Portrait d’Alumni : Tom, au cœur du développement sportif en Occitanie.

Rencontre Toulouse 09/06/26

Le parcours : Peux-tu nous présenter ton parcours depuis ton diplôme chez AMOS et nous expliquer en quoi consiste ton rôle de Directeur Opérationnel Délégué au sein du Campus des Métiers et des Qualifications du Sport en Occitanie ?

J’ai rejoint AMOS Toulouse en 2020 en 1ère année de Bachelor, après un an passé à Toronto au Canada. Par la suite, j’ai poursuivi tout mon cursus au sein du campus de Toulouse jusqu’à l’obtention de mon Mastère en octobre 2025. Durant ces 5 années, j’ai eu l’opportunité de développer mes compétences grâce à diverses expériences en clubs amateurs et professionnels ainsi qu’au sein d’AMOS directement en tant que Chef de projet LAB.

Tout d’abord, le Campus des Métiers et des Qualifications (CMQ), c’est un dispositif labellisé par l’État, qui contribue au développement de la filière sport en Occitanie, de la formation initiale jusqu’à l’insertion professionnelle.

L’ambition, c’est de créer un espace commun où les acteurs de la formation et ceux du monde du sport travaillent ensemble, les CREPS, les universités, la Région, le mouvement sportif, les entreprises, pour construire des parcours cohérents et adaptés aux besoins du territoire.

On s’articule autour de quatre grandes orientations : rendre les parcours de formation plus lisibles, faire évoluer l’offre de formation en lien avec les métiers de demain, accompagner les évolutions technologiques et écologiques du sport, et ouvrir la filière à l’international.

Le CMQ s’appuie sur deux sites, Toulouse et Montpellier, et rayonne sur l’ensemble des 13 départements de la région.

En tant que Directeur Opérationnel Délégué, j’assure le déploiement opérationnel des projets du CMQ sur le territoire, en lien étroit avec le Directeur Opérationnel. Mon rôle est avant tout un rôle d’animation et de coordination : je contribue à faire vivre le réseau partenarial, à accompagner la mise en œuvre du plan d’action, et à assurer le suivi administratif, financier et communicationnel du campus. Je participe également aux instances de gouvernance et représente le CMQ auprès des acteurs du territoire en concertation avec le Directeur Opérationnel.

La vision stratégique : Ton poste est au carrefour de la formation et du développement économique. Quels sont les grands enjeux actuels du secteur sportif en Occitanie que tu traites au quotidien ?

L’Occitanie est une région d’une richesse et d’une complexité particulières pour la filière sport. Avec 13 départements, des territoires qui vont de la mer à la montagne, des métropoles aux zones rurales, les réalités locales sont très différentes les unes des autres et les besoins en formation aussi.

Sur le plan économique, c’est une filière qui pèse réellement. Selon l’étude du Carif-Oref Occitanie sur la filière sport publiée en juin 2024, on dénombre près de 40 000 structures sportives sur le territoire, plus de 22 000 actifs, et l’Occitanie est même la première région de France en termes d’équipements sportifs par habitant. Et derrière ces chiffres, ce sont plus de 130 métiers différents qui coexistent, de l’éducateur sportif au manager de structure, en passant par les métiers du commerce ou de la fabrication.

Un des enjeux majeurs de notre quotidien, c’est justement de tenir compte de cette diversité territoriale : comment s’assurer que les dynamiques qu’on impulse au niveau régional font sens partout sur le territoire, et pas seulement dans les grandes agglomérations comme Toulouse ou Montpellier ?

À ça s’ajoute une grande densité d’acteurs dans le champ sportif et de la formation, ce qui témoigne de la vitalité du secteur en Occitanie, et qui rend d’autant plus précieux un espace de mise en réseau et de dialogue comme le CMQ.

Et puis il y a des enjeux plus prospectifs, comme l’évolution démographique. Le vieillissement de la population, ce qu’on appelle la Silver Économie, ouvre de nouveaux champs pour les métiers du sport comme le bien-être, le maintien en activité, l’adaptation des pratiques, et l’offre de formation doit anticiper ces mutations.

Le lien avec AMOS : Comment ton cursus chez AMOS Sport Business School t’a-t-il préparé à gérer des projets d’une telle envergure, impliquant à la fois des acteurs publics et privés ?

