passion pour le sport mon métier. Je me suis alors  spécialisé en Droit du sport à la fin de mes études, puis j’ai enchaîné sur un premier stage au sein du service juridique de la Fédération Française de Basketball et un second en cabinet d’avocats. J’ai ensuite passé l’examen d’entrée à l’école du barreau à Paris et je suis devenu avocat fin 2010. Cela fait maintenant sept ans que je travaille quasi exclusivement dans le domaine du sport, avec une clientèle très diversifiée (sportifs, clubs, agents, sponsors, etc.). J’ai intégré le cabinet BERTRAND & Associé, spécialisé dans la défense des intérêts des sportifs, en décembre 2016.
 
Pourquoi être parti exercer au canada ?
 
Après cinq années d’exercice à Bordeaux puis Paris, j’ai ressenti le besoin de compléter mes expériences et de partir à l’étranger. Montréal était la destination idéale pour cela : un environnement francophone et anglophone, un système juridique différent du nôtre, un véritable dépaysement et l’opportunité de passer un examen me permettant d’obtenir le permis d’exercer ma profession au Québec. Sans compter sur les Québécois, qui sont des gens adorables !
 
Qu’est-ce qui vous a décidé à écrire un roman lié à l’univers du Hockey ?
 
Le métier d’avocat permet de découvrir le sport de l’intérieur et d’être un témoin privilégié des coulisses du sport professionnel. J’avais envie d’écrire un roman sur cet univers depuis de nombreuses années. Le fait de passer plusieurs mois à Montréal m’a offert le cadre idéal et le hockey s’est imposé tout naturellement. C’est d’ailleurs un sport que j’ai toujours beaucoup aimé, après l’avoir découvert enfant en assistant à des matchs des Dragons de Rouen.
 
Quelles sont les différences fondamentales entre le sport business canadien et le français ?
 
Il faut reconnaître que les Nord-Américains disposent d’un savoir-faire et d’une culture du sport qui en font les meilleurs spécialistes du business. « L’habillage » des compétitions (logos, merchandising, enceintes, qualité des retransmissions TV, etc.) est extraordinaire : les images d’une rencontre donnent tout de suite envie de s’y intéresser, même si on n’est pas supporter des équipes concernées. Nous en sommes encore assez loin, même si de réels progrès sont faits, notamment en termes d’infrastructures. 
Par ailleurs, je trouve notre système de promotion/relégation français (et européens) passionnant pour nos compétitions. C’est certainement l’une des différences fondamentales entre notre système et celui des ligues fermées que l’on trouve au Canada et aux Etats-Unis.
 
Quel modèle Canadien pourrions-nous appliquer en France selon vous ?
 
D’un point de vue sportif, le système universitaire canadien, plus proche du système américain, me semble intéressant et j’aurais rêvé étudier au sein d’une université offrant une formation académique pointue et la possibilité d’utiliser des installations sportives dignes des plus grands clubs au monde. Il y a également le système des ligues juniors, comme celui qui existe en hockey, qui est très suivi par le public canadien et qui permet à de jeunes joueurs de se distinguer, alors que nos championnats jeunes ou espoirs en France sont plus confidentiels.
 
Une anecdote particulière dans l’exercice de vos fonctions au Canada ?
 
J’ai particulièrement apprécié mes jours passés à Vancouver à l’occasion d’une conférence sur les contentieux sportifs. Cela m’a permis de mieux connaître les différentes façons dont ces contentieux très spécifiques sont traités au Canada (il existe par exemple une instance arbitrale pour l’ensemble du Canada, le Centre de règlement des différends sportifs du Canada, qui est situé dans le centre-ville de Montréal) et d’échanger avec des confrères et juristes de tout le pays. J’en ai aussi profité pour arpenter les rues de la ville et m’aérer au Stanley Park qui offre, sur la ville et les montagnes environnantes, une vue à couper le souffle !
 
 
 
 
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