• NiceUltimed : Interview du skipper français Jean-Pierre Dick

    NiceUltimed : Interview du skipper français Jean-Pierre Dick
    Jean-Pierre Dick est un navigateur français, Vainqueur de la Barcelona World Race (tour du monde en double) à 2 reprises (2008 et 2011) et de la Transat Jacques Vabre à quatre reprises dans la catégorie IMOCA  (2003, 2005, 2011 et 2017), il a également participé 4 fois au Vendée Globe, tour du monde en solitaire (4ème en 2004, abandon en 2008, 4ème en 2012 et en 2016) et a été élu Marin de l’année en 2011 . Vétérinaire de formation et diplômé du troisième cycle HEC, Jean-Pierre Dick est un navigateur au parcours atypique. Tombé amoureux de la mer dès son enfance, et les premières navigations sur le voilier de son père en Méditerranée, ce niçois fait d’abord de la voile un hobby. Soucieux de dissocier sa carrière et la vie de marin à laquelle il ne se prédestine pas, ce n’est qu’à 35 ans, qu’un «big-bang personnel» le pousse à devenir skipper professionnel.

    L’équipe d’AMOS Nice a pu le rencontrer pour évoquer la Nice UltiMed, événement qui s'est déroulée du 25 avril au 6 mai à Nice et réunit pour la première fois au cœur de la Méditerranée, l’élite des skippers sur les plus grands bateaux à voile au monde.

    Vous êtes le parrain de cette première édition de la Nice Ultimed, que représente pour vous cet événement en tant que niçois ?

    « C’est la première fois qu’il y a une grande course au large organisée à Nice. J’ai connu les grandes courses, la Route du Rhum, le Vendée des globe et toutes partent de Bretagne ou des Sables d’Olonne. Je les ai suivies depuis Nice pendant toute mon enfance , cela m’a fait rêver et après un parcours atypique*, j’en ai fait mon métier.

    Cette fois, tous les plus grands sportifs bretons viennent à Nice (rires).

    J’ai œuvré pendant 17 ans et maintenant mon rôle ici est de faire découvrir aux Niçois et aux Azuréens, ces bateaux et la course au large. Un travail de plusieurs années qui a porté ses fruits ! »

     

    En parallèle de la course des géants, vous organisez des régates en Easy To Fly (catamaran à foil de 26 pieds). Pouvez-vous nous parler de ces nouvelles séries de catamarans que vous concevez au sein de votre Ecurie de Course au Large Absolute Dreamer ? 

    « Pour ces bateaux, j’ai donné mon cahier des charges, c’est assez ambitieux comme projet. Ce sont des catamarans volants, tout en carbone ; ce sont des bateaux assez sophistiqués avec lesquels il y a énormément de plaisir à naviguer. Ce sont des bateaux qui se sustentent au-dessus de l’eau, qui accélèrent beaucoup, on peut naviguer jusqu’à 35 nœuds !

    Nous avons organisé les premières régates d’Easy To Fly dans le cadre de la Nice UltiMed, je navigue à bord de l’Easy To Fly ABC Arbitrage – Ville de Nice. Je suis très heureux de pouvoir faire découvrir ces bateaux aux Niçois ! »



    Easy To Fly - Photo @ Gilles Morelle

     

    Au-delà des grandes courses mythiques, on voit de plus en plus d’événements de voile. Est-ce un sport qui se démocratise selon vous ?

    « Le public s’y intéresse plus, et cela concerne l’ensemble de la population, des plus aisées aux plus modestes. Il y a un engouement populaire qui est assez français car la voile est valorisée par l’exploit de certains marins comme Eric Tarbaly qui a beaucoup fait pour ça (NDLR : vainqueur de la Transat Anglaise, Sydney-Hobart et Transat Jacques Vabre qui a également formé de nombreux champions). Il a rendu ce sport noble, que ce soit dans la course au large ou la voile en solitaire. »

     

    Quels sont les métiers qui recrutent dans le milieu de la voile ?

    « Beaucoup de métiers différents, notamment des secteurs nouveaux comme l’électronique mais aussi des métiers comme la gestion de projet, la communication, etc. Le sponsoring est essentiel et reste très complexe, car il y a énormément d’intervenants avec qui il faut discuter. Pour s’occuper d’une écurie de course au large, il faut être bon dans de nombreux domaines comme la finance, la gestion de projet, la recherche de sponsors mais aussi pour les navigateurs la météo, la mécanique, la préparation sportive, la gestion du sommeil… Il faut être un véritable chef d’entreprise, car il y a 10 000 milles choses à faire ! »

     

    Quelles sont les compétences requises selon-vous pour travailler dans ce sport, ou au sein d’une écurie ?

    « La polyvalence ! Il faut aussi être tenace, car on essuie beaucoup de refus, quand vous cherchez des sponsors notamment. La patience a fonctionné pour moi, il y a peu d’élus et être parmi ceux-là est un énorme privilège. »

     

    AMOS Nice organise en octobre prochain le French Riviera Open, tournoi de Handi-Tennis en octobre, pouvez nous parlez de la Tournée Handi Voile 06 à Nice à laquelle vous avez activement participé ?

    « Handi voile 06 est une opération ayant lieu depuis plusieurs années. J’ai apporté ma pierre à l’édifice et nous avons pu sensibiliser le grand public à notre petite échelle. On a navigué avec des jeunes du département, et surtout donné un peu de rêve à ces enfants, avec des bateaux qui sont spécialement adaptés pour eux. »

     
     * Palmarès de Jean-Pierre Dick :


    • 2017 : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre avec Yann Eliès- 2016-17 : 4ème du Vendée Globe

    • 2012-13 : 4ème du Vendée Globe après avoir parcouru 2643 milles sans quille

    • 2011 : élu Marin de l'année

    • 2011 : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre (avec Jérémie Beyou)

    • 2010- 2011 : Vainqueur de la Barcelona World Race (avec Loïck Peyron)

    • 2010 : 4ème de la Route du Rhum

    • 2007-2008 : Vainqueur de la Barcelona World Race (avec Damian Foxall)

    • 2006 : Route du Rhum, 3ème

    • 2005 : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre (avec Loïck Peyron)

    • 2004-2005 : Vendée Globe, 6ème

    • 2003 : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre (avec Nicolas Abiven)

    • 2001 : Vainqueur du Tour de France à la Voile


     

    - Interview préparée et recueillie par Alexandre Paparusso, étudiant 4ème année PGE -

    Plus d'actus :