Nada Abidi a grandi avec le football, aujourd'hui elle aide à faire grandir Les Marseillaises
Tout a commencé dans une poussette, au bord d’un terrain de football, aux côtés de son père. Vingt-cinq ans plus tard, Nada ABIDI n’a pas quitté les terrains, elle en est devenue l’un des rouages essentiels. Aujourd’hui Assistante Team Manager de l’équipe professionnelle féminine de l’Olympique de Marseille, elle vit de l’intérieur une saison historique pour les Marseillaises, portée par une conviction chevillée au corps : le sport féminin mérite bien plus que ce qu’on lui offre encore. Rencontre avec une jeune femme qui a choisi de construire sa vie autour de ce qui la fait vibrer.
Bonjour Nada, est-ce que tu peux te présenter s’il te plaît ?
Je m’appelle Nada ABIDI, j’ai 25 ans. Je suis née à Montpellier et j’ai grandi à Decazeville, une petite ville de l’Aveyron.
Après un Bac Économique et Social, j’ai poursuivi vers une licence Droit, Économie et Gestion sans réellement savoir vers quel domaine me diriger. J’ai ensuite pris trois années pour travailler, réfléchir à mon projet professionnel et préparer des concours de l’Éducation nationale.
Le sport, et plus particulièrement le football, qui a toujours eu une place centrale dans ma vie. Mon père m’emmenait déjà au stade alors que j’étais encore dans la poussette. J’ai commencé à jouer au football à 5 ans jusqu’en U15 avec les garçons. J’ai aussi pratiqué le tennis, le handball ou encore le rugby au sein des associations sportives scolaires.
J’ai découvert tout un univers autour du management sportif et de la gestion d’organisations sportives. C’est ainsi que j’ai intégré AMOS Sport Business School, intéressée par les partenariats et la vision de l’école. Le Mastère Management du Sport, Marketing & Communication m’a tout de suite séduite. Aujourd’hui je suis en alternance en tant qu’Assistante Team Manager de l’équipe professionnelle féminine de l’Olympique de Marseille.
Tu es actuellement assistante team Manager au sein de l’équipe féminine de l’Olympique de Marseille. Peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste au quotidien ?
Mon rôle au sein des Marseillaises, c’est avant tout être le lien entre les services, les personnes, l’organisation, etc. Concrètement, nous gérons les déplacements et coordonnons tout ce qui gravite autour du sportif : le médical, les RH, la communication, le service comptabilité ; en étroite collaboration avec la Responsable des Opérations Football.
La coordination avec les équipes qui occupent les terrains et les locaux du campus est également essentielle. Nous sommes intimement liés à l’académie féminine.
Mais ce qui guide vraiment tout notre travail, c’est une conviction simple et profonde : mettre les joueuses et le staff dans les meilleures conditions pour performer. Cela demande une organisation millimétrée ; en amont, pendant, et après chaque déplacement.
Ce qui me passionne profondément dans ce métier, c’est précisément cela : participer directement à la coordination sportive et contribuer, dans l’ombre, à quelque chose de plus grand que soi.
Et puis il y a le lien humain, qui est pour moi irremplaçable. Nous passons énormément de temps ensemble, en semaine comme en déplacement. Ces relations de confiance qui se tissent naturellement avec les joueuses et le staff nourrissent le bien-être du groupe, et à la clé, la réussite sportive.
Comment s’est passé ton recrutement au sein de l’OM Féminin ? Comment avais-tu préparé ton entretien et quelles ont été les étapes ?
Tout a commencé lors du FAMES d’AMOS Marseille, ce sont des job dating organisés par l’école avec des professionnels du sport à Marseille et dans la région. C’est là que j’ai rencontré la responsable RH de l’Olympique de Marseille. Après un court échange, j’ai été recontacté pour un entretien à la Commanderie.
J’avais une semaine pour me préparer. Je me suis immergée dans les missions d’un Team Manager, je les ai apprises par cœur, vraiment comprises. J’ai réfléchi aux questions qu’elles pourraient me poser et je me suis entraînée à voix haute. C’était intense mais très motivant.
Qu’est-ce que ça représente d’être au cœur des Marseillaises et de ce magnifique projet ?
En découvrant petit à petit le projet des Marseillaises, j’ai ressenti quelque chose de fort. Mettre en avant le football féminin comme il se doit avec des moyens réels, une vraie structuration, une vision à long terme. C’est exactement ce que ce sport mérite, et c’est ce qu’il se passe ici.