AMOS m’a donné des fondations que j’utilise au quotidien, parfois sans même m’en rendre compte. La première, c’est la compréhension de l’organisation du sport en France, ses institutions, ses acteurs, ses strates. Ça peut paraître théorique en première année, mais c’est en réalité indispensable pour évoluer dans un environnement aussi complexe que le mien, où l’on travaille simultanément avec des acteurs publics, des établissements de formation, des collectivités et des fédérations. Sans cette grille de lecture, on est vite perdu.

Ensuite, les cours de gestion de projet sont probablement ceux dont je me sers le plus concrètement aujourd’hui, planification, coordination multi-acteurs, suivi des livrables. Mais honnêtement, la plupart des enseignements que j’ai reçus ont laissé une trace dans ma façon de travailler.

Ce qui fait vraiment la différence, en revanche, ce sont les expériences professionnelles que le cursus m’a permis d’avoir. Les stages, les alternances, bien sûr, mais aussi les heures de bénévolat, qui permettent de rencontrer une quantité incroyable de professionnels du sport. Et surtout, les conférences et masterclasses, qu’il ne faut surtout pas négliger. À titre personnel, deux intervenants de ma première année de Mastère, M. Kamel Chibli, Vice-Président de la Région Occitanie en charge des Sports, et M. Christophe Fourcade, Directeur adjoint des Sports de la Région, font aujourd’hui partie de la gouvernance du CMQ. Je travaille régulièrement avec M. Fourcade en réunion. C’est un exemple concret de ce que le réseau construit pendant la formation peut produire comme opportunités professionnelles réelles.

L’évolution des métiers : Le secteur du sport mute rapidement. Selon toi, quelles sont les compétences de demain que les futurs professionnels du sport business doivent absolument maîtriser ?

C’est une question à laquelle je me garderais bien de répondre avec certitude, personne ne peut vraiment prédire ce que seront les compétences clés de demain. Mais depuis mon poste, j’observe quelques tendances qui me semblent significatives.

L’intelligence artificielle est sans doute le sujet le plus structurant. Elle va continuer de transformer les façons de travailler, et je pense qu’elle va aussi accélérer une certaine uniformisation des idées et de la créativité. Dans ce contexte, les profils vraiment disruptifs, capables de penser différemment et de proposer des approches originales, auront selon moi un avantage réel. L’IA peut reproduire, optimiser, synthétiser mais la rupture créative reste humaine.

Je perçois aussi que la flexibilité et la capacité d’adaptation deviennent des atouts de plus en plus déterminants. Le dérèglement climatique, par exemple, va affecter concrètement le sport business, la gestion d’événements, les modèles économiques, les territoires de pratique. Les professionnels qui sauront anticiper et s’ajuster auront une longueur d’avance.

Mais si je devais résumer, je dirais que la vraie compétence de demain, c’est peut-être justement celle-là : savoir évoluer dans un environnement qu’on ne peut plus anticiper

La transmission : Quel conseil donnerais-tu à un étudiant d’AMOS qui souhaite s’orienter vers les instances institutionnelles ou le développement de projets territoriaux dans le sport ?

Mon premier conseil, qui n’en est pas vraiment un, c’est d’avoir un attrait sincère pour l’intérêt général. Travailler dans le service public, c’est contribuer à quelque chose de plus grand que soi. On travaille pour toutes et tous, sans distinctions. Ce n’est pas dans ce secteur qu’on peut espérer s’enrichir financièrement, et il faut l’accepter pleinement avant de s’y engager.

Ce que j’ajouterais, c’est que cette vocation peut se construire au fil du temps. Personnellement, j’ai longtemps évolué dans le secteur privé, en clubs amateurs et professionnels, puis au sein d’AMOS, avant de ressentir l’envie de rejoindre le service public. C’est une évolution dans mes valeurs et dans ma vision de la société qui m’y a conduit. Donc je dirais aux étudiants de rester ouverts, de ne pas se fermer à cette voie trop tôt, et de laisser leur parcours les surprendre.

Ensuite, soyez curieux de tout. Des actualités, de nos institutions, des évolutions de la société. Ce type de poste demande une veille permanente, une capacité à comprendre les enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent le territoire sur lequel on travaille. Ce n’est pas un métier qu’on exerce bien en restant dans sa bulle. C’est passionnant et stimulant au quotidien, d’avoir ce sentiment d’être utile à toutes et tous.

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Un diplôme de niveau bac+5 est courant pour ce type de métier. Un bachelor associé à un master ou un Programme en 5 ans permet de développer des compétences diverses. En effet, en plus d’élargir ses connaissances sur le marché du sport, les étudiants se spécialisent dans le management, la communication et le marketing du sport.

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