Le service communication effectue un travail remarquable pour développer l’image des Marseillaises au-delà du terrain. Et la marque “Les Marseillaises” en elle-même, je trouve ça puissant. Elle permet à l’institution féminine d’exister pleinement, liée à l’Olympique de Marseille bien sûr, mais avec sa propre identité, sa propre influence. C’est un vrai choix fort.
La création d’un centre de formation féminin, c’est pour moi le signal le plus enthousiasmant. Parce que ça veut dire que la section féminine construit quelque chose de durable.
Faire partie de ce projet, contribuer humblement à sa construction, c’est un honneur. C’est une source de motivation qui me pousse, chaque jour, à donner le meilleur de moi-même.
On le sait, le Sport Business dépend pas mal du sportif et cette année est plutôt incroyable pour vous. Vous jouez à Martigues à domicile, vous battez le record d’affluence en D1 Arkema lors d’un match au Vélodrome, le maintien est acquis.
Qu’est-ce que cela implique pour toi, pour vous au quotidien ?
Cette année est vraiment particulière. Jouer à domicile à Martigues, battre le record d’affluence en D1 Arkema lors d’un match au Vélodrome, ce sont des moments qui marquent. Et le maintien qui a été assuré contre le RC Lens lors de la 21ème journée, a été la concrétisation d’un travail collectif immense.
Concrètement, ces succès impliquent une charge de travail qui s’intensifie. Plus de visibilité, c’est plus d’exigence dans l’organisation, dans la communication, dans la gestion des déplacements, dans chaque détail logistique. Chaque événement devient plus grand, plus dense, et il faut être à la hauteur. Cette pression m’apprend et me nourrit.
Je vis les matchs avec une vraie passion. Ce n’est pas juste mon travail, c’est notre équipe. Et voir les résultats suivre, c’est particulièrement enrichissant et plaisant.
Cette année a été une année d’apprentissage constant, dans un environnement qui m’anime profondément.
Qu’est-ce que tu aimes le plus dans tes missions ?
Ce poste est un défi constant, sept jours sur sept, et c’est exactement ce qui me plaît. Il n’y a pas de routine, pas de journée identique. Chaque semaine amène son lot de situations à gérer.
Ce qui me tient vraiment à cœur, c’est la relation de confiance construite tout au long de l’année avec les joueuses. Je veux qu’elles se sentent sereines, libérées de tout ce qui pourrait perturber leur concentration et qu’elles arrivent sur le terrain avec une seule chose en tête : aller chercher la victoire.
Et puis il y a cette coordination permanente entre les joueuses, le staff, le club et les partenaires extérieurs, qui me donne le sentiment d’être pleinement au cœur du projet.
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Un mot sur le Sport féminin et plus particulièrement le foot féminin ?
Le sport féminin, c’est la passion, la persévérance et la résilience. Ce sont des athlètes qui s’entraînent avec la même intensité que leurs homologues masculins, mais dont la reconnaissance reste encore insuffisante.
Dans le football, c’est particulièrement visible : même investissement, mais des salaires et une visibilité qui ne reflètent pas la valeur de ces femmes. Pourtant, la visibilité se construit ; elle dépend d’un choix collectif de société.
Valoriser le sport féminin, c’est encourager des générations entières de jeunes filles à poursuivre leurs ambitions sportives. C’est dire à toutes les petites filles qui rêvent de réussir dans le sport, que leur rêve vaut autant que celui des garçons.
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Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le futur ?
De continuer à m’épanouir dans ce que je fais, d’apprendre chaque jour que ce soit en cours ou au travail et de garder la même passion. Et bien sûr, la santé, pour mes proches et moi, c’est la base de tout.
Le dernier mot t’appartient.
Je mesure la chance que j’ai de vivre cette expérience à l’Olympique de Marseille. Elle m’apporte beaucoup et renforce mon envie de poursuivre dans ce domaine.
Je remercie toutes les personnes qui m’ont accompagnée dans mon parcours.
Je remercie toutes les personnes avec qui je travaille au quotidien.
Enfin, je remercie l’école, qui m’a permis de rencontrer l’Olympique de Marseille et d’obtenir cette alternance.
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Un diplôme de niveau bac+5 est courant pour ce type de métier. Un bachelor associé à un master ou un Programme en 5 ans permet de développer des compétences diverses. En effet, en plus d’élargir ses connaissances sur le marché du sport, les étudiants se spécialisent dans le management, la communication et le marketing du sport.
















